(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : à deux pas de la chute

(Bruno Duvic) C'est un immense building pris en contre plongée à la Une du New York Times , édition Europe.

541 mètres de haut, 1776 pieds –comme la date de la déclaration d'indépendance des Etats Unis.

Ce building s'appelle le « One World Trade Center », construit à l'endroit où se dressaient les tours jumelles avant le 11 septembre. Depuis hier, treize ans après, la vie reprend. De nouveau, des employés qui ont leur bureau sur le site. Ils travaillent pour le groupe de presse Condé Nast, celui de Vanity Fair . « Renaissance à Manhattan », titre le New York Times .

Pour le reste, en ce matin d'élection de mi-mandat, « les électeurs sont aigres », écrit le quotidien à la Une de son site Internet. Renouvellement de la Chambre des représentants et d'un tiers du Sénat à Washington. « Défaite annoncée d'Obama » titre Le Monde . Obama, « La cible », pour Libération . Le président démocrate est en fâcheuse posture. En plus de la Chambre, les Républicains pourraient obtenir une courte majorité au Sénat.

« Une Amérique qui doute » s'apprête à voter, pour Laurent Marchand dans Ouest France . On glose beaucoup sur la crise de la politique en France. Au pays de la démocratie et du capitalisme, cela ne semble pas beaucoup plus brillants. Car si le président est impopulaire, les congressmen le sont encore plus. « Les Américains expriment une haine profonde à l'égard du Congrès » dit un spécialiste américain des sondages dans les colonnes des Echos . Sentiment que rien ne se décide plus à Washington.

Système fédéral défaillant ajoute Jean-Christophe Ploquin dans La Croix : « plus de culture du consensus, pression des médias et leur rythme effréné qui empêchent les politiques de longs termes. »

Dans ces conditions, The Wall Street Journal décrivait hier les électeurs comme apathiques.

Reproche adressé à Obama souligne encore Les Echos : deux promesses non tenues, la prospérité et la paix. Sentiment que la reprise de l'économie américaine profite essentiellement aux plus aisés.

Le rêve américain existe-t-il encore ? Peut-être dans les yeux de l'étranger. Dans The New York Times encore, cette fois repris par Le Figaro , vous lirez l'histoire de ce Rwandais, enfant des rues de Kigali pris en charge par une association humanitaire après le génocide. Il y avait perdu ses deux parents. 20 ans après le voici étudiant à Harvard. Sur la photo : une lueur de fierté dans les yeux.Les échecs d'Obama… Son indécision en Syrie l'année dernière… Tribune ce matin dans Le Figaro . C'est un appel vibrant du ministre des Affaires étrangères ? Laurent Fabius. « Après Kobané, il faut sauver Alep ». Le ministre se fait quasiment journaliste pour décrire la situation. « Alep, deuxième ville de Syrie, patrimoine de l'Humanité, cité martyre de la résistance que Bachar el Assad n'a cessé de bombarder depuis 2012. Elle risque d'être prise en tenailles entre les barils d'explosifs du régime et les égorgeurs de Daech - le groupe Etat islamique. L'encerclement est déjà presque total. »

Récit de Delphine Minoui, toujours dans Le Figaro . Encore 300.000 civils en secteur rebelle. Ils se préparent à la bataille finale, et à l'hiver. « J'ai fait le plein de conserves, de bougies et de vêtements pour hiver », dit une habitante. « Dans ma rue, toutes les maisons ont rempli leurs réservoirs d'eau ».

Raconter la guerre en Syrie. Le reporter de Télérama Nicolas Delesale adapte son récit à l'heure de Twitter. Dans une longue série de Tweets, il fait vivre une seconde de guerre à Kobané. Magnifique récit. Vous trouverez les liens pour le découvrir sur Rue89 . Les réseaux sociaux, l'un des hauts responsables des services secrets britanniques les met en cause dans le Financial Times . Les groupes terroristes savent parfaitement s'en servir. Il accuse les entreprises américaines de l'Internet d'être « des réseaux de commande et de contrôles privilégiés par les djihadistes ». Autrement dit : coopérez avec nous ! Nouvel épisode des liens entre Internet et les services secrets après l'affaire Snowden.

Twitter mis en cause en France aussi et dans un autre registre, après la dernière vidéo négationniste de Dieudionné. Hier, beaucoup d'utilisateurs appellent Twitter à la supprimer. C'est à lire encore sur Rue89 .

Quoi d'autre dans la presse ?

  • La vie au temps de la crise. A la Une du Parisien, « Quadras en galère cherchent co-locataires ». Double page sur ces hommes et femmes de 30 ou 40 ans en co-location pour faire des économies ou pour se remettre d'une rupture.

« Le SOS de la SNSM », les sauveteurs en mer à la Une de Ouest France . Six départements viennent de supprimer leurs subventions.

  • Le nouvel impôt en préparation à la Une des Echos . Taxe surprise sur les résidences secondaires. Au passage on apprend dans Les Echos qu'un appartement sur six à Paris est une résidence secondaire. Et même 35 à 40% des appartements dans les très chics VI, VII et VIIIème arrondissements.

  • Quel avenir pour le barrage de Sivens ? Face aux verts, Royal est prête à reculer, titre Le Figaro . Dans Le Parisien-Aujourd’hui en France , Nicolas Hulot appelle à abandonner le projet. Plus largement, L'Humanité estime que la transition énergétique est en crise.

  • Polémique au conseil municipal de Versailles. La gauche accuse deux élus proches de la manif pour tous : ils auraient demandé à la mairie de contrôler l'orientation sexuelle des animateurs qu'elle embauche. C'est sur le site yagg.com .

  • Bernard Tapie n'aime pas les journalistes, il le dit texto dans Le Figaro . Ajoutant d'ailleurs que les journalistes le lui rendent bien.

Et les 30 ans de Canal plus...

Largement traités dans la presse quotidienne mais aussi dans Global , la revue de l'Institut national de l'audiovisuel. Interview d'un homme qui sera absent de la soirée anniversaire et qui a pourtant grandement façonné l'esprit Canal : Alain de Greef, patron des programmes de 1984 à 2001. Lui que les Guignols caricaturaient en patron dépressif est fidèle à sa réputation.

Son souvenir de la première journée d'antenne ? « Désespérant, irregardable ».

Les onze premières semaines ? « Pathétiques. Le Top 50 me navrait ».

Et puis arrive le porno du samedi soir. « On passait un film érotique, raconte de Greef. Après la diffusion de la version Soft de Caligula , j'ai reçu une lettre magnifique d'un vieux monsieur. Il nous écrivait, « j'ai 77 ans j'aime les films olé-olé et je me vois mal aller louer des porno. La moindre de choses c'est de programmer du hard. J'espère que vous tiendrez compte de l'avis d'un pauvre retraité. »

Et Coluche, Nulle part ailleurs, les Guignols, les Nuls, « leurs blagues tellement pas drôles qu'elles en deviennent drôles, c'est ça l'esprit Canal », dit de Greef, qui ajoute : « Toutes ces années, je les ai vécues dans une espèce de brume alcoolisée. »

Quand la revue Global lui demande de ses nouvelles, réponse : « Je vis au rythme de mes maladies diverses et variées. Faut que j'y aille. Un infirmier m'attend à la maison. »

A demain.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.