Comment ca va ? Oh… comme un mardi… Mardi noir, dit-on… On peut le voir comme ça, dès lors qu’il faut se déplacer, mais pour le reste… Autrement dit, pour l’essentiel… C’est un mardi de protestation… Miroir d’un malaise social… "Double test", titre "Le Parisien"… Test pour le gouvernement… test pour les syndicats. Voilà qui inspire à Bernard Revel, de "L'Indépendant du Midi", cette variation sociale de la fable de la Fontaine… « Villepin, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvu quand octobre fut venu. Il avait un côté cigale, notre Premier ministre. Maniant le verbe avec élégance et hauteur, il ne manquait pas de charme. Mais portée par le conflit de la SNCM, la bise arriva. Et il s’avéra que la cigale n’était pas aussi généreuse qu’elle en avait l’air… En tout cas, elle n’était pas prêteuse. A croire qu’elle était devenue fourmi ». Oui, reprend Georges Latil dans "La Provence", le gouvernement joue gros… Mais les syndicats aussi… Pour eux, c’est une question de crédibilité et d’autorité, qu’il convient de gérer au mieux… * C’est votre sentiment, Bernard Thibault… Vous jouez gros ? Précisement, pour cause de grève, vous risquez de ne pas trouver vos journaux aujourd’hui… Pour tout vous dire, je ne suis pas allé vérifier dans un kiosque ce matin, mais apparemment, en province, les quotidiens sont là… En revanche, côté presse nationale, c’est le désert… Vous ne devriez trouver que "Le Parisien". Alors ouvrons-le, et arrêtons-nous sur la Une et l’article en pages intérieures… Le titre, c’est une question : « Où est passé Chirac » ? Convalescent depuis le 9 septembre, le Président est sous le coup d’un programme allégé… Je dis "sous le coup", car vu son tempérament, c’est une longue peine qui lui est infligée… Et c’est tout l’objet du papier de Béatrice Houchard. En fait, Jacques Chirac va effectuer une sorte de rentrée à la mi-journée, lors d’une conférence de presse après son entretien avec Silvio Berlusconi, qu’il reçoit à l’Elysée. Il devrait dire ce qu’il pense de la mobilisation sociale d’aujourd’hui… Reste que sa discrétion spectaculaire depuis son accident de santé nourrit les spéculations, nous dit "Le Parisien". D’abord l’impatience du chef de l’Etat. Vous vous souvenez du célèbre « putain deux ans »… Là, ça fait à peine un mois et c’est déjà long. Bref, Jacques Chirac s’ennuie. C’est en tout cas l’impression qu’il donne à ses visiteurs. Reçu à la Présidence il y a quelques jours, un parlementaire de la majorité l’a trouvé impatient, facilement irritable. Il piaffe à l’idée de revenir complètement sur la scène politique, confie un proche. Mais Bernadette veille au grain… Gardienne de la vertu thérapeutique… Elle s’est énervée récemment à propos d’un rendez-vous inscrit sur l’agenda, et qu’elle trouvait superflu : « Vous allez me le tuer », a-t-elle dit à des conseillers de l’Elysée. Alors, plages de repos obligatoires pendant la journée… Certes… Mais comme en témoigne un proche, en souriant, pas de restrictions alimentaires… Jacques Chirac a toujours un solide coup de fourchette et boit comme avant… Du Schwepps et de la bière. Voilà pour l'anecdote... Il y a maintenant les spéculations politiques. D’abord avec cette phrase d’un ancien ministre UMP, qui dit de lui : « Il est à ranger au magasin des accessoires »… Sympa ! Et si la situation l’arrangeait… Après tout. Interrogé par "Le Parisien", Roland Cayrol n’est pas loin de le penser. D’une certaine façon, explique le directeur de l’Institut CSA… Dans la mesure où il avait été désavoué par le référendum... Il y avait une sorte de sagesse de sa part à ne pas trop apparaître… Il avait tout intérêt à se faire discret et à se laisser tirer par la popularité de son Premier ministre. Enfin, dans ce dossier du "Parisien", le témoignage de l’ancien président des Amis de Jacques Chirac… Vous allez voir à quel point choisir ses amis est un art… Il s’agit de Bernard Pons, qui passe maintenant 6 mois par an en Martinique, où il pratique la pêche au gros et écrit ses mémoires… En tant que médecin, il estime que l’accident de santé de Jacques Chirac est sérieux, vu ses antécédents tabagiques, son alimentation, et le fait qu’il n’ait jamais fait de sport… Avant cela, je suis persuadé qu’il avait dejà décidé de se présenter une troisième fois… Que voulez-vous, explique l’ancien secrétaire général du RPR : il ne sait rien faire d’autre…. Même le dimanche… Il passe son temps à passer des coups de fil dans son bureau. Maintenant il faut que ca s’arrête… Une troisième candidature est devenue totalement improbable…Et de ses deux mandats, il ne restera qu’une absurde dissolution et un funeste référendum. Vive les amis. J'en termine avec le dessin de ce dossier du "Parisien" : on y voit le couple présidentiel... Jacques Chirac à son bureau : il lance des avions en papier... Il a l'oeil noir de l'homme en colère... Et Bernadette, dans son fauteuil, déclare : "Vivement qu'il puisse reprendre l'avion... Il devient pénible". Dans la presse que vous ne pourrez pas lire, il y a fort à parier que le cas Lucien Léger tient une bonne place... La libération du plus ancien détenu de France remonte à la nuit de dimanche à lundi... Mais pour des raisons techniques... Des raisons de bouclage... Pour la presse écrite, c'est un sujet d'aujourd'hui. Une page entière dans "Le Parisien" et tout un dossier dans "La Voix du Nord"... Avec ce reportage de Jean-François Gintzburger, qui a passé la nuit chez les Bernhard... Ces gens qui accueillent Lucien Léger. Il était 1 heure moins 20, dans la nuit, lorsque Lucien Léger a quitté la prison... A ce moment-là, l'ancien détenu a dit qu'il passerait la nuit dans un lieu sûr... Ce lieu, c'était la maison de son hôte, Lucien Bernhard... Et c'est donc là que vous vous trouviez, Jean-François Gintzburger... Bonjour... Vous êtes donc reporter à "La Voix du Nord"... Racontez-nous le moment où Lucien Léger est entré... Comment était-il ? Besoin de parler ? * Il faut rappeler qu'il n'était non seulement le plus ancien détenu de France, mais d'Europe : 10.064 jours de prison... Je crois que "La Voix du Nord" suit régulièrement le dossier de Lucien Léger, qui symbolise à lui seul le difficile équilibre à instaurer entre sanction et réinsertion... Il s'inscrit aussi dans les débats récurrents sur les risques de récidive... Lucien Léger a un regard sur ce point ? Il sait ce qu'il représente ? Il faut savoir qu'au 1er mai, deux autres condamnés à perpétuité étaient incarcérés en France depuis plus de 40 ans... Comme quoi ce pays est spécialisé... Maintenant, quand ces longues peines se retrouvent en liberté, ce n'est pas facile non plus... Nathalie Guibert, du journal "Le Monde", est allée à la rencontre d'une association qui accompagne ces hommes et ces femmes qui sortent de l'ombre. Alors, je voudrais vous livrer cette anecdote, qui en dit long... C'est l'histoire de Jean... Il avait rendez-vous dans un restaurant, près de la gare de Nancy avec la reporter du "Monde"... Or, l'homme s'est perdu sur le trajet... Il avait presque atteint le restaurant, quand il est reparti en sens inverse sans s'en rendre compte. Guidé par un téléphone portable, il a fini par trouver, mais après avoir garé la voiture, il a attendu seul qu'on vienne le chercher. Incapable de prendre la moindre initiative, il avait perdu toute autonomie. Nathalie Guibert explique : "Pour un 'longue peine', sortir est une deuxième naissance : il leur faut tout réapprendre : marcher sous le ciel sans être pris de vertige, se mêler à la foule sans paniquer... C'est un choc brutal, et pour beaucoup une chute"... Il est aussi difficile de sortir de prison que d'y entrer, témoigne Stéphanie, incarcérée alors qu'elle était étudiante... Et d'ailleurs, qu'a-t-elle fait pendant une semaine, après sa libération... Elle s'est enfermée chez elle, figurez-vous. On pourrait presque qualifier cette situation de "double peine". Bonne journée ! A demain !

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