(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les deux côtés du miroir

(Bruno Duvic) Côté pile, c'est un homme tout ce qu'il y a de plus anonyme. Son histoire est racontée dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France . Vendeur de pizzas, distributeur de prospectus. Il a 33 ans, il s'appelle Rajinder Singh, originaire du Penjab en Inde. Il y a 7 ans, il est venu chercher en Europe un peu plus de fortune.

Une vie sans histoire faite de travail pour envoyer 150 Euros chaque mois à la famille. Jusqu'à jeudi dernier. C'est le côté face, celui d'un héros ordinaire, ni plus ni moins.

Babu (c'est son surnom) prend la ligne 7 du métro à Paris. Une femme se fait voler son portable, il intervient. Bagarre avec le voleur sur le quai. Babu tombe sur les rails. Il meurt électrocuté.L'agresseur court toujours.

Cette histoire, racontée une première fois sur le site Internet du Parisien vendredi, a suscité beaucoup de commentaires. Aujourd'hui la famille de Rajinder Singh souhaite rapatrier son corps. Elle cherche à rassembler 5.000 Euros.

Des histoires d'amour vues des deux côtés du miroir, c'est sur Rue89

Côté pile, rien ne peut s'opposer à l'amour, pas même les religions ou les couleurs de peau. Tu parles Charles ! C'est compter sans l'intolérance des familles et des « amis », même en 2011.

Là encore un premier article sur ce thème sur Rue89 a suscité des commentaires__ et c'est presque devenu une série.

Premier article le 22 septembre, intitulé : "T'es arabe et tu sors avec une noire, mais t'as pété les plombs ?" Il suscite un second témoignage : le p'tit blanc et la rebeu, des amoureux malheureux.

3ème volet aujourd'hui, il est juif, elle est arabe. C'est lui qui écrit. Parce que, dit-il, leur histoire se termine bien : "je veux apporter une touche d'optimisme".

Ils se connaissent depuis 9 ans. 9 ans de bonheur, mais aussi de déchirure.

« Celles et ceux qui n'assument pas, je les connais, j'en ai fait partie pendant 5 ans. Du jour au lendemain, on sait que, pour des êtres qui nous sont chers, on ne sera plus rien. Et puis un jour on comprend, l'avenir c'est elle, c'est lui, tant pis pour eux. Les absents ont toujours tort, qui nous aime nous suive ! »

Flic ou voyou, l'histoire de Michel Neyret est à la Une du Parisien

Le numéro 2 de la PJ de Lyon est en prison, soupçonné de corruption, trafic d'influence, trafic de stups et association de malfaiteurs.

Au cœur de cette affaire, les relations des policiers avec leurs indics. Un ancien haut gradé de la police reconnait que la ligne rouge est parfois très proche. "Surtout si l'on s’amuse à jouer tout seul".

La solitude du flic. Toujours dans Le Parisien , un responsable de la police judiciaire relève un autre facteur de fragilité, directement à propos de Michel Neyret : "Il a passé toute sa carrière sur le même terrain. Du coup il connait les voyous mieux que personne, mais les voyous le connaissent aussi mieux que quiconque. Peut-être que Michel n'a pas senti qu'il glissait".

Dans Sud Ouest , un magistrat, président de chambre d'instruction, prend la défense du policier présumé ripou. Le juge Raguin exerce à Besançon, il a longtemps travaillé à Lyon avec Neyret.

"Les indics sont les affaires de la police, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre. (...) Je suis sûr que Neyret ne s'est pas enrichi personnellement. (...) Il garde toute ma confiance. Il a peut-être été trop loin mais il faut voir dans quel contexte et avec quel résultat.

  • On parle d'indics rémunérés sur des saisies de cannabis, le saviez-vous ? demande Sud-Ouest

  • Je n'étais pas dupe. Si cela se révèle exact, je me demande quel policier va lui jeter la pierre. Lorsque des flics apportaient 50 kilos de cannabis dans mon bureau, je ne vérifiais pas s'il y en avait 50 ou 49. (…) Il y a quelques années, la rémunération d'indics n'était pas réglementée. Si un type vous donnait un réseau de stups et que, par ailleurs, il se faisait prendre sur une moto volée, on n'allait pas trop l'embêter, je n'ai aucun scrupule là-dessus."

Les deux côtés du miroir en politique : la presse raconte les coulisses du forfait de Jean-Louis Boloo à la présidentielle.

Et les termes employés par les politiques, la plupart off the record, disent la dureté de la campagne. Dominique Riquet, son successeur à la mairie de Valenciennes, dans Le Monde : "Vous avez vu le début de campagne ? C'est un combat de catch dans la merde. Vous connaissez un mec normal qui veut barbotez là-dedans ? Jean-Louis est un mec normal."

Borloo n'avais pas assez envie, pas assez de tripes pour se lancer dans le marigot. "Son retrait n'est pas un fait politique, c'est un fait psychologique", commente un proche du chef de l'Etat dans Le Figaro .

Plus cruel, un prétendant à l'Elysée déclare dans Le Parisien : "Miser sur lui pour la présidentielle, c'était comme parier sur un enfant de 13 ans pour un combat de sumo". Un autre politique assure qu'il a décidé de se retirer dans un état d'esprit affolé. Pas envie d'être désigné responsable d'un nouveau 21 avril. La mayonnaise n'a pas pris, Borloo pensait rassembler plus et plus vite.

Borloo out, la majorité lui tend la main "Tous les radicaux sont bienvenus à l'UMP", lance Jean-François Copé dans Le Figaro de ce matin. Pour l'instant, l'ancien ministre garde le silence. Guillaume Tabard dans Les Echos relève que dimanche soir, dans son intervention de sept minutes, il n'a pas cité une seule fois Nicolas Sarkozy.

Les coulisses de la politique, c'est aussi l'interview de François Hollande dans Libération

Comme tous les candidats à la primaire, il est l'invité spécial du journal. Libé raconte les à-côté. La rédaction a vu un candidat qui se projette déjà dans le second tour de la présidentielle. Quand il arrive au journal, c'est avec une sénatrice, un chauffeur, un garde du corps, un attaché de presse et une maquilleuse.

Côté programme, les propositions concrètes, il les garde pour après la primaire selon Libération . Pour l'élection au sein du parti, il mise sur la crédibilité et la capacité à l'emporter face à Nicolas Sarkozy.

Hollande à la Une mais aussi "la femme qui l'a changé", comme l'écrit France Soir qui consacre sa couverture à sa compagne ce matin.

A la rubrique "primaire socialiste", on retiendra encore la proposition de Martine Aubry pour les langues régionales, relevée par Ouest France . Elle souhaite les rendre quasi obligatoires dans les régions où elles sont pratiquées, sauf désaccord express des familles.

Les deux côtés du miroir, dans le cinéma et le sport pour finir.

“And the winner is Jean Dujardin”. Après le prix d'interprétation à Cannes, va-t-il remporter l'Oscar pour son rôle dans « The artist », le film muet sur le vieil Hollywood qui sort la semaine prochaine en France ? A l'affiche, c'est glamour. En coulisses, la bataille des Oscars, c'est de la très grosse artillerie.

Le Figaro raconte comment le producteur américain fait un lobbying de tous les diables pour ce film qu'il qualifie de "chef d'œuvre". Il a même glissé un DVD à Barack Obama. Harvey Weinstein souhaite voir « The artist » concourir dans toutes les catégories. Il a demandé à Dujardin, au réalisateur Michel Hazanivicius et à Bérénice Bejo de mettre leur carrière entre parenthèses pour faire la promotion. Une vraie campagne électorale qui porte ses fruits dans la presse américaine où l'on peut lire que « Dujardin est meilleur que Gene Kelly ne l'a jamais été ».

La gloire et la mort, voilà les deux côté du destin de François Cevert. L'Equipe consacre ce matin une page à ce mythe de la course automobile. Pourquoi aujourd'hui ? Parce que c'est au début d'un mois d'octobre, il y a tout juste 30 ans, qu'il a gagné son premier grand prix. Et en octobre encore, deux ans plus tard, qu'il s'est tué en sortant de piste aux Etats Unis.

François Cevert c'est un parfum de fin des trente glorieuses. La formule 1 avait quelque chose de chevaleresque. Et les chevaliers prenaient le risque de la mort comme le rappelle Jacky Ickx dans l'Equipe.

A relire ces pages d'histoire, on se croirait dans vieux un film de Truffaut ou de Lelouch avec Jean-Louis Trintignant au volant. Le pilote de la Tyrell 006 avait une belle gueule, du charme et une présence. C'était "Le prince charmant de la F1", titre L'Equipe . Un jour on le vit même arriver à un salon de la voiture au bras de Birgitte Bardot. Tout une époque…

A demain !

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