(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : des stars malmenées

(Bruno Duvic) C'est la surprise de la nuit. Barack Obama a perdu le premier débat de la campagne présidentielle américaine face à Mitt Romney. Les premiers titres sur les sites Internet américains sont très nets.

« Pas de doute, Obama a trébuché », titre Politico .

La National public radio : « Romney dominant, Obama en sourdine »

Le Washington Post : « Romney monte au Front face à Obama ».

C'est net aussi dans les premiers sondages effectués.

CNN : 67% des personnages interrogés considèrent que le Républicain a gagné

CBS : sondage auprès de personnes non engagées dans les partis républicains ou démocrates. Romney est donné vainqueur à 46%, 22% seulement donnent la victoire à Obama.

Les grands titres, les sondages, mais aussi les commentaires sont nets. Sur le site du New York Times , la, colonne des éditoriaux : c'était « La nuit Romney », « Le grand pas en avant de Romney ».

De l'ironie, même sous la plume de Ross Douthat, du New York Times .

« Le débat me laisse penser que la campagne bancale de Mitt Romney depuis qu'il a été intronisé candidat par les Républicains était une vaste feinte. Feinte pour faire croire à Obama qu'il aurait face à lui un challenger républicain incapable d'articuler un message clair. »

Concrètement, pourquoi Obama a-t-il perdu ? Réponse sur slate.fr qui reprend beaucoup de conclusions de son grand frère américain slate.com .

« Il est apparu fatigué, peu d'humour, l'air de ne pas vouloir débattre, incapable de défendre son bilan ».

Obama n'a pas utilisé les failles de la campagne républicaine. Il n'a pas fait référence aux nombreuses gaffes de son adversaire ces dernières semaines, n'a pas parlé du droit des femmes à l'avortement - il est vrai que le débat portait sur l'économie

En face, Romney a surpris par son aisance et sa précision. ABC parle même d'une « performance sans faute ». Il a cité une avalanche de chiffre. Le fact checking du New York Times notamment a montré qu'ils n'étaient pas tous exacts mais il n'a pas cillé face à son adversaire

Conclusion d'un des éditorialistes du New York Times : « Qui peut encore croire que c’est terminé ? » (sous entendu : qu'Obama a déjà gagné l'élection).

A la Une d'une partie de la presse française : la first Gilrfriend.

C'est comme ça que les Américains ont surnommé Valérie Trierweiler. Séquence médiatique pour la première dame. Hier, l'interview à Ouest France dans laquelle elle disait regretter son tweet. Ce matin, Le Courrier de l'Ouest dans sa région angevine reprend ses propos à la Une. Et première page du Parisien avec dossier d'ouverture et photos privées.

Photo d'elle jeune fille, photos de sa famille. « D'où vient vraiment Valérie Trierweiler ? » titre Le Parisien-Aujourd'hui en France - on dirait la bande annonce d'un film avec le monsieur à la grosse voix. Témoignages de sa maman, de son frère, de son oncle. « La personne cassante, autoritaire, jalouse, décrite aujourd'hui à l'envi ne correspond pas à ma sœur », dit le frère William.

Il n'est pas dit si Valérie Trierweiler a encouragé ses proches à témoigner. En tout cas, ces deux pages sont publiées le même jour qu'un sondage assez désagréable pour elle. Sondage Harris interactive dans VSD : 67% d'opinions défavorables. Titre de Une, « La mal aimée ». Et juste après le dossier consacré à la première Dame, tiens tiens ! reportage sur la rencontre qui n'a pas eu lieu à New York entre Ségolène Royal et François Hollande.

Réflexion de Didier Pobel sur son blog après la publication de ce sondage : "Au juste, est-ce vraiment important de connaître le point de vue du bon peuple sur celle qui, à ce qu'on sache, n'a pas été élue ? On devrait s'en moquer comme de Colin Tampon. »

La vie privée des gens célèbres, vous en aurez pour votre argent ce matin. « Belmondo/Barbara, la rupture », titre Paris/Match

« Jean-Luc Delarue, pourquoi il détestait ses parents ». C'est dans Gala .

Et à la Une de L'Ardennais , la mort de Marie-Claire Noah, la maman de Yannick. « C'était une sedanaise au grand cœur ». Elle avait fondé avec lui l'association les enfants de la terre.

Cela dit, la plupart des Unes de journaux ne sont pas people. Je les cite rapidement car elle recoupe, une bonne partie de votre entretien, Patrick, avec votre invité Pierre Moscovici.

A la Une du Figaro : « Créateurs de start-up, patrons de PME, dirigeants d'entreprise et investisseurs : La colère fiscale monte »

Colère qui incite l'Elysée à reculer face à la fronde des start-up, selon Les Echos . Plusieurs pistes d'aménagement à l'étude pour assouplir la taxation des plus values de cession.

C'est le buzz autour des « pigeons », ces petits patrons qui s'estiment plumés par la gauche.

A la page rebonds de Libération d'autres chefs de PME leur répondent : « Nous des pigeons, non ! Nous soutenons tout ce qui va dans le sens de l'équité et de la simplification de l'impôt, notamment le principe de taxation égale des revenus du travail et du capital. »

Petite histoire dans l'histoire. On se souvient des polémiques du temps de Nicolas Sarkozy sur les conseillers de l'Elysée qui intervenaient à tort et à travers dans les médias. Eh bien Atlantico se demande si le responsable de la communication digitale de l'Elysée, Frédéric Giudicelli, n'a pas franchi une ligne jaune. Il s'est allègrement moqué des pigeons entrepreneurs sur son compte Twitter. Est-il dans son rôle ? Il est précisé sur son compte que ses propos n'engagent que lui-même.

Quoi d'autre dans la presse ?

Le débat sur la fin de vie. Dans La Croix , interview de Jean Leonetti, l'auteur de la loi qui fait aujourd'hui référence en la matière. Il estime qu'elle pourrait être amendée sur deux points. D’abord, les directives anticipées données par les patients. Et aussi la « sédation terminale » dans certains cas très précis.

« Sédation terminale » : on peut traduire par administration de produits qui soulagent la douleur mais entrainent la mort à une certaine dose.

Parmi les exemples qu'il cite : les nourrissons très grands prématurés et promis à une vie végétative.

« Une sédation terminale, c'est vrai, est à la limite de l'euthanasie, reconnait Jean Leonetti.

  • On décide alors que telle vie ne mérite pas d'être vécue… lui fait remarquer La Croix .

Réponse : « On peut légitimement se demander si une vie sans relation, sans conscience, sans espoir d'amélioration, sur un lit avec un corps qui se délite est effectivement une vie, sans parler des conséquences pour l'entourage.»

Nous avons commencé cette revue de presse aux USA, terminons dans le même pays. Courrier International , nouvelle formule cette semaine - assez réussie en premier regard. Et début d'une série de reportage sur les Etats-Unis de demain, alors qu'ils s'apprêtent à voter.

Cette semaine, comment les modes de consommation de la génération Y, les jeunes 20-30 ans sont en train de remettre en cause 2 piliers de l'Amérique. La bagnole et le bâtiment. Ils achètent moins. Parce qu'ils n'en ont pas les moyens évidemment sous l'effet de la crise.

Au delà de l'économie, il y a des éléments d'explication qui renvoient à l'évolution de la société. Chez les jeunes par exemple, les banlieues pavillonnaires, type « Desperate housewives » n'ont plus la cote. Les centres villes, où l'on peut tout faire à pied ont une meilleure image.

Un site Internet très consulté permet de calculer l'indice de « marchabilité » d'une adresse. La génération Y investit moins dans la pierre et la voiture. « Elle aura vraisemblablement envie d’investir son argent en formation » dit le directeur de recherche d'un think tank.

« La voiture et la banlieue, c’est pour les vieux ». Conclusion de cet article d’Atlantico , cité par Courrier international : la jeunesse « donnera peut être aux Etats Unis une base économique plus solide pour les décennies à venir. »

A demain

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