Alep, les mots d'une fillette qui dit les bombes, et les accusations de N.Tenzer; ceux qui relativisent, ceux qui ne veulent pas voir, ceux qui nient l'universel sont des salauds.

LA revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Alep ce matin Hélène dans la presse

Alep, ce sont d’abord des images, de ruines…c’est le plus gros hôpital d’Alep-Est qui a été détruit hier par des raids aériens…images, sans commentaires, d’une visite guidée dans les gravats, à regarder entre autre sur le figaro.fr

Alep, c’est un dessin qui fait grincer des dents. Celui de Large dans Sud ouest. Un homme dans la ville détruite, qui dit à sa femme « C’est de faute, si tu avais les fesses de Kim Kardashian, on parlerait de nous »

Alep, ce sont ces quelques mots envoyés sur twitter d’une fillette de 7 ans, Bana El-Abed qui depuis le 24 septembre raconte en 140 caractères et quelques vidéos sa vie. 25 septembre, « Bombes comme la pluie, tout le monde a peur ». 2 octobre « bombes, bombes, bombes ». C’est sa mère, nous raconte Luc Vinogradoff sur le Monde.fr, qui relaie les messages de sa petite fille, sa fillette qui lui demande « mais pourquoi personne ne nous aide ? ». Dernier post il y a quelques heures de Bana El Abed, « Sommeil alors qu’on entend les bombes tomber. Je twiterrai demain si nous sommes encore en vie »

Alep, c’est le cri d’alarme lancé par Nicolas Tenzer, prof à sciences po, qui pose la question du maintien du sens commun, face à tant de propos révisionnistes, relativistes, distracteurs ou généralistes. Texte à retrouver sur le site The Conversation, dans lequel Nicolas Tenzer dit d’abord ce qu’est cette guerre : « une guerre d’extermination; tuer, encore tuer, tout ce qui peut l’être, guerre totale ». Alors, tout est dit sur cette guerre, tout est documenté, nous répétons tous « le silence est crime, l’inaction est péché », mais si désormais tout était vain ? «Un ami engagé dans l’humanitaire en Syrie m’a écrit l’autre soir, confie t il, que l’indignation, l’émotion des responsables politiques, des commentateurs, de lui de moi, l’écoeuraient ». « Que c’en était assez, que les larmes et l’indignation devenaient immondes, que l’ignominie du régime d’Assad, de la russie et de l’Iran était la nôtre, que nos pleurs ne la rendaient même que plus abjectes ». Et bien, Nicolas Tenzer nous appelle à ne pas désarmer, à ne pas renoncer, à continuer de parler et désigner les bourreaux. Parce qu’il y a encore des aveugles à ce drame, mais pire peut-être il y a les révisionnistes qui préfèrent mettre en avant la responsabilité des Etats unis dans la montée de l’état islamique pour exonérer Assad de sa monstruosité, les relativistes qui disent « attention aux lunettes occidentales sur l’orient compliqué » pour excuser la force brute de Poutine et qui instille le flou entre le bien et le mal comme s’il n’existait pas un universel du bien et du mal. Ceux là sont des salauds assène t il, ils ne méritent pas notre silence, surtout, notre voix doit être plus forte. Nicolas Tenzer appelle à un sursaut de la communauté démocratique, tellement fragilisée qu’elle pourrait bien mourir définitivement à Alep, si nous ne retrouvons pas le sens « commun », le sens de l’universel devant l’horreur et la barbarie. Texte à lire sur le site The Conversation, repris ce matin par Slate.

Dans la presse également ce matin, un procès qui divise tout un pays

Un procès militaire qui divise Israel, c’est un article de l’envoyé spécial du Figaro à Tel Aviv, Cyrille Louis, saisissant alors que nous venons de célébrer l’Homme de Paix qu’a essayé d’être Shimon Peres, saisissant parce qu’il est une photo de ce qu’est aujourd’hui la société israélienne. Derniers jours actuellement à Jaffa, du procès d’un jeune conscrit franco israélien Elor Azria, accusé d’avoir achevé sans raison apparente, un assaillant palestinien d’une balle dans la tête il y a 6 mois à Hébron, celui-ci venait de poignarder un soldat israélien. Une séquence filmée par une ONG qui avait fait à l’époque le tour du monde. L’engouement pour ce procès dans le pays, est du jamais vu témoigne un chroniqueur judiciaire. Pourquoi ? Parce que l’état major de l’armée s’est d’abord empressé de condamner son geste, « même dans des moments de grande colère, nous ne devons pas autoriser de tels comportements » avait même déclaré le ministre de la Défense. Sauf que cette fermeté s’est largement fissurée lorsqu’il est apparu qu’une grande partie de l’opinion publique israélienne approuvait la réaction du soldat. Résultat, des manifestations de soutien au jeune militaire se multiplient, l’extrême droite israélienne s’engouffre dans la brèche et prend publiquement sa défense, un journal de droite lui décerne le titre « d’homme de l’année », l’armée elle-même est ébranlée et semble sur le point de basculer, dans l’excuse, le soutien. Ce procès est rien de moins qu’un tournant dans l’histoire de notre pays, témoigne un interlocuteur du journaliste. Récit pour comprendre l’ampleur du fossé idéologique qui fracture aujourd’hui toute la société israélienne

Retour en France Hélène avec entre autre, un croc en jambe et un fric frac

Jean-Marie le Pen dans Aujorud’hui en France/ le Parisien qui affirme : « Nicolas Sarkozy se jean marise ». « Nicolas sarkozy opportuniste, dit il qui voit bien les évolutions de l’opinion favorables aux idées du front national et qui voudrait prendre sa part de gâteau ». Le croc en jambe, pourrait être utilisé par les concurrents de l’ex président de la république, mais il est surtout en réalité destiné à sa propre fille Marine le Pen, coupable à ses yeux de négliger cet état de l’opinion et qui se « centrise » selon lui. Insulte suprême.

En politique toujours, entretien intéressant dans Libération, du politologue Yves Sintomer qui défend l’usage du référendum. Les résultats du brexit, de ceux de dimanche, en Hongrie sur les réfugiés ou en Colombie sur l’accord de paix avec les Farc interrogent, mais pour autant, il serait idiot dit il en substance de se passer de cet instrument de démocratie directe. « il n’y a pas d’un côté, les élites qui auraient la rationalité, et de l’autre des peuples irrationnels ». Oui, il y a des référendums manipulatoires, mais ils ne sont souvent que le signe d’un contexte plus général du régime qui les proposent. Une réhabilitation mesurée et intelligente de cet outil de consultation populaire

Et on termine par ce qu’on évoquait au début de cette revue de presse en grinçant des dents, le casse du siècle, de ce jeune siècle en tout cas, puisque le vol dont a été victime hier à Paris Kim Kardashian, est le plus gros vol de bijoux depuis 2 décennies, 9 millions d’euros dérobés. Braquage XXL titre Aujourd’hui en France/le Parisien. Alors on peut se gausser, le candidat NPA à la présidentielle Philippe Poutou s’y est d’ailleurs essayé hier sur twitter, en lançant « la redistribution des richesses est une urgence. Ca a commencé » avant d’être obligé de se reprendre devant le tollé suscité par ses propos. Il faut dire qu’en terme de résonnance médiatique, Poutou/Kardashian y a pas photo, plus de 161 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux nous dit le Parisien pour la madone de la téléréalité quand le New York Times culmine à 54 millions et philippe Poutou donc à…94 648 followers sur twitter…

Ce qui explique sans doute, l’impact mondial de cette agression, qui fait la Une de toute la presse tabloid anglo saxonne. Rien dans le Financial Times, je rassure les puristes. Quelques infos sur l’enquête : dans le Parisien, on apprend que les policiers soupçonnent « des vieux de la vieille d’être à l’origine du fric frac, ils auraient eu un bon tuyau, sans doute de l’entourage de la victime. Et puis dans les Echos, le patronat hôtelier en profite pour plaider pour une « police touristique »…Groggys hier après le braquage, les professionnels du tourisme craignent l’effet qu’il pourrait avoir sur l’image de Paris et de sa sécurité. Reste que l’hôtel visé n’est pas tout à fait le pied à terre de monsieur et madame tout le monde. Il s’agit de l’hôtel de Pourtalès, qui a pour nom le NO adress…hôtel particulier de luxe prisé par les riches peoples en quête de discrétion. Un établissement qui n’offre aucune garantie en matière de sécurité dénonce un syndicat hôtelier, rien à voir avec les vrais palaces type Ritz ou Georges V qui eux misent sur la sécurité. On peut avoir 160 millions d’abonnés, et ne

pas savoir où descendre à Paris !

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