Coup de cafard dans le monde de la finance... Oui, ça ne va pas fort : figurez-vous que "les Iles Caïmans sont au bord de la faillite". L'histoire est à la Une des Echos. La carte postale d'abord. Les Iles Caïmans, cinquième centre financier international, capitale mondiale des fonds spéculatifs, 2.300 milliards de dollars de fonds. Et une crise financière qui fait tomber les palmiers. Les sommes gérées dans ce paradis fiscal ont fondu. Les banques licencient. Les finances du gouvernement se cassent la figure. Résultat : la Sécurité Sociale des fonctionnaires n'est plus payée, et le gouvernement appelle au secours la Couronne britannique, dont il dépend en dernier ressort. Sauf que la Couronne, dans le contexte actuel, elle a dit "non". Et elle a même fait pire : elle conseille aux Iles Caïmans d'introduire des impôts pour redresser la situation. Frissons sur le sable blanc. Ce pourrait être un impôt sur la propriété foncière. "Tout fiche le camp", s'amuse Marc Roche, le correspondant du Monde à Londres. Il rappelle pourquoi, selon la légende, le roi d'Angleterre avait dispensé les Caïmans d'impôt. C'était à la fin du XVIIIème siècle : une poignée de pêcheurs avaient aidé dix navires britanniques échoués sur les récifs. Alors, si vous voulez verser des larmes de crocodile sur les Iles Caïmans et les financiers : confessions de traders, dans Le Figaro et Le Nouvel Observateur... On attend Starmania : "J'aurais voulu être un artiste", et on tombe sur Benabar. Voici Marc (ce n'est pas son vrai prénom), qui épanche son blues dans Le Figaro. Il roule dans une petite berline familiale. Il achète ses costumes en soldes. Il est locataire de son appartement. Et il passe ses vacances sur la côte atlantique. "Marc n'est pas un cas atypique au sein de sa profession", explique Florentin Collomp dans Le Figaro. "Des garçons qui gagnent des multi-millions de dollars en France, il n'y en a pas une cinquantaine". Entre le Marc du Figaro et le Franck du Nouvel Obs (là aussi, le prénom a été changé), au moins trois points communs : - ils assument : "l'argent, c'est notre moteur ; dans ce métier, il faut avoir faim, sinon autant être actuaire dans une compagnie d'assurance" ; - ils en ont marre de jouer les boucs-émissaires : "S'il y a des traders, c'est parce qu'il y a des gens qui mettent leur argent sur une assurance-vie à capital garanti ; il faut bien qu'un crétin prenne des risques pour assurer le rendement" ; - et ils décrivent un milieu où tout le monde se regarde par en dessous : "L'essentiel, dit Franck, c'est que je n'apprenne pas que mon collègue gagne plus alors qu'il a rapporté moins à la banque ; ça, c'est insupportable". Là où Le Figaro et L'Obs divergent, c'est dans la conclusion... Le Figaro montre Gérard, un autre trader, qui vient de démissionner après un divorce, un accident cardiaque à 31 ans et une opération des intestins.. Dans l'hebdomadaire, Franck regarde de haut les mesures de contrôle des bonus promises par Nicolas Sarkozy : "Ca ne sera jamais appliqué". Eh bien, il a peut-être tort. Car, sur les bonus, "un front européen est constitué face à Washington" : titre des Echos. Gordon Brown a rallié hier la proposition franco-allemande de limiter les rémunérations variables dans la banque. "Ils mettent Obama au pied du mur", ajoute Le Figaro. Rendez-vous donc à la fin du mois au G20 de Pittsburgh. Tout en applaudissant cette union sacrée, François Vidal, dans Les Echos, ne s'emballe pas : "Impossible d'imposer des règles restrictives si l'Amérique y échappe. Or, pour l'heure, l'administration Obama ne s'est pas montrée enthousiaste sur le sujet". Cette Amérique de la crise, une anthropologue a eu envie de la montrer... mais de la montrer vraiment. 12 millions et demi d'enfants ne mangent pas à leur faim aux Etats-Unis. Mais les chiffres, ça ne dit rien à personne. Alors Mariana Chilton a eu l'idée : confier des appareils photo aux mères célibataires qu'elle voit défiler dans son labo de Philadelphie. C'est Corinne Lesnes qui raconte, dans Le Monde. Photo de frigo vide, de Caddy plein, mais c'est celui d'un autre. Photo d'une petite fille qui attend d'être vaccinée. Ou encore celle-ci, prise par Angelica : elle est debout toute la journée à servir dans un café. Un jour, en rentrant, elle a photographié ses pieds. Un tout petit pied d'enfant s'est glissé dans l'image, à côté des siens, qui sont gonflés. Tout cela a donné une exposition à Washington. Les dames avaient emprunté des tailleurs de businesswomen à une association charitable. Réaction des congressmen et des passants : "C'est vous, là, sur la photo ?". D'autres photos à la Une de la presse, Bruno : celles du Gabon... Image à la Une du Parisien-Aujourd'hui en France : Libreville, hier... des voitures retournées sur le toit et calcinées, des poubelles renversées, une route bloquée. "Les Français sont visés" au Gabon. Le Figaro raconte... "Le consulat de France attaqué à Port-Gentil, les installations de Total et Schlumberger prises à partie, les appels à égorger tous les Français, les soldats tricolores obligés d'intervenir pour évacuer le consul". Libération donne les clés, sous le titre : "Ali Bongo et les 40%". Le fils de son père l'aurait emporté avec 41,7% des suffrages mais, selon l'opposition, il a massivement triché. L'explosion de colère a eu lieu avant même la proclamation des résultats. Et, à tort ou à raison, les Gabonais désignent la France parmi les responsables. Sous le titre : "Message", voici ce qu'écrit François Sergent dans son éditorial... "On se souvient que le Président français, après avoir juré d'en finir avec la Françafrique, avait réservé sa première visite sur le continent noir à Omar Bongo. Le même Sarkozy avait aussi offert à Omar Bongo la tête de son secrétaire d'Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, coupable d'avoir critiqué le dynaste gabonais. On peut comprendre, dans ce contexte incestueux, les réactions de la rue". Question d'Isabelle Lasserre dans Le Figaro : "Que se passera-t-il si la situation dégénère vraiment, et que le Président officiellement élu demande l'aide des militaires français ?" Pour mémoire, l'accord de défense liant Paris à Libreville n'a pas été renégocié. Le Gabon à la Une de la presse... mais encore et toujours la taxe carbone... C'est "la taxe qui fâche", confirme la manchette de La Tribune. "Le rejet des Français", ajoute Nice Matin. 66% des Français sont contre, selon un sondage. On en a largement parlé hier, donc je passe vite. Je vous disais hier que la presse se met au vert. Confirmation : le mensuel branché GQ affiche Nicolas Hulot en couverture. Interview en pages intérieures, entre la rubrique "Buzz mode" et un dossier sur les sextoys. Au-delà de la taxe carbone, c'est à un changement de civilisation qu'appelle l'animateur d'Ushuaïa... civilisation de la décroissance sélective. "Non mais, regardez les gens dans la rue avec leur iPhone : s'ils le font tomber par terre, ils sont encore plus fous que si c'était leur bébé. Notre société crée de la frustration parce qu'elle crée tous les matins de nouveaux désirs dont on se passait la veille. Des gens me disent : 'Vous voulez nous faire revenir à la lampe à huile'. Non, justement : je voudrais éviter qu'on y revienne". Alors, sur la taxe carbone, Le Parisien rappelle que Nicolas Sarkozy doit arbitrer : réunion interministérielle ce matin à l'Elysée. Sarkozy déjà quasi candidat pour 2012. Le Monde décrypte son après-midi de mercredi : - réunion sur le thème de la sécurité au ministère de l'Intérieur à 16h30 ; - réception du comité de la majorité à 18h00. Les thèmes et les réseaux porteurs sont réactivés. Et à l'UMP, une cellule stratégique est au boulot depuis plus d'un an : elle étudie l'opinion, et elle observe la dernière campagne américaine. Inspiré par Barack Obama, Nicolas Sarkozy est convaincu que l'UMP est aujourd'hui un parti dépassé. Internet est l'objet de toutes les attentions : il y aura désormais deux sites pour le parti. Objectif : fédérer tous ceux qui le souhaitent autour d'actions locales. L'UMP doit devenir une entreprise. En bref, Bruno, les autres titres des journaux... - "Airbus veut en finir avec les boîtes noires"... Interview du PDG dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. Les données de vol pourraient être transférées directement par satellite. - "Les mèches sociales de la rentrée : emploi, retraites, conflits"... Les sources d'explosions sont nombreuses à la Une de L'Humanité. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, appelle à multiplier les fronts de lutte. - "La grippe à la crèche"... A Istres, dans les Bouches-du-Rhône, une aide maternelle a attrapé le virus H1N1. C'est dans La Provence. La crèche s'appelle "Les Pitchounets". Pas de panique : on a mis la nounou en arrêt de travail, on a désinfecté les locaux, on a distribué des masques, et on a accueilli les enfants dans le jardin. - "C'est aussi la rentrée pour les paroisses", rappelle La Croix... Et le nombre de prêtres ne cessant de diminuer, le "travail" (entre guillemets) des curés est de plus en plus lourd. La Croix suit le Père Leseur dans la Haute-Marne. C'est le seul curé pour une communauté de 15.000 habitants répartis sur plus de 50 communes. C'est la civilisation paroissiale qui est menacée, et qui risque de laisser des personnes âgées dans la solitude. Et puis Le Point publie les bonnes feuilles du dernier livre de Roger Pol-Droit : "Les héros de la sagesse"... C'est dissonant, en cette époque de blues des traders. Roger Pol-Droit explique que le mot "sage" est devenu terne aujourd'hui. "Pour les sages antiques : Bouddha, Socrate, Diogène, il s'agissait de transformer radicalement l'humain. Pour nous, le sage est en passe de devenir un élément de bien-être, produit cosmétique, bibelot pour paysage intérieur. Des sagesses allégées, lyophilisées, sous vide. Rien de répréhensible, mais on peut se demander si nous ne pouvons pas espérer autre chose". Bonne journée...

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.