Dans la presse ce matin : les petits et les grands

Combien de gamins qui s'apprêtent à faire leur rentrée ont son poster dans leur chambre :

Cristiano Ronaldo.

Vous vous souvenez peut-être qu'hier, j'ai cité une information de L'Equipe faisant part de la tristesse de la star du Real Madrid. Tristesse pour des raisons professionnelles, il n'en disait pas plus.

La suite de l'histoire est ce matin à la une de l’Equipe. Ronaldo en mal de tendresse et d'Euros. Le Portugais ne se sent pas aimé au Real Madrid et il envisage de partir, à moins à moins qu'on augmente son salaire. Il est aujourd'hui de 10 millions d'euros annuels nets d'impôts, on ne parle pas des primes et des contrats d'image.

L'histoire passe assez mal en Espagne, où le taux de chômage est de 20%. Rue 89 évoque cet édito sur le site d'El Mundo, "La princesse est triste".

Ce matin évidemment la presse catalane n'est pas tendre avec la star du Real, le grand rival de Barcelone. "L'attitude de Ronaldo, c'est un sacrilège", dit l'ancien entraineur du Barça Carlos Reksak sur le site Diariosport. Si lui est triste, alors les gens normaux devrait être dans la rue en train de pleurer"

Le mundo deportivo relaye les sarcasmes sur twitter : pourquoi Ronaldo est triste ? Parce que la TVA sur la gomina est passé à 21% ou encore parce que les scientifiques qui travaillent sur l'accélérateur de particules ont découvert qu'il n'était pas le centre de l'univers.

On ne prête qu'aux riches : la presse espagnole se demande quel gros carnet de chèques pourrait accueillir la star si elle quittait Madrid. Un nom revient : le PSG

Ronaldo au PSG : joli sujet de débat pour les cours de récré

Pour l'instant, on en est loin. Alors voilà : l'année redémarre comme le titre Ouest France. Les petits et les ados vont se trouver face à leurs grands professeurs.

La rentrée à la Une d'une large partie de la presse régionale notamment.

Et dans les éditoriaux, un sujet revient : les profs et la gauche.

Pour Hervé Favre dans La Voix du Nord, en cette rentrée où sa cote de popularité s'effondre, François Hollande est au moins sûr d'être bien accueilli dans les écoles. Et de rappeler les 1.000 postes dans le primaire, l'enterrement de l'évaluation des profs par les chefs d'établissement et le retour bientôt de la formation en alternance

Incontestablement, l'atmosphère a changé confirme Patrick Fluckiger dans l'Alsace. Mais reste à faire l'essentiel.

Et Christophe Bonnefoy est bien de cet avis dans le Journal de la Haute Marne. Les 60.000 postes horizons 2017 ou l'art de promettre monts et merveille quand les caisses sont vides. La refondation de l'école, chantier énorme.

Et puis il va bien falloir parler salaire : Xavier Panon dans La Montagne rappelle que les enseignants français sont parmi les plus mal payés de l'OCDE.

La gauche et les profs, comment le couple va-t-il traverser les mois à venir ? L'édito de la Charente libre est intitulé "Les enseignants dans le sens du poil". L'ennui, avec la gauche au pouvoir, écrit Ivan Drapeau, c'est qu'on ne mesure jamais quelle est dans sa relation avec le monde enseignant, la part de vertu sincère et de faiblesse électoraliste.

La secrétaire générale du syndicat FSU Bernadette Groison est vigilante dans les colonnes de l'Huma. Effectifs, salaires, les enseignants restent sous tension.

L'édito de Jean-Francis Pécresse dans Les Echos va peut-être les tendre un peu plus : pour lui cette promesse de 10.000 postes supplémentaires chaque année dans l'Education, c'est la politique du chiffre qui continue.

Et de faire référence à la crise des vocations et aux concours qui n'attirent pas des flots de postulants "Alors que l'Education nationale ne trouve déjà plus assez de candidats de qualité, augmenter le nombre de professeurs sans dégrader encore les performances du système éducatif est un pari sur l'avenir qui n'a pas fini d'inquiéter"

Dans le Monde reportage en Syrie

Autre version de l'histoire des petits et des grands. Question de moyen pour combattre. A Alep, Jean-Philippe Remy décrit lui aussi cette guerre des Kalachnikovs contre les tanks. Et dans les rangs rebelles, l'amertume qui monte

On n'oubliera jamais que le monde ne nous a pas aidés dit qui demande au passage au journaliste s'il n'est pas sioniste.

L'amertume se traduit aussi comme cela. "Que pensez-vous d'Oussama Ben Laden demande soudain un combattant sur un ton qui glace l'atmosphère. Au fil des jours, dans les rangs rebelles, il y a plus de drapeaux noirs, plus de coupes de barbes propres à certaines tendances salafistes, plus de vêtements rappelant l'Afghanistan plutôt que la Syrie.

Quoi d'autre dans la presse ?

Ayrault, un Premier Ministre déjà sous pression. C'est à la Une du Parisien. L'article est émaillé de citations, assumées ou anonymes : Malek Boutih, député PS de l'Essone "Il a trop tendance à se protéger"

Deux ministres parlent de l'absence de Jean-Marc Ayrault en août, dans l'entourage d'Arnaud Montebourg de son incapacité à protéger le Président, ailleurs, c'est son manque d'autorité qui est stigmatisé.

Le Sénateur PS Gaëtan Gorce s'agace : si certains ministres s'inquiètent de la façon dont le gouvernement travaille, ils doivent en parler avec le Premier Ministre, pas avec la presse. Aujourd'hui l'heure est de soutenir Ayrault, pas de le critiquer"

Comment travaille le gouvernement ? A la Une du Figaro Montebourg sème la zizanie à Bercy. Artcile sur sa rivalité avec le ministre des finances Pierre Moscovici.

Dans le Figaro encore, la candidature d'Henri Guaino à la présidence de l'UMP. Le débat à l'UMP ne peut se résoudre à l’affrontement de deux candidats (sous entendu Copé et Fillon) J'ai l'impression que l'on a presque honte de dire que l'on est gaulliste. Moi je veux incarner cette fierté

Sur Rue 89, le cumuloscope, pour mettre la pression sur les élus socialistes qui ne respectent pas les règles sur non cumul des mandats au PS. Vous avez les noms, les information et de quoi interpeller vos élus.

Et dans Libération, un choix de Une singulier

Singulier et assez régulier de la part de Libé : un livre à la Une. Celui de Christine Angot, qui sort demain en librairie "Une semaines de vacances". Il est à nouveau question d'inceste. Le chef d'œuvre de la rentrée pour Libé. Nicolas Demorand ajoute dans l'édito : c'est un dispositif littéraire qui fait vivre, voir et éprouver l'insoutenable. Plein cadre sur la vérité d'une situation que la littérature permet d'approcher d'aussi près, sur un mode auquel aucun discours scientifique ou sociologique ne peut prétendre.

Suit une longue interview de Christine Angot sur la crudité de ce livre à propos de l'inceste : Il ne s'agit pas de répondre à la question "Pourquoi" : ayons déjà le nerf de traiter le "comment"

Que se passe-t-il, qu'est ce qui existe précisément. Précisément.

Drôle de sentiment à la lecture de Libé ce matin. Angot à la Une et dans les dernières pages, une étude qui montre à quel point, sous m'impulsion des sites de rencontres, certains gèrent désormais l'amour comme leur boulot. Témoignage d'une jeune femme de 35 ans qui parle de planning, de prospection, de short list à propos de ses plans drague et de conf call avec ses copines pour croiser les avis.

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