Ce matin dans la presse, retour sur la situation au Yémen, sur le blues des cadres, l'arrivée de Neymar et l'histoire du plus mauvais joueur de jeu vidéo du monde.

Revue de presse du 5 août 2017
Revue de presse du 5 août 2017

Reportage glaçant au Yémen dans Le Monde

Glaçant c'est évidemment une façon de parler, tant le récit de Jean-Philippe Rémy du quotidien d'un hôpital d'Aden nous fait sentir la moiteur malsaine qui en émane. "Une étuve qui règne jour et nuit" sur place... Avec le photographe Olivier Laban-Mattei, il a passé plusieurs semaines dans ce pays fermé aux journalistes. Dans ce cinquième et dernier épisode, ils racontent comment le choléra est devenu l'ultime bourreau des habitants. Dans les couloirs de l'hôpital, "pas de vacarme, pas de panique, les drames se déroulent presque au ralenti." Certains ne s'en sortiront pas, d'autre vont d'un seul coup aller beaucoup mieux. Mais "une fois leur destin tranché, les morts comme les vivants partent vite".

Extrait de l'article du Monde sur le Yémen
Extrait de l'article du Monde sur le Yémen

Le journaliste revient aussi sur un phénomène intrigant autour de la maladie : les légendes qui l'entourent. L'une d'elles, colportée jusqu'aux responsables du ministère de la santé, assure que les premiers cas sont arrivés avec les réfugiés éthiopiens. "Comme si le choléra ne pouvait venir que de l'extérieur alors qu'il est justement endémique au Yémen". Autre légende : les malades seraient "des simulateurs courant se faire admettre à la première colique venue, afin de toucher l'argent que de mystérieux bienfaiteurs viendraient distribuer aux malades"... C'est même un médecin qui raconte cette histoire, avant d'ajouter "en vingt ans de carrière, je n'ai encore jamais croisé un seul de ces bienfaiteurs". Symbole d'une épidémie qui semble rendre fou jusqu'au pays qui la subit.

LIRE LE REPORTAGE sur le site du Monde

Le blues des cadres en quête de concret

Dans le Figaro, reportage sur ces cadres qui en ont eu assez et qui ont décidé de changer de vie pour faire tout autre chose : les banquiers devenus brasseurs, les consultants reconvertis dans l'ébénisterie, les chefs de projet qui ont ouvert un foodtruck ou les commerciaux passés pâtissiers... Luc-Antoine Lenoir et Elena Scappaticci ont collecté quelques exemples de reconversions spectaculaires, et se sont surtout demandés pourquoi cette envie de changer de vie. Au-delà de l'argument de la passion plus ou moins tardive pour un métier, il y a "un désir de quitter le monde des cadres". "D'abord à cause d'un phénomène masif maintenant mieux compris", expliquent les deux journalistes : "l'ennui et la perte de sens au travail. De plus en plus d'employés perçoivent leur poste comme un 'bullshit job', un job à la con". En cause : la répétitivité des tâches, quand les métiers manuels offrent des résultats immédiatement perceptibles à chaque action. Comme l'amour d'une revue de presse bien faite, par exemple, une forme d'artisanat trop peu connue.

Extrait de l'article du Figaro sur les cadres - photo par Olivier Bénis
Extrait de l'article du Figaro sur les cadres - photo par Olivier Bénis

LIRE L'ARTICLE sur le site du Figaro

Neymar vu d'Amiens

On ne va pas revenir sur les millions dépensés pour faire venir le joueur au PSG, les multiples analyses sur ce joli coup du club parisien, ou sur le parcours du joueur... Non, pour changer un peu, je me suis intéressé à un article au milieu des sept pages que consacre l'Équipe à l’événement. Article qui s'intéresse à un autre événement : c'est aussi aujourd'hui le premier match d'Amiens en Ligue 1, un match historique, le premier du club dans l'élite en 116 ans d'existence. Alors forcément pour les joueurs amiénois, la possibilité de jouer contre Neymar aujourd'hui, c'est juste la cerise sur le gâteau. Les joueurs sont arrivés dans la capitale en fin de journée hier, nous raconte Jocelyn Lermusieaux, en se tenant à l'écart du tourbillon médiatique. "Nous, on a préparé ce match le plus sereinement possible", explique calmement le gardien du club Régis Gurtner. L'Équipe n'écarte pas d'ailleurs une petite surprise picarde dans le match de ce soir : "Dans cette journée à marquer d'une pierre blanche, l'entraîneur Christophe Pelissier ne désespère pas d'en laisser une grosse dans le jardin des Parisiens".

Les entraîneurs français "grands remplacés" selon Libé

Ils sont six entraîneurs étrangers en Ligue 1, pour vingt clubs, du jamais vu jusqu'ici. D'où cette question en une du journal : "Les coachs français sont-ils nuls ?" Où l'on découvre qu'en fait, ils se sont surtout construits une très mauvaise réputation ces dernières années : les présidents de clubs les imaginent "manipulateurs", "arc-boutés sur leur contrat", "jouant les indemnités de licenciement contre la lutte pour sortir leur club d'une situation compliquée". Un patron de club raconte : "Comme on était mal au classement, je suis allé demander à mon entraîneur ce qu'il comptait faire pour redresser la barre. Il m'a répondu : écoutez, je n'en sais rien, j'ai tout essayé."

Du coup le coach étranger a la cote, au grand dam de Raymond Domenech, président de l'Union nationale des entraîneurs et cadres techniques professionnels du football... "Quand un entraîneur français réclame un deuxième adjoint, on dit : tiens, il demande ça pour rester les bras croisés à rien foutre. Mais quand un technicien étranger débarque avec huit personnes, on explique qu'il révolutionne le poste."

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Leeroy Jenkins, ou la folle histoire du plus mauvais joueur du monde

Extrait de l'article sur Leeroy Jenkins dans Le Monde - photo par Olivier Bénis
Extrait de l'article sur Leeroy Jenkins dans Le Monde - photo par Olivier Bénis

Pas joueur de football cette fois, mais joueur de World of Warcraft, le célèbre jeu de rôle massivement multijoueur. Dans Le Monde, Corentin Lamy raconte l'histoire de Leeroy Jenkins, un personnage de loser virtuel si flamboyant que vous avez sans doute déjà entendu son nom même si vous n'avez jamais touché un jeu vidéo de votre vie. Leeroy Jenkins est un paladin, le personnage imaginé et joué par Ben Schultz, un étudiant américain. Et il est devenu célèbre en 2005, dans une vidéo d'abord partagée entre fans du jeu : on y voit un conciliabule virtuel entre une dizaine de joueurs qui élaborent une stratégie pour affronter un donjon rempli de dragonnets. D'un coup, "Leeroy se lève. Il n'a visiblement rien écouté : la légende veut que Ben Schultz, à ce moment, a abandonné son ordinateur pour se faire réchauffer un morceau de poulet. "OK les gars, on y va", lâche-t'il avant de hurler son nom comme un cri de guerre. Médusés, ses coéquipiers le regardent foncer vers une mort certaine, avant de lui emboîter le pas, pris de panique. "Game over" pour tous les joueurs, qui se mettent à l'insulter. "Au moins, j'aurai eu du poulet", lâche le principal intéressé."

Cette séquence devient immédiatement culte : les serveurs où la vidéo est hébergée plantent les uns après les autres. Sur le site WarcraftMovies, elle totalise 17 millions de vues, 70 millions sur YouTube où elle a ensuite été postée, un "Everest" pour l'époque. Le jeune homme est invité partout par l'éditeur du jeu, qui crée même une série de figurines à l'effigie de Leeroy Jenkins. Le nom du paladin est cité dans Jeopardy, ou dans des séries télé comme How I Met Your Mother et il est encore aujourd'hui célèbre dans le milieu des joueurs... Un exploit dans un monde où, douze ans après, "les gloires d'Internet se font et se défont en quelques jours".

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Pour le petit déjeuner, osez la petite tisane...

Non, je vous arrête tout de suite, ce n'est pas parce qu'on boit une tisane le matin qu'on a forcément 96 ans. Au contraire, l'infusion est en train de devenir une boisson des plus branchées... C'est même le cahier d'été de Libé qui nous l'apprend, et ils s'y connaissent. On y apprend que "le brouet longtemps associé aux grands-mères s'est réinventé en potion miracle, pour la ligne, le sommeil, la libido ou les pets intempestifs" mais surtout que l'industrie de la tisane est en plein boom. Chez la maison Dammann Frères par exemple, spécialiste en thé, elle représente 15 % des ventes et un marché "en constante évolution"... Les anciennes maisons, comme "Les Deux Marmottes" se frottent les mains (ou les pattes) et de nouveaux acteurs se lancent régulièrement. Autre idée reçue à balayer : sachez que les infusions se sirotent désormais le matin, l'été plutôt que l'hiver, et qu'elles courtisent de plus en plus le buveur mâle. "Avant, on pensait que les hommes n'aimaient que les thés forts, mais désormais ils s'intéressent aux fleurs et aux agrumes", nous explique-t-on. Je retourne donc siroter en toute virilité mon infusion à l'hibiscus.

Extrait de l'article de Libération sur les tisanes - photo par Olivier Bénis
Extrait de l'article de Libération sur les tisanes - photo par Olivier Bénis

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