(Nicolas Demorand : "L'heure de la contre-attaque a sonné pour l'Elysée")... Le moins que l'on puisse dire, c'est que le mois de mars a été difficile : défaite aux Régionales, critiques tous azimuts, et même rumeurs sur la vie privée du Président de la République... La contre-attaque orchestrée par l'Elysée passe par le terrain juridique. Les rumeurs ne resteront pas sans suites. Le NouvelObs.com, Le Monde et Rue89 évoquent cette affaire... Les ragots en tout genre couraient depuis quelque temps sur Internet. Ce qui leur a donné corps, c'est une contribution publiée sur un site en principe sérieux : celui du Journal du Dimanche. C'était dans la nuit du 8 au 9 mars. Dans la foulée, la presse internationale avait repris "l'information" (entre guillemets), parlant même du "prestigieux Journal du Dimanche". Depuis, une enquête interne a permis d'établir que l'internaute soi-disant anonyme qui avait posté sa contribution travaillait pour la filiale du groupe Lagardère qui gère les plateformes Internet : c'est l'homme chargé de faire du buzz sur Internet. Mission réussie au-delà de tous les espoirs. Il a été viré, tout comme son supérieur. Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Comme le révélait Le NouvelObs.com, le JDD va porter plainte. Il a été fortement incité par l'Elysée à le faire. Le conseiller en com' de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon, fait de ce qu'il appelle "une ignominie" un casus belli. Il s'en explique ce matin dans les colonnes de Rue89... "C'est pour signifier que maintenant, ça suffit les conneries, de la part de tous ceux qui supportent ça. C'est inadmissible. La peur doit changer de camp". La plainte est déposée pour "introduction frauduleuse de données dans un système informatique". L'enquête préliminaire est menée sous le contrôle du Parquet de Paris, dirigé par Jean-Claude Marin, le procureur de l'affaire Clearstream. Au passage, en lisant Le Figaro ce matin, on apprend qu'il a été promu Officier de la Légion d'Honneur dans la promotion de Pâques. (ND : "Et l'Elysée contre-attaque dans une autre affaire")... Deux gendarmes suspendus pour n'avoir pas respecté leur obligation de réserve... Fin mars, un chef d'escadron avait subi cette sanction pour avoir publié en 2008 une tribune contre le rattachement de la Gendarmerie au ministère de l'Intérieur. L'un de ses collègues, adjudant-chef, avait publié un poème de soutien sur le forum de l'association "Gendarmes & Citoyens". Suspendu lui aussi. Rue89 publie son texte, intitulé : "Il pleut sous nos képis". Petit extrait : "Au pays des droits de l'homme, on dénie les miens. Fidèle, loyal je suis, muet je ne suis point". Le Parisien-Aujourd'hui rappelle ce que dit la loi : "le devoir de réserve n'existe pas réellement dans les textes. En revanche, les fonctionnaires ont des obligations de discrétion, de neutralité et, dans le cas des gendarmes (qui sont des militaires), de respect de la hiérarchie et de loyauté". L'adjudant-chef n'a sans doute pas respecté tout cela. Mais sous les képis, tout de même, ça tousse. L'Association de défense des droits des militaires se dit "inquiète face à cette répression des délits d'opinion". Dans son édito du Dauphiné Libéré, Didier Pobel trouve la suspension exagérée... "Un alexandrin boiteux mérite tout au plus une bonne leçon de prosodie, pas une mise à pied". L'édito est intitulé : "La tacatacatique du poète". Un dernier mot sur la contre-attaque de l'Elysée... Elle passe aussi par le terrain politique. Remettre la sécurité au coeur du débat. Selon France-Soir, le chef de l'Etat voudrait nommer un secrétaire d'Etat à la Sécurité publique. Favori : le préfet de police de Paris, Michel Gaudin. France-Soir ne donne pas de date. (ND : "Contre-attaque aussi au sein de l'Eglise")... "L'Eglise est avec vous"... Hier matin, juste avant la messe de Pâques célébrée à Rome par Benoît XVI, le doyen des cardinaux, Mgr Sodano, s'est rangé aux côtés du Pape. "L'Eglise fait bloc autour de Benoît XVI", titre ce matin Le Figaro. Aucune allusion au scandale de la pédophilie dans les différentes interventions du Pape depuis samedi. La contre-attaque, c'est aussi une pétition qui circule sur Internet, intitulée : "Appel à la vérité"... Il y aurait plus de 10000 signataires, connus ou inconnus. L'un de ces signataires, le critique littéraire Patrick Kéchichian, s'explique sur Rue89... Il estime le traitement que la presse fait de cette affaire "démesuré : beaucoup de propos outrageants et péremptoires. On décrète une culpabilité forcément collective, conséquence directe de l'organisation hiérarchique de l'institution ecclésiale. L'Eglise n'est pas une communauté de parfaits. Elle ne s'est jamais prétendue telle. De grâce, qu'on lui fasse crédit de n'être ni sotte, ni naïve, ni aveugle". N'empêche, les propos de Mgr Sodano hier à Rome, parlant notamment des "jacasseries du moment", choquent certains éditorialistes ce matin... "Défense inacceptable" pour Dominique Garraud, dans La Charente Libre. Pour lui, c'est "le révélateur d'une religion en crise, bien au-delà de Benoît XVI". Dans Le Parisien, un évêque fait son mea culpa : c'est Mgr Gaillot... Quand il dirigeait le diocèse d'Evreux, dans les années 80, il a accueilli un prêtre américain qui avait fait de la prison pour pédophilie et qui a récidivé dans les années 90. Vous vous souvenez peut-être du procès devant la Cour d'Assises en 2005 : c'était le Père Vadeboncoeur. "A l'époque, dit Mgr Gaillot, l'Eglise fonctionnait ainsi : on vous demandait d'accueillir un prêtre indésirable et vous l'acceptiez. Dans un premier temps, je ne connaissais que très vaguement les raisons de sa condamnation. Il m'était chaudement recommandé par des laïcs et par son supérieur canadien. Pendant six mois, il était parmi nous, sans attributions précises. Les gens le trouvaient très sympa. J'ai proposé de le nommer curé. Entretemps, le supérieur canadien m'avait envoyé une deuxième lettre, dans laquelle il détaillait ce que Vadeboncoeur avait commis là-bas. Le problème, c'est que cette lettre n'est parvenue que tardivement : il était devenu très populaire". - Question du Parisien à Mgr Gaillot : "Cela pourrait-il se reproduire aujourd'hui ?". - "Je ne crois pas. Dans l'Eglise, les choses ont changé. Maintenant, on s'en remet à la justice. On sort peu à peu de cette culture du secret. On ne perd plus de temps. Si un prêtre est mis en cause, on le suspend sans le condamner, en attendant le jugement". (ND : "A la Une de Ouest-France, une tribune étonnante")... Et on va la citer un peu longuement. Parce qu'elle est signée d'un des meilleurs connaisseurs de la Chine : Jean-Luc Domenach, et que ses mots sont assez durs. C'est titré : "L'orgueil dangereux de la Chine"... "Depuis le succès de ses Jeux Olympiques et la réussite de son plan de relance économique, la Chine se comporte comme si elle était devenue la deuxième puissance mondiale... mais une puissance vaniteuse, qui manifeste ouvertement son mépris pour les pays européens, et qui sermonne ouvertement un Président américain qui a pourtant beaucoup fait pour la ménager. Les dirigeants chinois gèrent désormais leur économie pour peser sur le reste du monde". Plus loin, Jean-Luc Domenach évoque "une stratégie qui consiste à mettre à profit les ressources de tous ordres de notre monde en participant le moins possible à la protection de la paix, au risque, comme dans les affaires nord-coréenne et iranienne, d'interdire toute solution concertée. La Chine veut bien piller, au mieux acheter, mais non donner". Jean-Luc Domenach reconnaît qu'on peut trouver des excuses aux dirigeants chinois. "L'Occident a souvent traité scandaleusement mal leur pays. Leur succès repose aussi sur l'intelligence et les sacrifices. Il n'empêche : le temps est venu de changer de ton à l'égard du gouvernement chinois. S'il veut notre amitié, il faudra désormais qu'il la mérite". (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") Comme en écho à ce que l'on vient de lire, une petite brève dans Le Figaro et dans Libération... Bob Dylan annule une tournée prévue en Chine : il n'a pas reçu l'autorisation du gouvernement de Pékin. Le monde en bref, c'est encore deux informations glanées dans Le Figaro... France24 n'est plus disponible, depuis jeudi soir, en Iran... censure alors que la chaîne suit depuis le premier jour les manifestations après la Présidentielle. Et puis prière pour la pluie aujourd'hui, en Arabie Saoudite... Le roi Abdallah appellera les Saoudiens à "se repentir, pardonner, aider les autres, et faire plus d'actes pieux pour qu'Allah nous soulage de nos maux". Cela fait partie des devoirs des dirigeants musulmans de lancer un tel appel en cas de sècheresse. Deux brèves qui concernent la France... En ce lundi de Pâques, vous ne trouverez pas tous vos journaux en kiosque. Parmi les quotidiens nationaux, manquent à l'appel la presse économique, La Croix et L'Humanité. Et puis la France est toujours aussi toquée de cuisine. La preuve : le succès de l'émission "Top Chef" sur M6. C'est la finale ce soir. La précédente émission a rassemblé 4 millions de téléspectateurs. Le Parisien consacre une page entière à ce "grand soir des chefs". Le vainqueur sera donc désigné en fin de soirée. Espérons qu'il a prévu un plat léger : après le week-end de Pâques, nos foies ont besoin de se remettre... Bonne journée...

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