Patrick Cohen : Dans la presse aujourd'hui, engagement sur tous les terrains... Bruno Duvic : "En lançant ses hélicoptères et ses canons contre les forces de Laurent Gbagbo, la France ouvre un nouveau front en Afrique. Moins d'un mois après l'intervention en Libye (...) Les motifs humanitaires sont réels, il reste que Sarkozy mène la France dans deux missions périlleuses. Et dans les deux cas, les opposants seront toujours coupables aux yeux de leur population d'être arrivés au pouvoir dans les fourgons d'une armée étrangère, c'est un pêché originel". Résumé de l'éditorial de François Sergent, ce matin, dans Libération. "La France entre en guerre", titre le quotidien. Intervention menée conjointement par l'ONU et une ancienne puissance coloniale. C'est sans doute une première depuis la décolonisation. Et pourtant, la France ne souhaitait pas être engagé en Côte d'Ivoire. Mais jusqu'au bout, écrit Cyrille Louis dans Le Figaro, les deux partis qui se disputent le pouvoir à Abidjan ont tenté d'aspirer Paris dans la crise ivoirienne. Le camp Gbagbo, en attisant le sentiment anti-français. "Le génocide rwandais se prépare en Côte d'Ivoire par les hommes de Sarkozy", disait récemment la télévision d'Etat. Au même moment, les représentants d'Alassane Ouattara invitaient Paris à s'impliquer davantage. 50 ans après les indépendances des anciennes colonies, voici une nouvelle démonstration que la souveraineté africaine a des limites, analyse Patrick Fluckiger dans L'Alsace. Pierre Haski poursuit sur "Rue89" : "La France se retrouve désormais engagée dans un conflit qui mêle à la fois des aspects clairs et nets, mais aussi des aspects de guerre civile et de revanche ethnico-régionales dont les effets vont se faire sentir longtemps". … Son reportage d’Andrew Harling … Car les troupes d'Alassane Ouattara sont accusées d'avoir commis un massacre. Que s'est-il passé lors de la prise de Duékoué, cette ville de l'ouest ? Andrew Harding, l'un des correspondants de la BBC en Afrique, est allé à Duékoué, c'est son reportage que vous entendez en fond sonore. Sur les images, une ville en ruine, des corps enveloppés dans des sacs le long de la route. Des hommes de la Croix-Rouge et de l'ONU les chargent dans des camions : "cinq jours qu'on fait ce travail". On retrouve d'autres cadavres dans des buissons alentours. Les Casques Bleus font la leçon à des soldats partisans de Ouattara restés sur place : "plus de tuerie s'il vous plait !". Interrogés par le correspondant de la BBC, ils nient être responsables, accusent des milices, et essaient de minimiser le bilan des morts. La vidéo et le reportage d’Andrew Harding sont donc à voir sur le site de la BBC. Patrick Cohen : La Côte d'Ivoire à la Une, les révolutions arabes en pages intérieures des journaux... Bruno Duvic : La Libye est toujours entre deux eaux... "Négociations en coulisse avec le fils de Kadhafi", titre Le Figaro. Et du côté des insurgés, ce titre dans Le Monde : "Bengazi en quête d'une introuvable sérénité - Les tiraillements paralysent le conseil de transition". A propos de la Syrie, ce témoignage sur "Rue89", témoignage anonyme, le site le présente donc avec précaution. Un homme d'affaires franco-syrien raconte le quotidien fait de corruption sous le régime de Bachar el-Assad. Choses vues à l'aéroport de Damas : Un "fils de" est accueilli dès l'ouverture des portes de l'avion par des agents de sécurité qui lui permettent d’éviter de faire la queue et d'être fouillé. Pendant l'attente des bagages, une vieille dame qui tient à peine debout, demande à un employé de l'aider en allant lui chercher un chariot. Il refuse car elle n'a pas de Livres syriennes à lui donner. Trois mois et demi après le début des soulèvements, les bouleversements en cours recèlent encore bien des énigmes. Le Monde a demandé au spécialiste de l'islam, Gilles Kepel, un bilan. Côté positif, une page ouverte après le 11 septembre est tournée. La mouvance islamiste voit sa frange la plus radicale perdre la partie et sa frange qui accepte d'agir au sein de la société, sommée de s'adapter à la réalité démocratique. La face d'ombre de ces révolutions, poursuit Gilles Kepel, c'est qu'elles suivent des décennies de répression. Répression tellement importante qu'elle a inhibé la capacité de former des élites de substitution. Patrick Cohen : Engagement dans la presse, suite... Commentaires sur le projet du Parti socialiste... Bruno Duvic : C'est encore dans Le Monde, cette question : après trois échecs consécutifs à l'élection présidentielle, le parti socialiste a-t-il renoué avec les idées ? La réponse est plutôt "Oui"... et Les Echos saluent l'exploit réalisé par Martine Aubry : concocter un projet qui soit acceptable par toutes les composantes du parti. Il ne faut pas minimiser ce travail, poursuit Françoise Fressoz dans Le Monde. "Il souffle sur la politique, un tel vent de discrédit que la synthèse mérite un examen attentif". Le PS a travaillé durant ces années d'opposition, concède Nicolas Demorand dans Libération. Des révisions profondes, voire des mutations de doctrine apparaissent ici et là. Qui aurait pu imaginer que le PS ferait l'apologie d'une forme tempérée de protectionnisme et que sur l'école, il entérinerait l'échec démocratique de l'institution ? Au chapitre école, les socialistes proposent de la rendre obligatoire dès deux ans et de passer d'une école élitiste à une autre dont l'objectif est de faire réussir tout le monde. Vos journaux soulignent que le parti a soigné la crédibilité du projet... crédibilité économique notamment... Ca n'est pas assez pour Dominique Seux dans Les Echos. Comment jurer la main sur le coeur que les impôts n'augmenteront pas, mais anticiper 45 à 50 milliards de gains par la suppression des niches fiscales, demande-t-il. En tout cas, à l'UMP comme au PS, la rédaction des projets a commencé. Et ce sont deux hommes plutôt jeunes qui en sont chargés. Leur portrait est dans le quotidien économique. Guillaume Bachelet, 36 ans, au PS... Bruno Le Maire, 42 ans, à l'UMP. Les Echos racontent l'élaboration de ces projets côté cuisine. Des centaines de personnes consultées, des dizaines d'idées passées au trébuchet. Mais au final, bien souvent, ce ne sont que quelques mots qui font une campagne. Alors chacun cherche son thème. Les deux grands partis ont repéré cette peur des Français de voir leur pays perdu dans la mondialisation. Peur qui contribue au succès du Front National. A propos de FN, la droite coure-t-elle toujours après l'extrême droite ? Claude Guéant fait à nouveau la polémique. "L'accroissement du nombre des fidèles de l'islam et un certain nombre de leurs comportements posent problème", a-t-il lâché hier à Nantes. "Guéant et l'islam : l'huile sur le feu", titre Presse-Océan. Controverse le jour du débat sur la laïcité. Presque tous vos journaux en constatent l'échec. "Débat ravageur", titre Bruno Dive dans Sud-Ouest. L'UMP croit encore qu'elle maîtrise sa droitisation. Rien n'est moins sûr, ajoute Rémi Godeau dans l'Est-Républicain. "C'est la manip qui fait flop" pour L'Humanité. En tout cas, Claude Guéant fait encore le buzz sur Internet. Un autre homme de droite déchaîne les sarcasmes, c'est Frédéric Lefèbvre qui a confondu "Zadig" de Voltaire, le livre, et "Zadig et Voltaire", la marque de fringues. Du coup, le week-end dernier, sur Twitter, beaucoup de petits malins se sont amusés à mélanger littérature et personnage ou marque plus ou moins glamour. Anne Fulda dans Le Figaro et Didier Pobel sur son blog nous présentent un best-of... "Bel habit" de Maupassant... "La dame aux Camel light" de Dumas... "Tristes tropiques" de Claude Rica Lévi-Strauss... "Ainsi parlait Zara Thoustra"... Ou encore "Quasimodo" de Victor Hugo Boss, bien entendu ! C'est ce qui s'appelle être habillé pour le printemps... A demain !

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