La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par l’onde de choc des révélations du « Panama papers » dévoilées hier en France par le quotidien Le Monde

Une onde de choc qui a touché directement, et en premier, l’Islande…

Jean Bapstiste Chastand, envoyé spécial du Monde à Reykjavik nous raconte la manifestation monstre hier dans les rues de la capitale islandaise.Photos et videos sur le site du Guardian La cible, le premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson. Le Panama papers a révélé qu’il était le propriétaire d’une société off shore basée aux iles Vierges britanniques, sans l’avoir jamais déclarée publiquement

C'est une trahison pour les islandais…ce même Gunlaugsson était arrivé au pouvoir en 2008, après l’éclatement de la bulle bancaire qui avait mis l’économie de la petite ile au tapis, les islandais déjà étaient descendus dans la rue.

Hier donc, quelque 8000 à 20 000 manifestants, énorme pour cette ile d’à peine 329 000 habitants, ont brandi des bananes, censées symboliser les dérives des élites politiques islandaises, ont lancé du fromage blanc contre la façade du parlement, on apprend que c’est un geste de colère traditionnel sur l’île…une motion de censure a été déposée au parlement.

Pour l’instant, le premier ministre reste droit dans ses bottes, « Ce n’est pas moi, c’est ma femme a-t-il répété hier », excluant de démissionner…Mais il n’est plus soutenu par grand monde. Il a d’ailleurs rendez-vous ce matin avec son ministre des finances et leader du parti conservateur son allié jusque-là…la réunion pourrait déboucher sur sa mise à l’écart. Seul problème, nous raconte le journaliste du Monde, ce même ministre, qui a l’avenir de la coalition au pouvoir entre ses mains, est lui aussi accusé d’avoir eu une société offshore non déclaré !

Le Monde qui met à jour sur son site, les réactions ou non réactions de tous les dirigeants mis en cause par les révélations du Panama Papers. Photo impressionnante de ces personnalités à la Une du PArisien Edifiant dans la dénégation quasi unanime : silence radio pour la plupart, le roi du maroc ou le roi d’arabie saoudite, quand le porte parole du président russe dénonce lui « la poutinophobie », et que la plupart plaide « l’affaire privée », c’est le cas du président argentin, ou encore du premier ministre britannique david Cameron, ce sont leur pères qui sont cités expliquent il, pas eux.

Onde de choc donc, et des enseignements différents dans la presse ce matin après ces révélations

Le journal L’Opinion souligne tout ce qui a déjà été fait pour lutter contre l’évasion fiscale depuis 2009, et on sent l’optimisme, Libération liste les pistes pour continuer le combat, par exemple en mettant effectivement en œuvre la promesse, enterrée, du candidat Hollande de 2012, d’interdire aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. On sent plus l’attente… Libération qui raconte également les fortunes diverses connues par ces révélations à répétition, Swiss Leaks, Lux Leaks, Wikileaks…souvent, elles ont permis aux états de récupérer des espèces sonnantes et trébuchantes , 50 milliards d’euros pour les pays occidentaux, mais les lanceurs d’alerte à l’origine de ces fuites continuent de payer cher leur engagement, en témoignent les situations de Julian Assange ou Edouard Snowden, tous deux réfugiés, l’un dans l’ambassade d’Equateur à Londres l’autre à Moscou

L’Humanité enfin fait le lien avec l’économie réelle de ce « grand hold up mondial » …. Pour la seule union européenne, c’est 1000 milliards d’euros qui s’échappent. 20 000 milliards de dollars à l’échelle planétaire dit Maud Vergnol dans son édito. Ce n’est pas un « dysfonctionnement » accuse t elle, mais bien « le nerf de la guerre d’une classe sociale mobilisée au dessus de tous les états pour ne pas contribuer à la solidarité nationale ». « Attention, prévient, néanmoins Jean Françis Pécresse dans les Echos, « le Panama n’est pas le Pérou, ce ne sont pas les redressements de compte issus des comptes cachés qui combleront notre déficit » assure t il. En tout cas, pour Pascal Coquis, dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, « quand des présidents, des rois, des premiers ministres trahissent leurs peuples, c’est que le contrat social est rompu, que les fondations mêmes de notre système sont pourries »

Politique française, les primaires des différents partis, ça bouge Hélène ?

Pour les primaires à gauche, ça bouge oui, mais pas dans le bon sens, Daniel Cohn Bendit, l’un des signataires de l’appel pour une primaire des gauches et des écologistes, se dit dans le Monde ce matin, « très pessismiste »..il dénonce l’insincérité de toutes les composantes de la gauche, « le refus jusqu’à la haine contre le gouvernement, tout comme la condescendance de ce dernier face aux autres forces politiques de gauche » rendent l’organisation d’une telle primaire délicate, dit il car aujorud’hui la gauche est incapable de se rassembler. Pour Danny Cohn Bendit, un seul salut, Nicolas Hulot

Primaires américains, ça bouge aussi, à lire dans le Figaro, la mauvaise passe traversée par le candidat républicain Donald Trump, alors qu’on vote aujourd’hui dans le Wisconsin. Après une désastreuse quinzaine, où Trump a multiplié les gaffes, où il s’est aliéné le vote féminin après ses déclarations à l’emporte-pièce sur la punition que devraient assumer les femmes quand elles avortent, avant de faire marche arrière, ça patine sec. Dans une très longue interview à retrouver sur le site du Washington Post, accordé à Bob Woodward, le journaliste du Watergate, Trump à court d’argument finit par dire « quand j’aurai gagné, je serai si présidentiel que vous ne me reconnaitrez même pas ! vous allez vous endormir » insiste t il…Avant, après, pas le même homme, faut donc payer, ou en tout cas voter pour voir. Pas sûr que l’argument suffise..En tout cas le Wisconsin pourrait bien être le grain de sable susceptible de faire basculer la campagne de Donald

On termine par du cinéma et de l’humour belge

« Les visiteurs 3, la révolution », ça sort en salles demain, mais Léna Lutaud nous raconte dans le Figaro comment le producteur, Gaumont a décidé de jouer la stratégie de la cocotte minute pour faire monter la presssion, en clair, il a interdit à tous les journalistes de presse écrite de voir le film avant, histoire d’éviter les éventuelles mauvaises critiques. « C’est pas la révolution, c’est la terreur » s’est-on exclamé en Belgique où le film de Jean Marie Poiré a été déprogrammé au dernier moment du festival du film fantastique vendredi dernier à Bruxelles. Le producteur belge est marri, mais pas démuni, il a décidé d’organiser jeudi, au lendemain de la sortie nationale, une avant première. Fallait l’inventer, l’avant première au lendemain de la première

Cinéma encore, avec cette Une alléchante du magazine So Film, Pedro Almodovar sous la bannière « sa grande confession ». Ah déjà ?Pedro Almodovar, cinéaste espagnol cité dans le Panama Papers, pour avoir détenu avec son frère une société enregistrée dans les iles vierges britanniques dans les années 90. En fait, la confession est toute cinéphilique, et passionnante, mais rien à voir avec le scandale du jour. Sur le site espagnol el Confidencial, le frère d’Almodovar s’excuse d’ailleurs pour cette erreur due selon lui à un manque d’expérience dans la gestion..Encore la faute de la famille ! décidément la grande évasion est une affaire familiale

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