La revue de presse par Laetitia Gayet

Il y a bien eu un débat hier soir, entre les 11 candidats et je vais en parler. Mais depuis le début de la campagne présidentielle, nul n'en a fait le point nodal de son programme. Regrets ce matin, de Jacques Attali dans L'EXPRESS.

Il y a bien des idées lancées sur l'éducation, la francophonie... Mais c'est comme si la culture avait été définitivement remplacée par la distraction. Et pourtant, comment faire en sorte que tous les habitants de ce pays parlent tous la même langue ? Comment faire pour que notre culture continue de se nourrir des cultures venues d'ailleurs. De tout cela, nous n'avons pas parlé et c'est mauvais signe dit Jacques Attali.

La culture est un combat abonde l'hebdomadaire Le 1. Le Clézio.. prix Nobel de littérature en 2008 : La culture n'est pas un trésor figé. La culture est mouvement. Aux lycéens qu'ils rencontrent, Le Clézio donne souvent ce conseil de lecture. La déclaration d'un chef indien au président des Etats-Unis en 1854, quand on le mettait en demeure de donner les terres de son peuple après la défaite.

"Nous vous donnons cette terre, mais prenez en soin. Nous l'aimons comme un bébé aime le battement du coeur de sa mère." Cet homme n'a pas de culture livresque dit Le Clézio. Mais ce qu'il dit est magnifique. Ne nous laissons pas troubler par ces partis politiques qui misent sur les différences ethniques, qui feraient croire à la barbarie et à la chute de l'Occident.

Et pourtant la barbarie n'est pas loin.

Une photo pour s'en convaincre page 4 du FIGARO, d'Ammar Abdullah de l'agence Reuters, la même sur MEDIAPART, ou le site du NEW YORK TIMES. Un homme de dos, porte un enfant dans ses bras. Il est mort. Victime de l'attaque chimique hier, à Khan Cheikhoun en Syrie.

L'horreur dans ses pires apparats écrit Delphine Minoui dans LE FIGARO.

Mohammad raconte l'explosion au NEW YORK TIMES. Il était tout près. Il a couru. Il est arrivé dans un brouillard pas tout à fait blanc, pas tout à fait jaune. Ses yeux ont commencé à le piquer.

Son nez a commencé à couler. De la bave a coulé de sa bouche.

Une odeur mortelle décrite par deux photographes au site MAKING OF de l'AFP.

Ils se rendent à l'hôpital où sont soignées les victimes. Omar - "J’ai vu cet homme, avec sa fille. C’est ma première photo sur place. Ils ont essayé de soigner l’enfant mais elle était morte. Sur le moment j’étais concentré sur elle. Après j’ai été submergé de tristesse, et son père plus encore, il pleurait." Mohamed - "Ce qu’on ne peut pas oublier ? L’image des enfants en train de mourir, de leurs corps qui tremblent, à cause de la peur et du manque d’oxygène. Je ne peux rien faire. Mais je dois continuer à travailler pour rapporter ces crimes."

Le Conseil de sécurité de l'ONU a une résolution de la France... du Royaume-Unis et des Etats-Unis entre ses mains.

Vote prévu aujourd'hui. Moscou le dit à son tour, ce matin. L'aviation syrienne est à l'origine de cette frappe.

Cynisme de Bachar El-Assad écrit Jean-Christophe Ploquin dans LA CROIX. Il a un rapport de force favorable. Mais il ne montre aucun signe d'ouverture. Il est prêt à régner sur un champ de ruines.

Et pendant ce temps, la France débat.

Débat à 11 candidats hier soir.

Débat sans fond pour le site du MONDE ce matin.

Long formaté et parfois pénible pour LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE.

Cacophonique pour LES ECHOS.

Oui mais débat à armes égales écrit Hervé Favre dans LA VOIX DU NORD.

Denis Daumin dans LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST résume. Les téléspectateurs ont pu voir un autre visage de l'opinion. Celle que l'on entend peu. Déroutante, contradictoire, brouillonne. Elle ne manque pas d'une désarmante sincérité parfois. Nous n'étions plus habitués.

Le site LES JOURS joue le replay. Et s'amuse.

20h15. Vous serez heureux d'apprendre que les candidats ont droit à un tabouret. 20h40. Brochette des 11. Premières déclarations. Et puis tout le monde débat. 23h30. Alerte enlèvement. Un candidat a disparu : Benoît H. était habillé on ne sait même plus comment. Si vous le voyez, n’intervenez pas vous-même. 23h50. Fin de l'alerte enlèvement. Benoît Hamon a été enfin localisé. Un petit somme et le revoilà d’attaque pour s’en prendre à François Fillon sur le thème des fonctionnaires. Fillon bredouille. Et zou, c’est reparti sur Cheminade. Mais voilà qu’on nous signale une nouvelle alerte enlèvement : Emmanuel M. a disparu. Retrouvé finalement.

Conclusion de la presse ce matin.

A l'étranger, LA LIBRE BELGIQUE a trouvé Jean-Luc Mélenchon le plus convaincant, devant Emmanuel Macron.

LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE a trouvé les prestations de Jacques Cheminade, François Asselineau, Nathalie Arthaud et Marine Le Pen, décevantes. Contrairement aux autres.

Et arrive le cas Poutou qui séduit visiblement tout le monde avec ses saillies.

C'est l'irruption du réel dans la campagne pour MEDIAPART.

LE HUFFINGTON POST a noté aussi, la méthode simple du candidat NPA pour prendre conseil. Il se retourne vers son équipe de campagne. Quant à Jean Lassalle, toujours selon le HUFF POST, il a remporté la mise sur les réseaux sociaux avec son « Mes chers compatriotes » à chaque intervention.

Eux aussi seront 11 ce soir, sur le terrain.

Et nous arrêterons là, la métaphore entre débat à 11 et match de foot, qui pourtant est légion dans la presse ce matin.

Ces 11 là, ce sont les joueurs d'Avranches qui disputeront ce soir, à Caen le quart de finale de la Coupe de France contre le PSG. Deux divisions d'écart. Dominique Séverac du PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, n'a pas de doute sur l'issue de la rencontre. Il y a plus de chances que le PSG perde 6 à 1 contre le Barça, qu'Avranches ne l'élimine.

OUEST-FRANCE confirme. Avranches va affronter le Titan.

Mais les habitants d'Avranches n'en ont cure.

Ils ont affrété près de 80 bus pour aller leur équipe à Caen. Les joueurs eux, décrivent dans FRANCE-FOOTBALL, le rêve de jouer contre des stars. Julien Ricaud, le milieu défensif d'Avranches aura Thiago Motta à gérer. C'est un joueur propre, intelligent dit-il. Il n'est pas très rapide mais il compense avec d'autres qualités. Celle de filer des pains. Ce sont souvent dit-il, des fautes intelligentes qui contrarient les contre-attaques.

Un pain, donc égale faute intelligente.

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