« Selon un sondage de mai 2013 Harris interactive pour Marianne , seuls 35% des Français font confiance aux journalistes. Ils sont à peine mieux lotis que les politiques et les agents immobiliers… Principal reproche : le manque d'indépendance à l'égard du pouvoir et des partis politiques, la faible résistance aux pressions financières. S'y ajoute le sentiment du traitement inapproprié de l'information. Toujours trop ou trop peu, aux yeux de l'opinion. »

Ces quelques lignes sont extraites d'une tribune de l'universitaire Patrick Eveno dans Le Figaro , intitulée « La Fracture médiatique ».

Traitement inapproprié de l'information : « Mais on s'en fout de la prostate de Hollande ! »

Dans son édito de La République des Pyrénées , Jean-Marcel Bouguereau peste contre ces médias qui ont pissé cette information toute la journée.

« D'abord France Info, puis les réseaux sociaux, puis les urologues interviewés, puis la polémique : l'opération devait-elle être rendue publique ? Les concierges ont disparu mais les vies privées s'offrent à tous. Le système des télés d'information continue qui donne le là à l'ensemble de la presse doit être interrogé. Cette dictature de la transparence n'est-elle pas le revers d'un voyeurisme ? Comme si tout conspirait à une sorte de montée de l'insignifiance. »

Voilà l'éditorial le plus marquant sur le sujet. Mais « la ligne Bouguereau » n'a pas que des adeptes.

Dans les éditos, ce matin, c'est à peu près moitié-moitié. Moitié « on s'en fout », moitié « pour la transparence », au nom des mensonges passés, ceux de Pompidou et Mitterrand, au nom des responsabilités éminentes du président de la République, au nom de la promesse qu'il avait faite de tout dire sur son état de santé.

Etait-il président au moment de l’opération ? Non. Candidat à la présidentielle ? Même pas officiellement. Est-ce que cette grosseur masquait un cancer ? A priori non, répond Libération . Pourquoi n'a-t-il rien dit ? « A l'époque c'était un non sujet pour lui », répond un proche dans le même journal. Non sujet, même pour l'opposition. L'UMP avait eu vent de cette opération mais n'en avait rien dit, ajoute un cadre du PS dans Le Figaro .

Un dernier mot : les polémiques autour des prostates présidentielles ne datent pas d'aujourd'hui. Avant Mitterrand, de Gaulle, opéré alors qu'il était à l'Elysée en 1964. Même polémique sur la communication jugée lacunaire de la présidence rappelle Guillaume Tabard dans Le Figaro .

Le général s'en était sorti, comme toujours avec une formule : « Avant les Français me regardaient comme si j'étais la France, maintenant ils savent que je suis incontinent »

François Hollande à la Une de Libération

Tout autre sujet : « Un gendarme en Afrique ». La France s'apprête à intervenir en Centrafrique et, en quelques lignes, Maria Malagardis résume les difficultés que pourraient rapidement rencontrer les soldats français.

le séléka peine à rétablir l'ordre à bangui
le séléka peine à rétablir l'ordre à bangui © reuters

« Qui sont les bons et qui les méchants en Centrafrique ? La réponse risque de ne pas être toujours évidente. Tout le monde s'accorde sur la nécessité de rétablir la sécurité sur ce territoire grand comme la France et la Belgique réunies. Mais le dernier massacre connu suggère qu'il ne suffira pas de neutraliser les rebelles de la Séléka qui ont pris le pouvoir en mars pour mettre un terme au cycle de violence. Dans la nuit de lundi à mardi, à seulement 42 kilomètres de la capitale Bangui, des nomades peuls ont été attaqués par des milices d'autodéfense formés pour contrer les raids de la Séléka. Les peuls ciblés n'étaient pas des rebelles, ils ont pourtant été agressés à coup de machettes. Bilan 22 morts et 42 blessés. »

A l'heure où le moindre Euro compte dans le budget de beaucoup de ménages et presque de l'Etat, voici un chiffre astronomique : 1,7 milliards d’Euros. C'est le montant d'une amende record infligée par la Commission européenne à cinq banques. C'est à la Une des Echos . Entente entre ces banques pour manipuler les taux interbancaires (les taux auxquels les banques se prêtent mutuellement de l'argent).

Les traders se mettaient d’accord entre eux et avec les services dans leurs établissements qui fixaient ces taux d'intérêt. Un taux un peu plus ou plus bas permettait de gagner le pactole. Exemple de conversation saisie par la commission européenne dans Les Echos . Ca se passait par mail ou par chat.

  • Tu peux demander à tes gars de fixer un taux à 12 mois bas s'il te plait

  • Ils sont ok, ils vont te le mettre bas

  • N'hésite pas à me dire si tu as besoin de quelque chose.

Parmi les banques pénalisées, la société générale 446 millions d'Euros. L'enquête a pris deux ans. Comme dans tout bon polar, il y a une balance : deux banques qui avaient trempé dans l'affaire sont passées à table pour échapper à l'amende.

Réflexion de Guillaume Malaurie dans Les Echos . « Il est indéniable que des progrès ont été réalisés dans les 5 dernières années pour moraliser la finance. (…) On aimerait croire que ces amendes soldent les comptes d'une époque révolue. On aimerait le croire. »

Quoi d'autre dans la presse ?

On en verra beaucoup le week-end prochain lors du Téléthon et pourtant, il y a de moins en moins de bénévoles dans les associations. Résultat d'une étude dont Le Parisien se fait l'écho ce matin : 800.000 bénévoles de moins qu'il y a trois ans dans les associations.

Encore dans Le Parisien : une association dans la tourmente. Le parquet de Paris vient d'ouvrir une enquête préliminaire chez France Terre d'Asile. Suspicions de détournement de fonds publics. Visé, le directeur général Pierre Henry. Il annonce de son côté une plainte pour diffamation.

A la rubrique affaire, à la Une de Mediapart : 5 adjoints de Bertrand Delanoé à la mairie de Paris vivent dans des logements sociaux. Rien d'illégal, ils avaient obtenu leur logement avant l'élection en 2001 et ils répondaient au critère. Auraient-ils dû quitter leur logement lorsqu'ils sont devenus adjoints au maire, et ont donc bénéficié d’une rémunération qui permet de se loger dans le privé ? Question posée par cet article.

Newsweek , retour en kiosque. Il n'existait plus qu'en numérique. La version papier de l'hebdomadaire américain fera son retour en kiosque en janvier ou février, selon Le Figaro .

Et la santé des puissants, suite...

Francesac Pascale et Dudu
Francesac Pascale et Dudu © Reuters

Beaucoup plus grave que tout ce qu'on évoquait tout à l'heure : Dudu, le caniche blanc de Silvio Berlusconi, est-il maltraité ? Dans la série « débat médiatique de haute volée », l'Italie nous bat à plates coutures. A l'origine de cette sombre affaire racontée par Eric Jozsef dans Libération , des témoignages anonymes : Dudu serait déprimé et mal nourri - trop de petits fours. Une association de défense des animaux s'est mise sur l'affaire. Le Cavaliere risque une inspection des services sanitaires.

Les animaux dans le débat public. Après tout, il y avait bien des poules devant l'assemblée nationales hier. Et il y a bien un chien à lunettes à la Une du Point cette semaine. Dossier sur le thème « les animaux sont formidables ». Vous saurez tout sur l'otarie forte en math, le corbeau bricoleur, le singe secouristes et le poulpe dévisseur de bocaux. « Plus la science révèle leurs étonnantes capacités, plus la question de leur statut dans la société devient brulante », écrit Le Point .

Reste cette question, qui mérite bien une édition spéciale : fallait-il donne des petits fours à Dudu ?

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