Et c’est dans le Figaro… et cette circonstance est heureuse, ce matin où nous déplorons la mort de Jean d’Ormesson… Le Figaro, le grand journal de la droite française, ce fut son journal… Et nous en reparlerons sur cette antenne tout au long de la journée…

Le Figaro donc, qui consacre à Donald Trump un dossier clivé… et dialectique. Les deux premières pages du journal racontent le monde de la norme et de la justice, et dans ce monde, Donald Trump s'est mis dans de gros ennuis. Il est menacé d’être accusé d'obstacle à la justice, un crime fédéral, et le Figaro ne lui passe rien, ni ses liens avec la Russie, ni ses possibles dérèglements mentaux, et brosse le portrait, façon incorruptibles, des enquêteurs qui  menacent le Président, emmenés par l'incorruptible vétéran Robert S. Mueller, ancien marine 73 ans, décoré au Vietnam, "le sphinx", dit le Figaro! 

Et puis, on tourne la page et, page 3 du Figaro, on est à Martinsburg,  en Virginie occidentale, où les mamies aiment leur président et boivent dans des mugs  «Make America Great Again»... C'est attendrissant et triste à pleurer...  Parce que Martinsburg est une ville détruite... qui suinte la pauvreté et l'abandon, dont les anciennes filatures rouillent, où l'on meurt d'overdose... Mais cette misère se retrouve en Trump... Le Figaro a rencontré Tim Muggit dans sa ferme, "encadré par deux chiens féroces, le fusil à la main", Tim qui dit: « Le président nous a réveillés. C'est la première fois qu'il y a quelqu'un à la Maison-Blanche qui représente vraiment les gens comme moi"

Et tout est raconté... Il y a deux Amériques et l'histoire n'ets pas finie...

Et cette opposition est aussi une histoire française

Et c'est encore dans le figaro... Dans les pages débats... deux textes, qui ne sont pas là par hasard. Le premier est d'un essayiste, Edouard Tétrau, qui  avertit Trump est encore populaire, et Trump est l'enfant d'Obama, qui avait  réussi économiquement mais qui s'adressait "essentiellement aux minorité » et avait oublié les autres, « les petits blancs... " 

Et c'est une leçon pour Emmanuel Macron... Le Trump de Macron n'existe pas encore, mais....  Mais. 

Dans les mêmes pages, un journaliste, Gérald Andrieu, qui vient d'explorer la « France de la frontière » dans un livre remarqué invite Macron à l'accompagner sur les trottoirs du pays... "Dans les rues de Bitche, en Moselle il verrait comment ses prédécesseurs ont laissé crever les centres-villes", sur les trottoirs de Givet "dans les Ardennes, il découvrirait comment l'ouverture au libre-échange du secteur textile a eu la peau de Cellatex, une filature mythique."

Tout ceci est dans le Figaro... qui relaie la voix d'une droite anti libérale... et c'est passionnant... 

Dans le Monde,  deux pages posent les débats autour de Laurent Wauquiez, est-ce lui le Trump de Macron? Est-il un réactionnaire, un identitariste, un conservateur? On lit ceci sous la plume d'une essayiste, Béatrice Levet...  "Il a décidé de répondre non seulement au désarroi économique des classes populaires, mais (aussi) à leur insécurité culturelle", il est le porte-voix  "de la résistance que le peuple oppose à la conversion de la France au multiculturalisme"... 

On lit tout cela en haut lieu. Les échos racontent qu'on hésite, autour d'Emmanuel Macron. "Jusqu'où aller pour empêcher Laurent Wauquiez"... Le Président, qui mène déjà "la politique économique dont rêvaient les électeurs de droite" doit aussi durcir le ton sur  les sujets de société et l'immigration...? C'est un dilemme exposé par Cécile Cornudet, dont l'éditorial, chaque jour, est l'analyse la plus fine des tendances politiques... Trump et Wauquiez vont-ils faire changer Macron? 

Une femme puissante a aussi des problèmes

Theresa May qu'un éditorial du Financial Times démolit avec des mots glacés... Theresa May qui a vu son  allié, un petit parti unioniste d'irlande du Nord bloquer l'accord qu'elle préparait avec l'Europe... Les unionistes ne veulent pas que l'Irlande du Nord reste "alignée" sur les règles européennes... 

On réalise alors, ce que perd le Royaume Uni avec ce Brexit... 

On lit dans les Echos que les bureaux les plus chers du monde ne sont plus à Londres, et ce titre étrange marquait la puissance d'une place financière.

On lit dans le New York Times (dans le supplément du New York times vendu avec Libération) que les européens quittent le royaume uni par dizaines de milliers, et les hôpitaux sont en manque de personnel... 

On imagine déjà, nous Français en tirer une gloire...  La croix constate la baisse des investissement au Royaume Uni, et célèbre le retour des investisseurs, chez nous, la fin du French bashing et l'arrivée d'un effet Macron... 

C'est la bonne nouvelle, qui irradie

Le républicain lorrain raconte un renouveau industriel à Tremery, où le groupe PSA va assembler ses moteurs électriques... L'Est républicain raconte que le même groupe PSA organise à Obernai un géant des pièces détachées... Le même journal décrit la ruche d'une plateforme Amazon avant Noel en Saône-et-Loire, et on apprend qu'un français, employé d'Amazon à Orléans, a inventé une machine à découper le scotch utilisée par la multinationale dans le monde entier...

Nous rayonnons. Mais en même temps, bizarre, bizarre, aurait dit Louis Jouvet... 

Le Monde publie un article curieux sur les descendants de la famille Bonaparte, et l'on apprend que l'héritier légitime... vit à Londres ! Jean-Christophe Albéric Ferdinand Napoléon Bonaparte, l'arrière-arrière-arrière-petit-neveu du vainqueur d'Austerlitz, 31 ans, travaille dans la finance et du coup parle avec un léger -accent américain... 

Jean d’Ormesson, qui nous quitte et qui alliait le bonheur de vivre à la malice des mots, l'aurait regretté mieux que moi.

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