Une défaite française maquillée de mots sucrés dans les Echos, quand la taxation européenne des géants d'internet sera vidée de sa substance pour complaire à l'Allemagne. François Ruffin dit aux Inrockuptibles sa bagarre pour que les Insoumis arrachent les gilets jaunes aux clichés des "beaufs fachos".

On parle d'une colère qui ne s'apaise pas...  

Et cette colère fera silence à Marseille, à 9h05 exactement dans un "deuil citoyen". Huit minutes de silence, "huit minutes pour huit marseillais" dit Libération, morts il y aura exactement un mois, le 5 novembre à 9h05 dans l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne, quand la mort a pris Ouloume qui vivait en faisant la plonge dans un restaurant, et revenait d'emmener son fils à l'école, et Marie-Emmanuelle qui était artiste et dont la maman a fait un avec et est morte à son tour en voyant à la télévision l'immeuble effondré de sa fille... 

Libération parle des victimes, mais il s'agit à Marseille d'un soulèvement...  On lit cela chaque jour dans la Provence et la Marseillaise, le quotidien de gauche qui a lancé une campagne "balance ton taudis", ce matin cet immeuble où l'on vit dans les crottes de souris... On tient la chronique des évacuations plus de 1500 personnes sorties de chez elles et parmi elles, Sylvaine qui retient ses larmes dans la Provence, évacuée d'un immeuble du quartier Longchamps,  car dans les beaux quartiers, "les façades sont trompeuses",  car à Marseille, tout est lézardé, et même les consciences.   

Sur internet, MarsActu raconte ces ventes aux enchères de logements indignes, qui sont en fait une bonne affaire: on visite un appartement qui sera mise en vente demain au TGI de Marseille,  “pas plus de cinq personnes, le plancher n’est pas en bon état, j’ai peur que ça s’effondre“ dit l'huissier , oui mais il est mis à prix à 150 euros le m²... Le mensuel marseillais CQFD, en kiosque après-demain, scande ses pages des "Gaudin assassin" qu'on entendait dans des manifestations visant le vieux maire et CQFD se demande si la catastrophe de la rue d'Aubagne ne sera pas une aubaine pour gentrifier un quartier populaire.. Dans la Provence, l'anthropologue Michel Peraldi, décrit tout un système politique marseillais devenu inopérant, face à une colère que les responsables n'attendaient pas...   Et ce peuple marseillais blessé et sans débouché, semble aussi parler de notre crise nationale...  

Et les journaux doutent de l'apaisement après les annonces du gouvernement

Les titres sont le reflet des barrages qui se maintenaient hier, "c'est mal barré", Var matin, "ils ne rangent pas le gilet", l'Ardennais; la République des Pyrénées et Sud Ouest, édition du Béarn, titrent sur une matinée d'émeutes à Pau autour des manifestations lycéennes,car la crise est vaste... Et le pouvoir reste une cible! Vous verrez sur le site de l'Eveil, journal de la Haute-Loire, la visite crépusculaire du Président de la république au Puy en Velay . "On vieillit vite au pouvoir dans une France enfiévrée", constate l'éditorialiste des échos Cécile Cornudet, on vieillit vite et au fait à quoi sert-on...  

Dans les Echos encore on me raconte depuis Bruxelles une défaite française maquillée de mot sucrés, comme "compromis"! Notre pays poussait pour une taxation des Gafa, les géants d'internet, elle existera peut-être, mais largement vidée de sa substance, on ne taxera pas la vente des données en ligne et amazon et uber seront épargnée, il fallait cela pour que l'Allemagne nous soutienne, pauvre Allemagne paralysée par la crainte, que l'Amérique se venge sur ses automobiles!  Et cette histoire d'un impôt avorté sur les puissants, rend d'autant plus curieux nos débats, sur ces taxes des pauvres...  

Dans les Echos toujours, une grande historienne, Danielle Tartakowsky, donne sa clé de la crise des gilets jaunes -la France ne sait pas retrouver un compromis social. Mais au-delà, la présence dans un quotidien de référence capitaliste de cette grande intellectuelle référence de gauche, dit le bouleversement mental que la crise provoque.  Le Figaro, grand journal des droites, est partagé entre le populisme, que professe sa jeune garde du site de débat, FigaroVox, où le soutien aux gilets jaunes n'est pas mesuré, et un retour à l'ordre. L'éditorial  de Une, "Jeu dangereux" s'en prend aux gilets jaunes qui s'obstinent à "défier le pouvoir", et dans les pages opinion, Hugues Moutouh, homme fort du ministère de l'intérieur sous le quinquennat Sarkozy, dénonce la complaisance envers la violence, et Jean-Robert Pitte, président de la Société de géographie, et secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques, regrette que la France, où existe "un Etat-providence sans équivalent", soit "dépeinte comme un enfer social"...  

Il n'est pas qu'à droite... Dans les Inrockuptibles, François Ruffin dit les débats qui ont traversé la France insoumise autour des gilets jaunes, et comment lui et Mélenchon ont voulu les accompagner, pour que ces gilets  jaunes ne restent pas "les beaufs, les fachos, les anti-écolos, les neuneus, les Deschiens, les mecs qui n'ont rien compris et à qui il faut expliquer que leur bagnole pollue"... "Dans ce cas-là c'était terminé entre la gauche et les classes  populaires"...   

Voulez-vous lire une histoire de peuple et de trahison, et d'aveuglement, et du peuple aussi? Elle est dans le Monde, dans l'Aude dans la vallée de l'Orbiel où une ancienne mine d'or, qui  fut fermée en 2004, empoisonne les sols de ses déchets... L'eau charrie de l'arsenic, et chacun s'en moque ou fait mine de s'en moquer... Il ne faudrait pas manger trop de salades du jardin, on en mange, on en meurt ou en mourra du cancer, un jour, criera-t-on?    

Et de la musique pour finir... 

Avec un film qui sort aujourd'hui, sur ces jeunes gens qui faisaient du rock pour être libre dans l'Union soviétique mourante des années 80, "le rock se lève à l'Est", titrent ensemble le Figaro et Libération à propos de Leto, de Kiril Serebrennikov dont le Monde nous dit l'odyssée, ce contestataire et homosexuel est accusé de détournements de fonds, il vit et travaille en résidence surveillée dans la Russie de Poutine, il n'a pourtant filmé ici qu'une histoire d'amour et de musique. Télérama nous chante la saga du rock russe, cette respiration. En Chine, les universités étouffent sous le poids du pouvoir, c'est dans Libération. 

Une lettre d'Albert Einstein vient d'être vendue aux enchères, 2.89 millions de dollars chez Christie's, hier à Londres, c'est dans le Monde, où il proclamait que pour lui, Dieu, avait fini par ne pas exister, mais il croyait en l'harmonie de l'humanité. La Croix raconte dans un cahier spécial ces hommes pour qui Dieu existait et justifiait l'amour des hommes, ces prêtres tués en Algérie de la sale guerre. Ils ne sont pas si éloignés.

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