Si le Canard enchainé dit vrai, voilà une nouvelle promesse non tenue pour le gouvernement.

L'hebdomadaire rappelle cette semaine les déclarations de Christiane Taubira la ministre de la Justice, sur l'indépendance du ministère public, les procureurs. "La loi du 25 juillet 2013 prohibe les instructions individuelles, c'est une conviction démocratique. Nous estimons que le ministère public doit être effectivement placé dans la situation de totale impartialité, de neutralité. »

Une canrad
Une canrad © Radio France

Alors que s'est-il passé le 27 janvier au ministère de la Justice ? Voilà la version du Canard . Le procureur général de Paris, François Falletti reçoit un coup de fil de la chancellerie. Il est prié de se rendre le jour même à 19 heures au ministère. L'attendent la directrice et le directeur adjoint du cabinet de la ministre.

Il se présente à l'heure dite, accompagné de son épouse, comme toujours, puisque François Falletti est aveugle. Les deux collaborateurs de la ministre demandent à son épouse de rester dans le couloir, puis, toujours selon le Canard, lui tiennent ce discours :

"La ministre souhaite que vous quittiez vos fonctions. Elle désire vous remplacer par quelqu'un de sa sensibilité politique". Et on lui propose de devenir premier avocat général à la Cour de cassation. Joli poste, mais nettement moins de pouvoir. Le marché est clair, écrit encore Dominique Simonnot dans le journal : Faletti doit "démissionner" de lui même à 15 mois à peine de sa retraite."

Chose extrêmement rare, en réponse, le procureur général de Paris a adressé une lettre à la garde des sceaux. Et cette lettre a « fuité » Le Figaro se l'est procurée. "Je ne puis que m'étonner d'une telle démarche", écrit notamment le procureur général. Copie est envoyée au Conseil supérieur de la magistrature.

On vous parlait de cette histoire dans le journal de 8 heures. De son côté l'entretien confirme l'entretien, assurant que le rendez vous avait été pris plusieurs jours à l'avance. On réfute toute intention de « limoger » François Falletti. Puisqu'il a refusé le poste à la cour de cassation, il restera procureur général.

Sur Rue89 , un centre très commercial très surveillé

C'est l'un de ces monstres où nous allons tous, au moins de temps en temps, faire nos courses. La vie quotidienne...

Centre commercial Leclerc, à Saint Médard-en-Jalles en Gironde. 500 salariés, il fait partie du top 10 des magasins Leclerc, précise le site. La commission national informatique et liberté vient de le prier de remettre de l'ordre dans son système de surveillance.

138 caméras, 28 lecteurs d'empreintes digitales dans le centre. Et plusieurs points plus que litigieux selon la Cnil.

Les lecteurs d'empreintes digitales servent pour les salariés. C'est le système de reconnaissance pour avoir accès au centre. Les empreintes doivent être effacées a leur départ, mais la société oublie régulièrement de nettoyer ses archives.

138 caméras, il y en a aux caisses, dans les rayons, dans la galerie, dans le parking. Mais certaines filment aussi des lieux non ouverts au public : des postes de travail, l'accès à la salle de pause des employés. L'image et le son dans le local d'interpellation du centre commercial. Rien ne l'indique. Des caméras encore, dans le laboratoire de la boulangerie. Explication fournie à la Cnil : une fois, une vis était tombée dans le pétrin.

Le centre a deux mois pour renoncer aux dispositifs illégaux, sous menace de sanctions.

La Cnil, précise rue89 , n'était pas obligée de rendre publique sa décision. Elle le fait notamment parce que les dispositifs de surveillance se sont multipliés ces dernières années dans les entreprises en particulier les grandes surfaces.

Quoi d'autre dans la presse ?

Une inrocks
Une inrocks © Radio France

Impasse de la transparence. « Paparazzi, voyeurs, voleurs et artistes », dossier dans Les Inrockuptibles à l'occasion d'une exposition au centre Pompidou Metz. Edito de Frédéric Bonnaud : les paparazzis répondent « à notre irrépressible désir de voir, auquel répond à son tour le marché des célébrités. La visibilité est devenue un capital qu'il s'agit de faire fructifier quand on est dépourvu d'autres talents. Etre traqué par les paparazzis en dit beaucoup sur le statut social, la séparation de plus en plus marquée entre ceux qui ont le droit d'être vus et les autres, condamnés à l'invisibilité. »

« Recul des côtes, l'état d'urgence ». C'est la Une de La Croix en ces temps d'alerte vague submersion. D'ici à 2040, selon certaines projections reprises par le journal, l'océan va avaler plus de 2000 hectares dans le bassin aquitain, dont 8% sont des zones d'habitat.

Une parisien
Une parisien © Radio France

« Petits patrons, le tabou du suicide ». Manchette du Parisien-Aujourd’hui en France en ce journée de prévention du suicide.

Le recul sur le projet de loi famille, toujours très critiqué à gauche. « Familles, pourquoi Hollande s'est couché », titre Libération . « Hollande, la honte de la famille » à la Une de L'Humanité . Pléiade de dessins dans Le Canard enchainé : François Hollande, dessiné par Lefred Thouron, « On repousse le projet, la famille ça ne me passionne pas en ce moment. »

Les rumeurs à l'école vues par Pétillon.

« - C'est un scandale !, dit une dame qui ressemble à Christine Boutin, ils veulent enseigner la masturbation à l'école !

Une autre bourgeoise, cramponnée à son sac à main, lui répond :

  • C'est vrai que ça s'apprend tout seul. »

La presse satirique qui rend hommage à Cavanna. Numéro spécial de Siné , Cavanna, tout nu en couverture.

Une Charlie
Une Charlie © Radio France

Et très beau numéro hommage de Charlie Hebdo . Dessin de Riss en dernière page. Un chien content tient un os dans sa gueule. « Cavanna éternel ami des bêtes. Il m'a légué son fémur ».

Et surtout, dans un cahier central, Charlie publie tout une série de textes du dessinateur écrivain, pas si bête et méchant que cela.

Un texte en particulier qu'on l'on aurait aimé lire ces derniers mois, pour animer le débat, entre les bananes brandies devant Christiane Taubira et l'affaire Dieudonné.

C'est titré, de manière à peine provocatrice, « Rouvrez Auschwitz ».

« Soyons un grand garçon, regardons nous devant la glace... Le raciste, c'est l'autre, d'accord, mais c'est bien aussi toi, un peu.

On ne nait peut être pas raciste, mais on nait avec tout ce qu'il faut pour le devenir. Le racisme est naturel. C'est l'antiracisme qui ne l'est pas. La nature est injuste ou plutôt la nature s'en fout. La notion de justice est humaine, purement humaine, rien de plus artificiel. Or la nature cherche toujours à reprendre le dessus. Elle guette le trou, la défaillance.

Il faudrait en finir avec les notions pleurnichardes et moralisantes qui ont conduit la gauche là où elle est, dans une sacristie. Il n'y a ni bien ni mal ou alors nous voilà en train de bruler des cierges et si c'est comme ça, moi je m'en vais. Il est normal, naturel, spontané d'être injuste ou plutôt indifférent à tout ce qui n'est pas soi et merde à Rousseau. Nous naissons bardés d'instincts, de tropismes, de pulsions.

Deuxième mouvement : on n'est pas seul. Si l'on survit c'est qu'on fait partie d'un groupe. La vie en groupe entraine des contraintes. Juguler son spontané pour adopter un comportement plus compatible avec la vie en société c'est l'essence même de la démocratie.

La démocratie s'acquiert, s'apprend, n'est jamais acquise, nécessite un effort constant, une vigilance incessante. Une information tenue à jour.

(…)

En somme, le racisme, t'es plutôt contre ? Ben voilà. »

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