Et elles le disent au Financial Times qui en fait son premier titre ce matin... Le grand quotidien de la Finance internationale, et donc il se passe quelque chose...

Une directive européenne: Open banking, la banque ouverte, va forcer les banques à rendre publiques les données de leurs clients qui l'autorisent, et les Google Amazon Facebook Apple pourraient en profiter pour prêter de l'argent à la place des banques... ET LES REMPLACER... 

Tout ceci n'est pas nouveau... Sur le site de la Tribune en juin -bon repère la tribune- on apprenait que Amazon avait prêté plus de 3 milliards de dollars à plus de 20.000 PME, depuis le lancement de son programme Amazon lending en 2011... Et s'il n'y avait que les banques... On racontait en janvier sur le journal du net, que Amazon recrutait des professionnels de l'assurance... 

Tout ceci n'est pas nouveau... MAIS LA C’EST LE FINANCIAL TIMES, autant dire un avis de péril officiel, les banques ont peur comme le simple citoyen et le appellent au G20, à l'assemblée des puissants du monde pour  imposer des lois aux géants... Il est temps, les GAFA jouent un rôle systémique, disent les échos, éditorial de David Barroux, il faut les encadrer... 

Réguler donc, mais qui en est capable, et à quelle fin?  

Dans le FT encore, on raconte que la Banque centrale chinoise se bat contre Tencent et Alibaba, les géants locaux d'internet. L'enjeu est le Crédit social, explication... A partir du comportements des consommateurs sur internet, on peut évaluer leur crédibilité financière, leur fiabilité, voire leur honnêteté... Tencent et Alibaba organisent l'évaluation de leurs clients et la banque centrale les freine, parce qu'elle veut lancer son propre système d'évaluation... L'Etat ne veut pas limiter internet, il lui fait concurrence pour contrôler la société... C'est en Chine, mais à qui se fier?

Et l'opinion fait parler une femme, qui n'a pas peur des géants de la technologie 

Elle est danoise et commissaire européenne à la concurrence, et  nous dit que la politique est encore là pour NOUS

Donc Margrethe Vestager,  49 ans, qui  a mis à l'amende les multinationales pour quelques 7 milliards d'euros cumulés, et qui dit ceci à l'opinion, "le pouvoir devrait être vu comme un outil qui vous serait prêté".

Elle explique l'enjeu de la protection des données personnelles, elle décrit la menace des réseaux sociaux pour le débat démocratique... 

L’idée même de la démocratie prend racine dans un espace public commun, où nous construisons une compréhension commune de notre réalité. Si vous n’avez que votre propre petite réalité, construite par vos sites d’informations préférés, dont une partie pourrait être des fake news...

Elle explique aussi l'enjeu de la taxation des multinationales... 

Les citoyens qui avait accepté de lourds efforts se sont soudainement rendus compte que les entreprises ne payaient pas d‘impôts, ajoutant l’insulte à la douleur.

C'est beau, la politique, quand on y entend une morale, et nous sommes chanceux, européens, d'être danois? 

Dans la revue Usbek et Rica, on rencontre un autre danois, Casper Klynge, il est l'ambassadeur depuis cet été du Danemark auprès de la High tech... le premier du genre... "Les Gafa ont une valeur équivalent au PIB de la France" dit-il, autant ne pas se voiler la face. On a avec Casper le complément de Magrethe, elle s'oppose et lui dialogue ou essaye. 

Il raconte ses premières expériences dans la Silicon Valley, "un monde inspirant, unique, fascinant et légèrement terrifiant",  il a été reçu avec courtoisie par IBM, vieille entreprise du monde ancien, mais peine encore à être considéré par les nouveaux géants, ils y viendront, ou se croient au-dessus de l'humanité? 

Usbek et Rica parle de l'ambition démesurée de la technologie, quand le transhumanisme veut refonder l'homme et surpasser les religions. Mais on  rencontre un français, le père Salobir, dominicain d'influence qui confronte la foi et l'Eglise et le Pape lui-même avec la Silicon valley... Le père Salobir qui prêche ainsi;

Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé.

Entends-tu Amazon? 

Et la Corse intéresse les journaux

A la veille du déplacement d'Emmanuel Macron, 20 ans après l'assassinat du Préfet Erignac à Ajaccio, et Le Figaro et Corse Matin racontent le traumatisme jamais guéri, et aussi les débats sur la place de la Corse dans la Nation. On lira avec avantage dans Libération l'interview de Jean-Claude Casanova,  ancien directeur de la revue Commentaire; qui est pour une large autonomie mais pas seulement pour les siens, mais n'en pleure pas.  

Les Corses n’ont aucun doute sur leur existence. Je suis né en Corse de parents corses, j’y vis une partie de l’année, je suis corse, français et européen, je n’ai pas besoin que quelqu’un d’autre m’en assure. Et nous ne sommes pas non plus des enfants maltraités dont il faudrait reconnaître le malheur...

On lit aussi dans Corse matin l'histoire d'un homme qui vivait dans une voiture abandonnée, sauvé par un chef d'entreprise échoué sur un parking à la défaveur d'une panne d'essence, qui a relogé le SDF dans sa caravane.

L'humanité est une histoire universelle... Elle se trouve chez ce patron corse comme chez ces sauveteurs de migrants que le site Les Jours racontent, en Grèce, à Lesbos... 

Le plus dur, c’est quand tu n’arrives pas à sauver tout le monde. Quand tu plonges pour en sortir un de l’eau mais que tu vois qu’à côté un autre se noie. Quand c’est fini, tu ne te souviens pas des dix qui sont vivants mais des dix autres que tu n’as pas réussi à sauver. 

Il y a dans l'actualité d'étranges fraternités. On lit dans La voix du Nord d'autres noyés, un couple qui se promenait sur la place à Berk, hier, et qui a été surpris par la marée, et qui a été emporté devant la foule impuissante... Ils avaient alerté en vain avec leur téléphone portable, témoignage dérisoire de notre technologie. 

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