Difficile, pour la presse écrite, pour cause de délai de bouclage, d'être au coeur de l'événement qui se déroule ce matin à l'hôpital Hadassah de Jérusalem, où Ariel Sharon est dans un état préoccupant... Car la situation évolue vite... Seul "Libération" fait sa Une sur l'état de santé du Premier ministre israélien, sous le titre : "Etat critique pour Sharon"... Ce qui était le cas en début de nuit, au moment du bouclage, et qui l'est encore au moment où nous parlons. Alors, allons en Israël, où nous attend notre correspondante Danièle Tabor... * Bonjour... Comment la presse israélienne traite-t-elle l'événement, ce matin ?... Quel est le ton employé ?... Et est-ce que les journaux apportent des événements nouveaux ?... Merci, Danièle Tabor... Ici, en France, le fait d'actualité le plus commenté, le plus traité, c'est l'attaque du train Lyon-Nice, avec des précisions sur les faits, et beaucoup de commentaires face à la polémique générée par cet épisode... Les titres attestent du malaise... D'abord dans la presse régionale... La presse du sud de la France... "Saccage du train : affaire d'Etat", à la Une de "La Provence"... "L'inadmissible affaire du train Nice-Lyon", pour "Le Midi Libre"... Ou "Le train de la honte", pour "La Dépêche du Midi". Même ambiance du côté des quotidiens nationaux... "Train de l'enfer : c'est la police qui déraille", titre "France Soir"... Alors que "Libé" évoque les questions qu'on est en droit de se poser sur un Far-West. C'est qu'il ne s'agit pas d'un fait-divers banal, comme l'écrit Hubert Coudurier dans "Le Télégramme"... Mais d'un dérapage généralisé... Dérapage symptomatique d'une certaine déliquescence sociale, où le pire peut arriver quand personne ne prend ses responsabilités. Oui, la grande défausse, reprend "Le Figaro"... La honte, ajoute Jacques Camus dans "La République du Centre"... Honte pour une société démocratique, revenue au temps des diligences... Honte, surtout, de voir responsables politiques, administratifs ou civils se rejeter, après coup, la responsabilité des faits. Les ingrédients de la polémique, "L'Humanité" les résume en quelques mots : "Les exactions commises dans le train révèlent l'inanité de la politique Sarkozy, le manque d'effectifs et l'imprévoyance de la direction de la SNCF". A ce propos, "France Soir" publie la lettre que le syndicat SUD-Rail a envoyée au président de la région PACA, le 21 décembre... Elle disait ceci. "Monsieur le président : cette année, vous avez décidé de renouveler l'offre de billets à 1 euro 20 dans les trains régionaux entre le 31 décembre et le 1er janvier. Or, les actes de malveillance et d'incivilités sont légion lors de cette période... Les cheminots n'ont eu de cesse de dénoncer cette situation, qui est le résultat de cette offre commerciale. Il convient donc de mettre en pla ce les moyens nécessaires pour garantir la sécurité des voyageurs, pour que cette offre, commerciale mais louable, du billet à 1 euro 20 soit une totale réussite". On connaît la suite. Ce qui créé le malaise, c'est surtout ce côté "c'est pas moi, c'est l'autre"... Cette façon de se rejeter la faute...Comme par exemple ce cadre de la SNCF, dont "Libération" rapporte les propos : "Les CRS ont conduit dans le train cent jeunes bourrés et leur ont dit "bon voyage"... Alors qu'on ne vienne pas nous dire que la police n'était pas prévenue. Et puis au fil des jours, on en apprend un peu plus sur ce qui s'est passé le week-end dernier... Avec ces témoignages dans "Le Figaro" par exemple, où des voyageurs parlent d'équipées sauvages criant "on va te faire la peau"... On parle aussi d'attouchements sur une jeune femme ... Alors que sous le titre "Toute la vérité sur un vrai scandale", "Le Parisien" apporte lui aussi ses précisions, avec le récit d'une hôtelière, à qui des voyageurs sont venus confier les moments douloureux qu'ils ont passés dans le train... Selon ces témoignages, les voyous étaient une bonne trentaine... Dès le départ, à Nice, ils s'en sont pris à presque tous les voyageurs, les insultant, les brutalisant... Et plus particulièrement les personnes âgées... Ils ont obligé certains passagers à leur remettre leurs bijoux et l'argent liquide qu'ils avaient avec eux... C'était du racket en public. Voilà... Les mots les plus forts sont employés ce matin dans vos journaux, comme celui de "cauchemar", ou cette comparaison, assez répandue dans la presse aujourd'hui : "Orange mécanique"... Alors attention, écrit Patrick Sabatier dans "Libération"... Bien sûr, il s'est passé quelque chose de grave dans le TER Nice-Lyon... Mais on ne sait pas quoi exactement... Nous sommes très loin d'un remake méridional d'"Orange mécanique"... Attention surtout, poursuit Patrick Sabatier, à l'exploitation, par les politiques, de cet événement... A dégainer très vite en paroles pour jouer les shérifs, on risque de se tirer une balle dans le pied... Cette petite délinquance est certes préoccupante... Mais la dégradation du discours politique, qui en rajoute sur l'insécurité, l'est aussi. Les voeux de Jacques Chirac... Quand le Président fait voeu de tout bois, comme le titre "Libération"... Effectivement... La bonne année du Président, c'est en veux-tu en voilà ce matin, sur le thème "Jacques Chirac peaufine son image... "Voyez comme je suis en forme"... C'est un Président bronzé et sans lunettes qu'on a vu pour cette présentation des voeux retransmise en direct, note Bruno Jeudy dans "Le Figaro"... Effectivement, Jacques Chirac refuse d'être marginalisé, titre "Le Parisien"... Il peaufine son nouveau rôle, estime "L'Humanité", pour qui Jacques Chirac se veut, en fin de mandat, le Président de l'égalité des chances... Oui, le regain de volontarisme dont fait preuve le Président illustre sa volonté d'occuper le terrain, d'animer le théâtre de la parole... Bref, se montrer en chef d'Etat actif, faute d'être un candidat crédible pour un nouveau mandat, analyse Jean-Yves Boulic, de "Ouest France". Et notre confrère ajoute une autre raison au comportement de Jacques Chirac : "La concurrrence des célébrations très médiatisées du 10ème anniversaire de la mort de François Mitterrand"... Et c'est vrai que François Mitterrand, c'est aussi "en veux-tu en voilà"... Dans les hebdos notamment, avec un numéro spécial de 24 pages dans "Le Nouvel Obs", où un sondage SOFRES le place cette fois en deuxième position des Présidents préférés des Français, derrière le général de Gaulle... Numéro spécial également dans "Le Point", sous le titre "Le culte de Mitterrand"... Dans "L'Express" aussi, qui s'intéresse au rapport que l'ancien Président entretenait avec les livres... Alors que "Paris Match" se penche sur l'autre passion de François Mitterrand : les voyages. "Paris Match" qui ne fait pas sa Une sur François Mitterrand, et pour cause... Il a d'autres chats à fouetter, si j'ose dire... Pour avoir révélé l'existence de son fils, que le prince Albert de Monaco a lui-même reconnu quelques jours plus tard... "Paris Match" est sanctionné par la justice... Sous la photo du prince, l'hebdomadaire publie l'arrêt de la Cour d'Appel de Versailles, mais ne manque pas de titrer en gros : "La vérité condamnée : la justice sanctionne la liberté d'informer". Oui, puisqu'on a parlé de l'ancien et de l'actuel Présidents, parlons du futur... Avec quelques échos du livre d'Alain Duhamel : "Les Prétendants", auquel s'intéresse "Le Point" cette semaine... Car notre confrère n'y va pas avec le dos de la cuiller... Dans ses portraits de celles et ceux qui veulent s'installer à l'Elysée l'an prochain, retenons le coup de griffe contre Dominique de Villepin... La photo en maillot de bain... "C'est la sortie de l'eau la plus spectaculaire et la plus préparée depuis celle d'Ursula Andress dans "James Bond contre Docteur No". Sur Laurent Fabius : "à l'observer, on a la nostalgie de ce qu'il aurait pu être, et le regret de ce qu'il est devenu". Ségolène Royal : "Une belle locomotive, mais aucun wagon derrière". Mais la vacherie la plus saignante d'Alain Duhamel, elle est adressée à François Hollande... "Sans mauvais jeu de mots, écrit-il... Personne n'est moins royal que lui". Alors pourquoi tant de passions ?... Eh bien justement parce qu'on n'a jamais vu de préparation d'élection plus passionnée et plus passionnante, explique Alain Duhamel... En France, pour être Président, il faut aimer l'odeur du sang. On va être servi ! Eh

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.