(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : nos vies fatiguées

(Bruno Duvic) Une paire de seins, un pacemaker, des hanches artificielles pour une réparer nos vis fatiguées.

Alors que le scandale des prothèses P.I.P. se développe encore ce matin dans Le Parisien et Le Nouvel Observateur , Le Figaro élargit le débat.

Respirateurs artificiels, prothèses en tout genre, stimulateurs cardiaques... tous ces produits sont regroupés sous un terme global, celui de "dispositifs médicaux".

Eh bien 20% des dispositifs médicaux implantables en circulation n'ont pas subi de test clinique prouvant leur innocuité à 3, 4 ou 5 ans.

"Dans ce domaine, il y a des bombes un peu partout" peut-on lire dans l'enquête du Figaro .

Comment est-ce possible ? Pour ces dispositifs médicaux, explique la journaliste Anne Jouan il n'existe pas d'autorisation de mise sur le marché. Seul le fabricant est responsable de ce qu'il met en vente.

Il doit tout de même obtenir une certification, il y a 70 organismes accrédités en Europe. Mais ils se prononcent à la lecture d'un dossier, pas à l'examen du produit.

On ne demande pas aux fabricants de prouver l'efficacité de leur produit. On leur demande de respecter des normes, il y a une nuance et elle est de taille.

Au détour de l'article, revient aussi la question des conflits d'intérêts : certains chirurgiens fabriquent eux-mêmes leurs prothèses, puis ils les font produire en se mettant en cheville avec des entreprises.

Comme pour les médicaments, le poids de l'industrie est important dans la vente des prothèses : elle se fait via les visiteurs médicaux.

Le professeur Lantieri appelle à une régulation des dispositifs médicaux et rappelle une évidence : ce n'est jamais anodin de poser une prothèse.

Nos vies fatiguées, quand ce n'est pas le corps qui s'abime, c'est la parfois le cœur qui se lasse. Besoin de changer de vie, et vite !

Les divorces "express" sont à la Une de La Croix

C'est devenu banal un divorce : plus de 130.000 l'en dernier. Pour limiter le traumatisme, on a voulu le simplifier, le rendre plus rapide ces dernières années. Un seul passage devant le juge si Monsieur et Madame sont d'accord sur les détails du divorce.

Sur Internet, on trouve même des promos : « divorce en 15 jours, moins de 500 Euros ».

Mais la vitesse est parfois précipitation. Résultat : dans près d'une rupture sur deux, on pensait avoir classé le dossier, mais il faut, quelque temps après, revenir devant le juge.

Choix de la résidence de l'enfant, montant de la pension, exercice de l'autorité parentale… beaucoup d'ex conjoints ne réalisent qu'après coup la mesure des décisions qu'ils ont prises trop rapidement.

Et puis à vouloir aller vite, on ne laisse pas au cœur le temps de cicatriser. Une juge aux affaires familiales a fait un constat : le retour devant la justice coïncide fréquemment avec le fait que l'un des deux ex-conjoints refait sa vie amoureuse. L'autre a du mal à le supporter.

Comme le professeur Lantieri à propos des prothèses, un spécialiste des médiations familiales rappelle dans La Croix qu’un divorce n'est jamais anodin. Les séparations entrainent beaucoup de pauvreté affective, de désocialisation et de solitude.

Nos vies en crise… Dossier sur le chômage en Europe dans La Tribune , sur l'Occident en déclin dans Courrier International .

Comment s'en sortir ? A quatre mois de la présidentielle, moment du grand choix en France, la presse est en quête de valeurs et de héros.

Valeurs et héros simples auquel on peut se référer facilement. Portraits de héros du quotidien dans Pélerin Magazine et La Vie : Blogueurs arabes, militants de la non-violence, défenseurs des enfants. La Vie fait un éloge du courage.

Le courage... et la politesse !

Une page complète sur ce thème dans Le Monde . Les sondeurs de l'institut Ipsos n'en sont pas revenus. Au début de l'année dernière, ils ont demandé à 1.000 personnes quel sujet leur causait le plus de difficultés ou de stress dans la vie quotidienne. Ils attendaient, l'argent, les transports, le manque de temps. On leur a répondu : "le manque de savoir vivre et l'agressivité des gens". Comme pour mettre à distance les polémiques autour d'un sale mec... .

La presse à la recherche de héros quotidiens ; en quête de grandes figures aussi. Pierre Bourdieu à la Une de Libération et de Mediapart , Albert Camus dans Le Point . Deux penseurs de la justice.

Attention à la justice, c'est peut-être ainsi qu'il faut lire le sondage de l'Institut CSA pour l'Humanité à propos de la TVA sociale. 64% des Français la rejettent. Sur ce sujet, même les députés UMP pronent la prudence, nous disent les Echos.

Et nos candidats ? Ont-ils l'étoffe qui habille les chefs ?

Le Nouvel Observateur plonge dans leur enfance pour mesurer ce qui les habite depuis toujours.

Valeurs actuelles reprend une étude de sociologues sur le modèles de leaders que souhaitent les Français. Parmi les présidents de la Vème République, ils n'ont pas choisi le « tutélaire » De Gaulle, le « tech’novateur » Giscard, le « florentin » Mitterrand, le « statique » Chirac ou le « fonceur » Sarkozy.

Ils ont choisi Pompidou, l'homme de Montboudif. Il garde l'image d'un président qui a fait évoluer la société dans le consensus, un homme rassurant.

Et des hommes justes font la Une de la revue XXI

Le nouveau numéro est en librairie. Le dossier central est intitulé « Histoires de justes ». Histoires d'hommes confrontés à la justice. Leur vie en a été changée. Notamment de cet avocat qui défend un homme accusé du meurtre de sa femme. Il est convaincu, habité par son innocence. Il plaide près 3 heures jusqu'à épuisement le jour du procès. Il convainc même le procureur. Mais au moment du verdict, son client lui dit : « allez, ca va aller ». Je vous laisse découvrir pourquoi.

Peut-on refaire sa vie après avoir été condamné par la justice ? La revue Feuilleton , une petite sœur de XXI est en librairie aujourd'hui, elle aussi. Elle est plus littéraire que sa grande sœur. On trouve des textes de Don de Lillo ou Julian Barnes dans cette édition. Et elle publie en version française des articles de grandes plumes étrangères.

Dans ce numéro 2 de Feuilleton , un morceau de bravoure, un portrait de Mike Tyson paru dans le New York Times sous la plume de Daphne Merkin.

L’ancien boxeur est en quête de rachat après ses années de violence et de drogue. On l'a connu avec une dent en or et un tigre de compagnie. Il était accro à tout. Le voici végétarien et bon père de famille dans une maison de stuc blanc près de Las Vegas.

Tyson se couche tous les soirs à 8 heures ; il lit des livres d'histoire, de philosophie et de psychologie ; il prend soin de ses pigeons, sa passion de toujours. Avec l'aide de sa femme Kiki, il essaye de mettre à distance sa violence et les addictions en tous genres.

Combat sincère pour se racheter une vie - à 44 ans, il n'est pas si vieux. Tyson est flottant, un peu perdu. "C'est comme une maison funéraire" dit-il, en parlant de chez lui. Nos vies abimées… Tyson dit encore : "même le mec le plus dur veut être aimé".

A demain.

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