Dans la presse ce matin : 2015, nouveau départ ou nouveaux ratés ?

Et un premier rendez-vous européen dès janvier, à la Une de Libération . 25 janvier, législatives en Grèce et la victoire possible du parti de gauche radicale Syriza. Derrière la Grèce, l'Espagne, élections à la fin de l'année et là aussi, la gauche radicale bien placée. Est-ce bientôt « Le printemps de la gauche rouge », comme le titre Libé ?

Ce serait "Bien fait", estime Laurent Joffrin dans l'éditorial. « Depuis le temps que toutes sortes de bons esprits expliquent que la politique d'austérité en Europe mène les peuples au désespoir, il fallait bien qu'une réaction se fasse jour. L'austérité a fait perdre aux Grecs et aux Espagnols un quart de leur pouvoir d'achat et n'a pas fait diminuer la dette d'un seul Euro. Il est temps d'essayer autre chose. »

D'autant que ces deux partis, Syriza en Grèce, Podemos en Espagne ont mis de l'eau dans leur vin. Plus question de sortie de la zone Euro ou de non remboursement de dette. Mais la renégocier, la mutualiser. « L'Espagne et la Grèce, conclut Joffrin, peuvent être les laboratoires, non d'un grand soir mythologique, mais d'un nouveau compromis social. Toutes les gauches d'Europe les observent. »

Elections dans neuf pays en tout cette année en Europe rappelle Les Echos pour qui la croissance et la poussée des populismes seront les défis de 2015.

Elections aussi en France. Elles vont tout bousculer titre La Croix . Départementales en mars, régionales en décembre. Année à haut risque pour le PS, estime le journal. Le risque d'une paire de claques. Et le parti aurait beaucoup à y perdre. Au-delà des sièges d'élus, c'est tout un réseau local, extrêmement puissant naguère, qui s'effrite au fil des défaites électorales.

S'effrite aussi la majorité dont bénéficie le gouvernement à l'assemblée. Parmi les cinq défis que vous fixe le Parisien pour cette année 2015, monsieur le Président se rabibocher avec les Verts. Mal parti en ce qui concerne une écologiste au gouvernement il n'y a pas si longtemps, Cécile Duflot. Elle « torpille la rentrée de Hollande », manchette du Figaro ce matin. L'ex ministre du logement appelle à mettre en échec la loi Macron dans laquelle elle voit régression sociale et recul écologique.

C'est la partie sombre du tableau en ce début 2015 pour le gouvernement.

Celui d'une France morose. Les médecins qui râlent contre le tiers payant à la Une du Parisien-Aujourd'hui en France et de Ouest France . Cette étude de l'institut économique OFCE, dans Les Echos : le pouvoir d'achat a beaucoup souffert des hausses d'impôts. Recul de 230 Euros par an et par ménage en moyenne entre 2008 et 2015. Ce rythme de baisse devrait maintenant quelque peu ralentir, concède l'OFCE. Ces propos de Denis Kessler, l’une des figures du patronat, encore dans Les Echos : « La France s'est désynchronisée par rapport au reste du monde. Elle connait un déclin relatif, elle n'est plus en cadence. »

Tableau sombre, donc, mais, mais dans le ciel depuis quelques semaines, trois astres sont alignés : baisse du pétrole, baisse de l'Euro, taux d'intérêt au plancher. Occasion de relancer la machine, occasion de retrouver le sourire.

« François Hollande, Happiness thérapy ». Titre de l'édito de Cécile Cornudet dans Les Echos qui a suivi votre allocution le 31 décembre et a entendu ces trois mots. "Confiance, espoir, volonté" : « Cette fois ces mots, il les vit (…) Redonner confiance, la tâche est immense », relève l'éditorialiste qui a vu le sondage Ifop publié hier par Ouest France . Seulement 29% d'optimistes en France, jamais le moral des Français n'a été aussi bas.

Alors confiance, espoir, volonté : banco ! mais attention, conclut l'éditorialiste, « les Français pourraient voir dans ces mots un calcul politique. Dans un pays déprimé, l'optimisme est une arme boomerang. »

Alors : nouvel élan ou pas ?

Libération , Le Parisien vous voit dans une posture de reconquête. Nouveaux mots clés : interactivité, contact, proximité. Commentaire du spécialiste en communication Denis Pingaud dans Libération : « la propension du président à l'écoute et au dialogue, à l'opposé de son prédécesseur, est une arme précieuse pour susciter de nouveau l'adhésion. A ce stade, les sondages (qui montrent une petite hausse de jugement positifs, confiance, popularité), lui donnent plutôt raison. » Et Denis Pingaud y voit aussi une certaine reconnaissance de la part des Français que « dans un contexte économique difficile, la France s'est engagée dans le chemin du redressement sans casser, comme ailleurs en Europe, les fondements de son modèle sociale. »

Happiness thérapy, confiance, volonté… Le risque c'est celui de la formule creuse ou de la posture. C'est ce que pointent les éditoriaux et les titres ce matin. Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro : « Il y aurait un nouveau Hollande, dominateur et sûr de lui (…) Le phénomène échappe toujours au plus grand nombre. »

Un président écolo à onze mois de la conférence de Paris sur le climat. L'Humanité n'y croit pas. « François Hollande ou l'écologie des apparences », titre le journal en manchette ce matin.

Alors nouvel élan ou pas ? Synthèse sous la plume de Bruno Dive dans Sud-Ouest : « Ceux qui pensent que François Hollande serait homme à renoncer face à l'adversité, l'impopularité, les déboires, la pluie ou l'air du temps en seront pour leur frais. Tout indique que le locataire de l'Elysée prépare déjà les conditions d'une nouvelle candidature. Sans amélioration sur le front du chômage, il ne sera pas en mesure de se représenter. Mais une embellie économique, un succès de la conférence de Paris, des divisions à droite, autant d'hypothèses, aujourd'hui ténues, qui permettent pourtant à François Hollande d'espérer encore. »

A demain !

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