Attentats à Badgad, à Dacca, en Arabie saoudite : la télévision britannique Channel 4 donne les premiers visages; en France, on traite ces événements en pages intérieures.

On commence par les attentats qui ensanglantent l'Irak, le Bangladesh ou encore l’Arabie saoudite depuis quelques jours…

L’attentat dans la nuit de samedi à dimanche qui a frappé Bagdad a fait au plus de 200 morts et disparus  et les premiers visages commencent à émerger.

Adil Farraj a d’abord dansé en secret par peur des islamistes. Devenu célèbre, on le voit danser sur scène. Adil Farraj est mort dimanche. Comme tant d’autres en ces derniers jours de ramadan, il flânait ou mangeait dans ce quartier de Karrada à Bagdad, l’équivalent de nos Champs-Elysées.

Reportage de la chaîne de télévision britannique Channel 4, qui donne donc un visage, de la chair, à ces innombrables victimes d’un camion kamikaze. Une également des journaux américains, le New York Times montre une jeune femme éplorée, à Dacca, au Bangladesh, cette fois. Et ce titre : « Daech perd du terrain, mais pas sa capacité à réaliser des carnages. »

Et chez nous ? Chez nous, commençons par ce dessin de l'Algérien Dilem, réalisé hier pour TV5 Monde et qui tourne depuis sur les réseaux sociaux : sous la légende « Attentat à Bagdad dans l’indifférence générale », on voit un cadavre dans une mare de sang brandir une pancarte : « Je suis, non pas Charlie, paris ou Bruxelles, mais je suis… habitué ! »

Oui, habitué aux attentats mais aussi à une certaine indifférence ; c’est en pages intérieures, en France, que les quotidiens traitent de cette tragédie. « En recul, l’Etat islamique redouble de terreur », raconte Hala Kodmani dans Libération. La chercheuse Myriam Benraad, spécialiste de l’Irak, rappelle ce que nous savions déjà : « Certains pensent encore qu’on va défaire l’Etat islamique en lui reprenant des villes. C’est faux, prévient-elle, c’est une guerre de longue durée. » En attendant, Christophe Lucet, dans Sud Ouest, rappelle, lui, « qu’une nouvelle fois, il se vérifie que les premières victimes de la terreur islamiste sont les musulmans eux-mêmes ».

Le Brexit sans les « brexiters »

Suite de la débandade d’abord dans le camp des « Brexiters ». Libération raconte que « les jours passent et les dirigeants de la campagne du Brexit trépassent » pour saluer le départ de Nigel Farrage, du parti UKIP, europhobe enragé qui garde néanmoins sa place au Parlement européen, et donc son salaire et sa future retraite de 5600 euros par mois.

Ceci dit, même sans les hérauts de cette campagne, le Brexit se fera bien. Est-ce que ça laisse des places vacantes pour autant ? « Non, l’Union européenne n’est pas l’Académie française, estime Arnaud de La Grange dans Le Figaro, un fauteuil n’a pas vocation à être occupé de nouveau. La sortie porte un coup d’arrêt au rêve d’adhésion des pays balkaniques. » « L’heure n’est pas à repousser toujours plus loin les frontières de l’Europe, écrit l’éditorialiste, mais à lui en redonner. » Rétrécissement donc plutôt qu’élargissement.

Enfin, la sortie de Manuel Valls, dimanche soir, envisageant de ne plus appliquer la directive sur les travailleurs détachés si cette dernière n’est pas « totalement remise à plat », disait-il, divise ce matin :

Dans L’Humanité : « On serait presque tenté de déboucher le champagne », se moque Maud Vergnol, qui parle de « révélation bien tardive de la part du Premier ministre », mais qui salue néanmoins la volte- face, du bon côté, cette fois dit- elle, de l’exécutif.

En face, Jean- Françis Pécresse, dans Les Echos, dénonce, lui, « une faute politique de Manuel Valls, un crédit inespéré donné aux europhobes, insiste- t- il. Oui il y a des abus mais c'est à la France de les sanctionner. Et ce n’est pas Bruxelles qui encourage le dumping social, mais notre système de couverture sociale coûteux, responsable de notre manque de compétitivité, qui est à blâmer, affirme-t-il. La directive sur les travailleurs détachés est le socle de l’Europe sociale. »

PMA, bac et Poppys

Procréation médicalement assistée : le gouvernement est-il en train d’avancer en douce pour finalement tenir une promesse du candidat Hollande ? C’est ce que craint Guillaume Goubert dans La Croix. La ministre des Familles Laurence Rossignol vient en effet de confirmer la prochaine abrogation d’une circulaire rappelant les sanctions pénales encourues par les gynécologues orientant leurs patientes vers un pays étranger, car a-t-elle précisé, « il n’y a aucune raison de compliquer la vie à des couples de femmes qui souhaitent avoir recours à cette procréation médicalement assistée ». « C'est un tout petit pas de l’exécutif donc vers les couples de femmes », pour Libération, « oui, mais cet élargissement mérite un véritable débat, dénonce Goubert. Et non un petit arrangement qui peut être lourd de conséquences, notamment en affaiblissant la lutte que le gouvernement entend mener contre le recours à la gestation pour autrui au-delà des frontières. »

Autre question, encore plus récurrente : « Le bac, c’est plus ce qu’était ? » s’interroge Ouest France. Résultats ce matin de la cuvée 2016. La ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem s’est amusée à ressortir un article du Monde de... 1947, qui s’offusquait déjà de la baisse de niveau du sésame français face à la marée de candidats ! A cette époque, pourtant, seulement 3% d’une génération l’obtenait ; on est à 77% aujourd’hui. Mais tous les candidats n’ont pas le bac, et tout le monde n’obtient pas de mention. Ça dépend encore largement du milieu social, rappelle la journaliste.

Et puis Libération dénonce ce matin l’algorithme de l’« admission post- bac », APB, qui permet aux bacheliers d’émettre leurs vœux pour la fac. Algorithme biaisé accuse Libé, qui fait de la sélection sans le dire.

On termine par un rendez-vous d’importance : le retour des Poppys, annoncé par Le Parisien ! Vous vous souvenez de ce groupe d’enfants des années 70 qui chantait la paix. Les Poppys nouvelle génération, toujours issus de la chorale des Petits Chanteurs d’Asnières, vont reprendre « Non, non, rien n’a changé ». Vous savez désormais ce que vous allez fredonner tout l’été !

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