Alain Guédé raconte l'affaire fillon au canard, edouard le filou pour le premier ministre, hommage à s.Veil et aux prix Albert Londres

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence ce matin par un « tonton flingueur »

« Un des flingueurs de François Fillon se ressource dans les alpes mancelles ». C’est l’hebdo régional Les Alpes Mancelles qui a retrouvé au repos, le flingueur en question : Alain Guédé, journaliste au Canard Enchainé, un de ceux donc qui a révélé l’affaire Fillon. Entre deux considérations sur la truite, l’ablette et le goujon qu’il aime taquiner à Saint Léonard des Bois, Guédé revient sur la « bonne pêche » qu’a représenté François Fillon. Mais en expliquant comment ils ont bossé au Canard sur cette affaire, il démystifie surtout la théorie du complot et du cabinet noir avancée par certains. D’abord, il rappelle la règle qui prévaut : au canard, « on travaille toujours dit-il, sur les personnalités politiques émergentes ». D’où l’enquête qui commence quand Fillon gagne les primaires, plus récemment celle sur Richard Ferrand quand il devient ministre. Ensuite, tout simplement, « on est parti de ses déclarations de patrimoine, et de ses propres déclarations. Quand Fillon lui-même dit que sa femme travaille, il aurait pu reconstituer un semblant de carrière..et ben non ! Suffit de vérifier, avant que la porte se referme et que le silence soit imposé à tous, le canard trouve très vite des témoins pour confirmer en toute bonne foi que Pénélope Fillon n’a jamais travaillé. Course contre la montre, mais rien dans la semaine avant le premier tour de la présidentielle, pour ne pas risquer d’être accusé de peser sur l’issue du scrutin. Aujourd’hui, Alain Guédé confirme que le Canard en « a encore sous le pied sur Fillon, mais on ne piétine pas un homme à terre « dit-il, sauf à trouver « quelque chose d’énorme » rectifie-t-il…entre l’ablette et le goujon, Guédé pourrait s’y remettre avec ses collègues, malgré les insultes reçues au Canard, et quelques menaces. Une balle de 22 long rifle est arrivée par courrier…

François Fillon justement…réapparu lundi soir à Paris

« Il est arrivé discrètement, un sac de supermarché à la main avec quelques victuailles, s’est excusé de son retard « j’arrive de la Sarthe, Pénélope étant à Paris, j’ai du faire à manger pour 5 adolescents ». Fillon, désormais homme au foyer donc, a en effet assisté à un petit buffet organisé lundi soir par quelques militants de la première heure, voisins et soutiens. Ca se passait dans la cour arrière d’une école privée du 7ème arrondissement, où il réside et dont il était le député. Récit de cette soirée « formule vin rouge, saucisson, fromages, merci de venir avec ce que vous pourrez » dans le Parisien/Aujourd’hui en France. Domitille Arrivet raconte que l’ex candidat a pris la parole quelques minutes pour dire à ses soutiens, « qu’après les événements, il était normal qu’il fasse une cure de silence à Solesmes », mais attention « mon silence ne sera pas éternel, le moment venu, j’écrirai ce que j’ai sur le cœur ». » a-t-il prévenu. « un grand merci a-t-il conclu avant de filer à l’anglaise ». Fillon, « ce que j’ai sur le cœur », un jour dans vos librairies

La presse revient ce matin sur le discours de politique générale du premier ministre. En lui faisant quel accueil ?

« Edouard Filou » titre Libération à sa Une pour souligner l’habileté du premier ministre hier à enrober les mesures d’austérité .Emmanuel Macron avait été jugé plutôt stratosphérique voire fumeux lundi, Edouard Philippe est plutôt salué ce matin parce qu’il est rentré dans le concret. Grégoire Biseau dans son édito juge « qu’on peut moquer cette grande quincaillerie désidéologisée, mais elle est en phase, dit-il, avec une partie des français qui doutent du sacro-saint clivage gauche droite ». Avec une réserve néanmoins pointée par beaucoup : quid des économies ? Dans le Figaro, Gaetan de Capèle regrette que « malgré l’urgence, on se contente de se hâter lentement. Où et quand économisera t on ? pour le détail on verra plus tard » se désole t il. L’Humanité est tout aussi critique mais pour des raisons inverses, dénonçant avec Maud Vergnol, « l’enlisement austéritaire que propose la majorité ». « L’austérité pour ceux qui ne sont rien (clin d’œil assassin à la petite phrase du président), les cadeaux pour ceux qui ont tout »

La presse régionale retient davantage la répartition des rôles entre le chef de l’état et son premier ministre « on comprend mieux pourquoi le président s’en était tenu à des hauteurs philosophiques écrit Bruno Dive dans Sud-Ouest, c’est pour mieux laisser le sale boulot, les mauvaises nouvelles à son premier ministre ». Sous le coup de crayon de Ranson dans le Parisien, ça donne un fumeur qui s’inquiète du paquet de cigarettes à 10 euros, et Macron qui répond en pointant du doigt Edouard Philippe « c’est lui hein, moi j’ai rien dit ».

Enfin pour terminer

sur le sujet, on retiendra que le site les Nouvelles News avait estimé à 0, 0018% le temps de parole des femmes la semaine dernière lors de la deuxième séance de l’assemblée, et bien hier, il n’a pas du augmenter beaucoup, parce qu’aucun des orateurs qui se sont succédés pour répondre au premier ministre n’était une oratrice

Ce matin, hommage national aux Invalides pour Simone Veil, la presse poursuit cet hommage

Avec beaucoup de parutions qui lui sont encore consacrées ce matin, Le Point, Pèlerin, le Un, Paris Match, « une héroîne française » avec le formidable témoignage d’Alain Genestar qui raconte comment il a accompagné Simone Veil à Auschwitz en 2004, le Petit Quotidien pour expliquer aux plus jeunes pourquoi on parle autant de cette femme qui vient de mourir, édito d’Anne Sinclair sur le Huffington post, pour qui « toutes les vies de simone veil entrent dans l’histoire », jusqu’à Charlie Hebdo qui rend hommage à Une grande Dame, mais qui déjoue l’émotion avec un dessin à sa Une : « c’était pas Nabilla non plus ». Partout des port folio émouvants sur cette vie de femme, faite de tragédies et d’engagements, et s’il ne fallait retenir qu’un article, mais pourquoi d’ailleurs, je vous conseille la lecture du blog de l’historien Henry Rousso, hébergé par le Huffington post, il raconte comment Simone Veil a évolué dans le regard qu’elle portait sur le travail des historiens sur la période de la Shoah, en dépassant son statut de témoin et de victime, évolué aussi sur le caractère unique de ce génocide. Illustration de cet esprit libre que Simone Veil a incarné.

On termine Hélène par des prix

Prix Albert Londres, prix d’excellence de la presse. Prix décerné à Tristan Waleckx et Matthieu Rénier, pour leur portrait de Vincent Bolloré diffusé dans Complément d'Enquête sur France 2. Le Figaro salue ce matin son reporter Samuel Forey, couronné pour ses articles sur la bataille de Mossoul. Bel hommage de Thierry Oberlé à son confrère et à son « côté peintre des batailles, quand Forey s’attarde sur un petit épicier rencontré à Alep sous el bombes « et sa chemise rose à faire pâlir un bonbon » » écrit-il, « ce journaliste qui a l’art de sublimer les instants d’horreur et d’anéantissement, et qui donne à voir la poussière, le goût de la poudre et les orages d’acier »

Et puis David Thomson, primé lui pour son livre Les Revenants sur les djihadistes français de retour. Le site les Jours, sur lequel a commencé l’aventure, parce que c’est d’abord sous forme d’articles que la série a été imaginée avant de devenir un livre, salue « le journalisme intranquille » de David Thompson, salue cette première, première fois qu’un « pure-player » est à l’origine de ce titre prestigieux, et en profite du coup » pour réaffirmer la nécessité, aujourd’hui plus que jamais dans un paysage médiatique d’info low cost et éphémère, de produire et de publier du journalisme au long cours ». On ne saurait mieux mieux dire.

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