Bonjour, comment ça va ?... Comme un lundi. Oui, à ceci près que celui-là est un peu particulier... Il y a ceux qui travaillent, et ceux qui ne travaillent pas... Et pour la deuxième année, ce lundi de Pentecôte, férié pour les uns, travaillé pour les autres, suscite toujours la controverse. C'est "la France coupée en deux", nous dit "Le Figaro"... Le public chôme, alors que la grande distribution et les petites entreprises travaillent, déplore ce journal... C'est une France qui ne marche pas d'un même pas, avec des services publics, qui se font complices d'une situation ubuesque qui aggrave la fameuse fracture française, écrit Yves Thréard. Libre au secteur privé de travailler, alors que les services publics sont fermés... Encore une loi votée pour rien, déclarée nulle et non avenue... Et les pouvoirs publics de se soumettre... Diktat de la démocratie d'opinion, conclut notre confrère. Oui, cette pagaille organisée, c'est l'exemple parfait des incohérences "made in France", reprend Patrice Chabanet dans "Le Journal de la Haute-Marne"... Une affaire qui démontre les limites de la gouvernance française avec, au départ, une décision politique prise à la hâte, puis une forte opposition sociale et, en fin de compte, des aménagements qui tiennent plus du bricolage que du compromis. Et le plus grave, dans ces incohérences, écrit de son côté Patrick Fluckiger dans "L'Alsace", c'est que le problème de la dépendance reste entier... Les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses, et aucun financement n'a été trouvé pour leur garantir un avenir décent. En gros : tout ça pour ça ! Alors, les fonctionnaires, toujours privilégiés ?... Pas tant que ça... La Une de "La Tribune" est sans appel : "Budget 2007 : 10.000 postes de fonctionnaires en moins", annonce ce journal. L'an prochain, les réductions d'effectifs seront donc deux fois supérieures aux objectifs de 2006.... Dominique de Villepin s'est bien gardé, jeudi à Chartres, d'annoncer un chiffre concernant le non-remplacement des départs à la retraite, écrit "La Tribune"... Mais c'est bel et bien ce chiffre de 10.000 suppressions de postes qui circule... D'ailleurs, les lettres-plafond, qui définissent les crédits et effectifs pour chaque ministère, devraient partir de Matignon au plus tard à la fin du week-end prochain, et lever définitivement les interrogations. Du reste, dans la majorité, certains parlementaires demandent un geste plus fort en matière de réduction de postes. Il y a ceux, au contraire, qui disent : "C'est amplement suffisant", comme l'UMP Georges Tron, pour qui la droite n'est pas obligée de tomber dans tous les panneaux... D'autant que même si on décidait de supprimer 20.000 ou 30.000 postes, explique le député de l'Essonne dans les colonnes de "La Tribune", on serait loin de rattraper l'écart accusé sur les dernières années. Alors pourquoi en supprimer 10.000 tout de même ?... Eh bien, parce qu'en affichant cette baisse, explique notre consoeur Anne Eveno, le gouvernement entend préserver sa crédibilité en matière de réduction de la dépense publique, et malgré les doutes de Bruxelles. Locataires, cessez de vous taire !... Cela pourrait être un appel lancé à tous ceux qui louent leur appartement, surtout lorsqu'ils le quittent... Et c'est "Le Parisien" qui nous met en garde : "attention aux trucs de professionnels pour taxer les locataires"... A en croire l'association de consommateurs CLCV, tout est bon, chez certaines agences et administrateurs de biens... En matière de frais annexes, leur imagination est débordante. Démonstration. Par exemple, il y a des agences qui facturent 5 euros par mois les locataires qui s'obstinent à régler leur loyer par chèque plutôt que par prélèvement automatique. Bonjour la confiance... Et puis surtout, pour les gros cabinets, c'est une véritable manne... A 5 euros par mois, la méthode peut rapporter plus d'un million d'euros par an pour les agences qui gèrent 20.000 logements. Et puis il y a tous les pièges de fin de bail... A la tête desquels on trouve les honoraires de renouvellement... Ici, l'agence facture jusqu'à 180 euros le simple fait de renouveler le bail sans y apporter la moindre modification, ce qui est parfaitement illicite. Il y a aussi le coût de la visite technique obligatoire, qui consiste à s'inviter chez les locataires pour une petite visite des lieux... Elle est facturée en général 60 euros... Et tant pis pour le locataire s'il n'est pas disponible le jour J... Et c'est comme ça que l'un d'eux s'est vu réclamer 35 euros pour frais d'absence, raconte "Le Parisien". Enfin, la dernière technique, très en vogue, c'est celle des frais de sortie... Au moment de rendre les clés, le locataire apprend qu'il doit régler de mystérieux frais de clôture de compte à l'agence. Des frais qui peuvent atteindre 107 euros, comme ceux que Philippe Roublique, 26 ans, a dû payer quand il a rendu le F2 qu'il louait à Lens. Quant à sa caution, au bout de deux mois, l'agence immobilière NSI, puisqu'il s'agit d'elle, ne la lui avait toujours pas rendue... Et au bout de deux mois donc, Philippe reçoit un courrier où on lui explique qu'il doit encore 1.557 euros de chauffage, au titre du seul mois de novembre, et qu'il peut donc faire une croix sur sa caution. "Aberrant, explique le témoin... J'ai quitté les lieux le 14... Jamais je n'ai pu consommer autant de gaz en 15 jours". Et ce n'est pas fini... Outre les frais de sortie, la caution envolée, Philippe reçoit une série d'autres frais de fin de bail... Des petites sommes ici et là qui, au total, se montent à 140 euros. "Voilà pourquoi, affirme-t-il, cette agence profite de l'ignorance des locataires pour arrondir ses fins de mois... Elle est pourtant agréée FNAIM. Moi qui pensais que c'était un gage de sérieux...", se lamente Philippe Roublique. Alors il s'est plaint au siège parisien de la FNAIM... Il attend toujours la réponse. Gardons "Le Parisien", qui consacre sa Une et son dossier principal, aujourd'hui, à "ces politiques tentés par le people"... Ces politiques qu'on voit à la Une des magazines et à la télé, et qui ne viennent pas toujours pour exposer leur vision de la France, mais leur famille... "Attention, danger !", écrit "Le Parisien"... D'abord, la mise en avant des vies privées n'a aucune incidence électorale, car les Français s'en fichent : ils sont républicains... En fait, c'est Stéphane Rozès, directeur de CSA-Opinion, qui parle... "En mettant en péril l'équilibre de leur vie privée, sans rien gagner dans leur vie politique, dit-il, les politiques, tentés par la 'peopolisation', risquent donc de perdre sur les deux tableaux". Une dérive dangereuse, estime également le sociologue Jean-Louis Missika, qui évoque un phénomène plus profond encore que la 'peopolisation' : 'l'intimisation'. Un jeu dangereux, selon lui, car les people sont des gens qu'on adore détester. Quant au message politique, la possibilité de le faire passer est proche de zéro. Dernier exemple d'affichage... Dernier exemple en date... Il est tout frais : c'était hier soir... Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, sur le plateau de Fogiel, France 3... Si vous avez raté ça : le tableau était le suivant, tel que nous le raconte "Le Parisien"... Sur le coup de 22h45, DSK débarque sur le plateau... Une question sur l'immigration puis, très vite, LA question : "faut-il être en couple pour aller à l'Elysée ?"... Reportage glamour, comparaison avec les Kennedy... Gros plan sur Anne Sinclair, restée en coulisses... Une question sur Ségolène, une autre sur Clearstream... A 23h25, Anne Sinclair, en noir et blanc, rejoint son mari... On discute couple... Et on demande à DSK pourquoi il ne porte pas d'alliance... Alors il répond : "Je n'en ai jamais porté, j'ai les doigts boudinés". Ca, c'est une info qui valait le coup de veiller tard, conclut "Le Parisien". Et puis il y a cette photo qui, aujourd'hui, nous paraît bien banale, mais qui ne l'était pas au printemps 74... Cette photo où l'on voit le candidat Giscard sous un slogan saisissant : "Un vrai Président"... Au cas où ses prédécesseurs auraient été des faux... Mais surtout, l'affiche électorale est tenue au mur par ses deux filles : Jacinthe et Valérie-Anne... Et déjà à l'époque, c'était une autre époque par rapport à la précédente... En 74, nous étions loin des années 60, pendant lesquelles, un jour, De Gaulle s'était mis en colère contre ses conseillers qui lui demandaient de se montrer davantage. Il leur avait répondu : "Vous ne voulez tout de même pas que je débarque chez les Français en pyjama !" "Mais si !", lui auraient peut-être répondu les Français d'aujourd'hui. Et puis il y a Arlette... Pas people pour un sou... Arlette Laguiller, pour qui 2007 sera la lutte finale... Elle l'a confirmé samedi, lors de la fête annuelle de son parti : oui, elle sera candidate en 2007, et pour la sixième fois. Encore ?... Eh oui... "D'autant plus qu'une campagne électorale, c'est plus facile que mener une grève, dit-elle... D'autant que maintenant, je suis à la retraite"... Une campagne pour le plaisir, en quelque sorte... Une certaine beauté du geste... Une geste, aussi... La geste Lutte Ouvrière, qui fait l'objet d'un savoureux reportage dans "Libération", qui est allé se promener au coeur de cette manifestation, à 12 euros l'entrée, 2 euros le sandwich au jambon du Morvan, et 60 centimes la demi-bouteille d'eau... Trois jours de fête, avec 8.000 militants qui représentent quand même, rappelle "Libé", la bagatelle d'un million et demi d'électeurs... Oui, 1 million 5 en 2002. Et les femmes sont à l'honneur aujourd'hui, dans la presse... Avec le tennis... Et ce retour de Martina Hingis, qui est l'un des événements du Roland-Garros 2006... Il faut dire que la Suissesse avait quitté le circuit à 22 ans... 22 ans, pour prendre sa retraite, ça ne faisait pas très sérieux... Alors elle revient... Et elle est l'objet du portrait de "Libération", en dernière page. Au moment où nous parlons, Martina est toujours qualifiée... Et "Libé" nous explique pourquoi elle a tourné le dos au tennis professionnel... D'abord une lassitude, et puis des blessures aux chevilles, et enfin la montée en puissance musculaire de ses principales adversaires, qu'elle ne voulait pas suivre dans la course à l'armement... "C'était un cauchemar, explique-t-elle, de subir la force de frappe des soeurs Williams, de Lindsay Davenport ou de Jennifer Capriati"... Le jeu tellement construit de la Suissesse ne suffisait plus à faire la différence... Alors, à quoi bon continuer à se faire humilier ? A quoi bon, en effet, supporter les critiques, comme celles que la presse assène à la numéro 1 mondiale, Amélie Mauresmo, éliminée hier à Roland-Garros par la Tchèque Nicole Vaidisova... "Y arrivera-t-elle un jour ?", titre "Le Parisien"... "Amélie Mauresmo tombe de haut", écrit "Le Figaro"... "Encore terrassée", ajoute le même journal... "Maudite terre battue", analyse "Libération"... "Mauresmo à zéro", titre enfin "L'Equipe" qui, cruellement, estime "qu'elle est passée du rang de numéro 1 mondial au degré zéro de l'envergure". Alors, tout y passe pour connaître les raisons de cette défaite. Elle a perdu parce qu'il n'y a pas d'herbe sur le court Philippe-Chatrier, estiment les uns... Parce qu'elle a eu un coup de mou physique, avancent les autres... Débat auquel Guy Forget met un terme, de la façon la plus intelligente qui soit... "Pourquoi Mauresmo a-t-elle perdu ?"... Forget répond tout simplement, et on l'avait presque oublié... "A cause de la qualité de ses adversaires". Bonne journée. A demain.

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