(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : le rire jaune

(Bruno Duvic) Au bout de 4 heures de conversation, au restaurant Brochettes et Cie, à St Quentin, dans l'Aisne, Jérôme Lavrilleux lâche : "J'adorerais avoir des enfants. Ils viendraient me voir au parloir".

Quatre heures de conversation et il a prétendu ensuite ne pas avoir accordé d'interview. Au sens strict, c'est exact. Cette rencontre avec l'âme damnée de l'UMP, la journaliste du Point Anna Cabana la présente sous la forme d'un récit, de la petite Peugeot rouge conduite par Lavrilleux qui vient la chercher à la gare jusqu'au coup d'œil au téléphone portable avant de se dire au revoir.

De quoi s'agit-il alors? D'une confidence façon Mireille Dumas ? D’une vaste opération d'intox ? De la nouvelle justification d'un homme qui porte un chapeau trop grand pour lui ?

En tout cas, tout y passe : le détail de ses comptes en banque, le récit détaillé de l'affaire Bygmalion (rien de nouveau), les pensées suicidaires, la mise en cause de l'ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert "Il devrait être à la Une de tous les journaux".

Et le commentaire sur les ténors de l'UMP. « Baroin, Juppé, des gens morts de l'intérieur, Wauquiez une raclure, NKM pas une belle personne, Bruno Le Maire sympa et vivant malgré ses airs de poisson froid. »

L'affaire Bygmalion ? Elle n'ira pas jusqu'à Sarkozy, « il n'y a jamais rien qui va jusqu'à Sarkozy... On est là pour ça hein ? » Et régulièrement, les phrases de Jérôme Lavrilleux sont entrecoupées d'un rire jaune.

Un rire jaune à l'UMP. Ce parti, commente Cécile Cornudet dans Les Echos , enchaine les crises de tétanie : peur des juges, peur de l'éclatement et maintenant peur de Nicolas Sarkozy.

Sarkozy saison 2, à la Une du Nouvel Observateur

En couverture un photomontage : il est dans un fauteuil d'empereur. Ses mains ensanglantées reposent sur les accoudoirs. Récit de Carole Barjon. 28 mai, il déjeune avec un groupe de Sénateur :

« - Il va falloir que je m'y colle.

  • Tu veux dire que tu vas prendre l'UMP ?

  • Evidemment si je veux revenir, il faut que je prenne le parti. Je préparerai tout ça au mois d'août. »

Alors ça y'est le boss revient ? Une partie de la garde rapprochée l'en dissuade : "C'est une folie, tu vas te retrouver au cœur d'un gargouillis judiciaire, le tout à l'appel de Morano et Hortefeux. On est loin du retour à la de Gaulle en 58."

A chaque hebdo ses confidences. Selon Paris Match , il a demandé encore quinze jours de réflexion. Selon L'Obs , la réflexion est déjà bien avancée. L'UMP d'abord, puis quelque chose de plus large. Il téléphone presque tous les jours à Jean-Louis Borloo, qui va beaucoup mieux. Il ne tarit pas d'éloges sur son ancien ministre.

« Nicolas Sarkozy rejoue le débarquement » (Libération ), « L'opération Overlord a commencé », commente Guillaume Tabard dans Le Figaro : « En raison des incertitudes de la météo politique et judiciaire, il y aurait péril pour lui à retarder le moment du débarquement. »

Voilà un « scénario qui enflamme l'UMP », titre encore le journal. Querelles d'ambition aiguisées, primaires ou pas primaires, échappera-t-il aux affaires ? Tout petit détail : quelle ligne politique, alors que le gouffre se creuse entre les partisans d'une UMP recentrée et un parti franchement à droite ?

D'un côté Fillon Juppé « match soporifique », persifle un sarkozyste dans Le Point . Oui mais eux, répond un filloniste, « lorsqu'ils vous parlent, ils ne vous donnent pas l'impression de vouloir vous vendre une imprimante. »

Le D Day approche...

Il commence même: Diplomatic Day. 20 chefs d'Etat et de gouvernement en France pour les 70 ans du débarquement. Obama et Poutine dès aujourd'hui à Paris. « Guerre froide à Paris ». C'est le grand titre du Figaro ce matin. L'Ukraine au cœur des discussions. Et un sujet mis de côté qui fait la Une du Monde , pour remettre un coup de pression après la réélection de Bachar el Assad.

Il laisse derrière lui une couleur jaune verdâtre. « Assad lance des attaques au chlore, l'Occident se tait » titre le journal. Paris accumule les preuves de l'usage de cette arme interdite. Recours répété à des armes chimiques depuis octobre 2013 et jusqu'à récemment. Mais le journal ajoute : « Embarrassés, les pays occidentaux veulent éviter de passer à l'action. »

Pourquoi ? Souvenir cuisant de l'opération avortée en septembre dernier. Ne pas aggraver les tensions avec Poutine. Eviter le blocage du démantèlement de l'arsenal chimique déjà recensé l'automne dernier et qui avait fait l'objet d'un accord.

Où en est le démantèlement, il devrait être achevé depuis la mi-mars, mais douze sites sont encore sur pied. 92% des agents chimiques déclarés en octobre par la Syrie ont été détruits.

Quoi d'autre à la Une de la presse ?

  • La réforme territoriale critiquée dans L'Humanité : « Charcutage territorial, les élus donnent de la voix ».

  • Les concessions de Benoit Hamon sur les rythmes scolaires à la Une de Libération . « Hamon ne tient pas le rythme ». Il donne aux maires la possibilité de limiter l'application de la semaine de 4 jours et demi.

  • « Le Caïd qui défie la police ». L'évasion du parrain de la drogue Ouaihid Ben Faïza

  • Et la Banque centrale européenne qui veut « sauver la croissance » en grand titre des Echos : on attend des mesures pour relancer le crédit et lutter contre la déflation.

Dans L'Equipe , une fois n'est pas coutume, Platini joue en défense. Grande interview dans pour répondre à la presse anglaise qui le suspecte d'avoir favorisé le Qatar pour l'organisation du mondial 2022.

"J'ai l'impression d'être la personne qui dérange. Personne ne m'a dit pour qui je devais voter. Je ne regrette pas mon choix : c'était le bon pour le football mondial. Mais si des affaires de corruption sont prouvées, il faudra un nouveau vote.

Ce que regrette davantage Platini, ce sont ses propos sur les brésiliens, priés de ne pas perturber le mondial en manifestant. "Je me suis mal exprimé, j'ai pris un but contre mon camp. Je voulais simplement dire que j'espérais que tout se passe bien."

Et l'équipe de France ? « L'impression est bonne, cette coupe du monde se présente bien, la France n'est pas favorite mais tout peut arriver. »

Et puis retour au D-day dans le Parisien. D comme « Dis donc qu'est-ce qu'on mange ce soir ? » Le Parisien a eu accès aux coulisses de l'Elysée où se prépare le diner d'Etat en l'honneur de la reine d'Angleterre. Des semaines que les petits mitrons et grand chef sont sur l'affaire. Enquête sur ses goûts et dégoûts.

On évitera le cheval pour cette passionnée d'équitation qu'est Elizabeth. On évitera l'ail, elle n'est pas fan. Pas de grenouille, pas d'escargot. Mais quitte à fâcher le prince Charles, on peut manger du foie gras. On suit à Rungis Guillaume Gomez, le grand chef de l'Elysée. 6 kilos de foie gras terminent dans la balance.

Puis la fromagerie Nicole Barthélémy. Une habituée des politiques. "Des fromages, j'en ai fait passer dans la valise diplomatique de Raymond Barre. Ca été la razzia en Chine". Bilan des courses : camenbert, roquefort, comté, reblochon, valencey.

Avant, se glissera un agneau de Sisteron aux petits légumes. Ensuite un dessert mystérieux : sensation d'été.

220 invités. Et qu'est-ce qu'on boit ? Pas le Sauternes 1906, la plus vieille bouteille de la cave de l’Elysée, mais du classique sans risque : Bordeaux, Sauternes, champagne. Et bière anglaise, mon dieu. C'est pour le prince Philip le mari de la Reine...

A demain !

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