L'application anti-bouchons est le cauchemar des zones résidentielles! Mais Sud-Ouest nous promet la victoire du vélo en ville. Libération raconte l'odyssée des Tunisiens vers Lampedusa, le Figaro réclame la fermeté migratoire. Des golfeurs maladroits, dans le Courrier Picard, persécutent leurs voisins...

Une application pour automobilistes est un cauchemar pour des petites agglomérations

L'application s'appelle waze, 10 millions d'utilisateurs en France, une application anti-bouchons "aux effets pervers" titre à la une le parisien...  Elle donne l'état du trafic en temps réel grâce aux alertes des automobilistes et vous propose les meilleurs itinéraires et ici commencent les ennuis de Corinne,  qui chaque matin, tiens à l'heure où nous parlons, voit défiler devant sa maison de la rue du canal à Lieusaint, Seine-et-Marne... "Des milliers de voitures et de camionnettes, les gaz d'échappement s'engouffrent sous la porte d'entrée, je suis obligée de calfeutrer puis de faire courant d'air pour évacuer ces gaz..."

Et ces barbares ont été envoyés à Corinne par Waze, car Lieusaint est la déviation que propose l'application quand la N 104 dite francilienne est bouchée au croisement avec l'autoroute A5... On prend par Lieusaint et on récupère par Tigery et on passe devant chez Corinne... 

Se consolera-t-elle, la jeune femme, en pensant qu'elle n'est pas seule? On souffre de Waze à Hettange-Grande en Moselle, à Noisy-le-Sec en Seine-Saint-Denis… Mais aussi à Encino en Californie où les habitants ne peuvent plus traverser la rue, c'était la semaine dernière dans les media californien, on souffre à Leonia dans le New Jersey, alternative à l'Intersate 95, c'était dans le New York Times en décembre... Corinne vit sur cette planète où une application dévouée à l'automobiliste, prend nos petites rues  pour des raccourcis... 

Alors on se rebiffe. Des habitants excédés envoient de fausses alertes de bouchons pour dérouter le logiciel, Leonia  a fini par interdire ses rues aux automobiles qui n'étaient pas de la commune...  En France, Aulnay-sous-Bois a élargi un pont pour faire face aux automobilistes déroutées de l'A1, et à Lieusaint, on installe des feux rouges pour ralentir les rescapés de N104.

Nous rusons avec la machine mais qui a le pouvoir?

Dans le Parisien encore. Des caméras ont été installées le long de l'autoroute A86  au niveau de colombes, pour compter le nombre de passagers dans les voitures et vérifier que celles qui empruntent la file réservée au covoiturage ne trichent pas... Au Etats unis, on emploie des caméras à infrarouge, qui repèrent la chaleur des passagers, pour confondre ceux qui embarquent une poupée gonflable ou un mannequin... 

Il est un autre avenir pour l'homme que celui d'automobiliste asservi la technologie... en tous cas Sud-Ouest me l'assure a sa Une, le vélo va s'imposer dans les déplacements en ville. le bvélo à assistance électrique récupère les déçus de la voiture, on a plus vendu de vélo que de voiture l'an dernier... Il faut maintenant adapter nos villes et nos banlieues dit le chercheur Frédéric Héran, et aussi supprimer les feux rouges... Supprimer les feux rouges, à Lieusaint que Waze envahit, c'est une utopie. 

La crise migratoire fait la Une du Figaro et de Libération...

Et les deux journaux se complètent quand Le Figaro parle de fermeté et Libération d'empathie pour ces tunisiens qui prennent le chemin de Lampedusa, et parfois se noient... 

Le Figaro parle seulement de politique, "crise migratoire, l'Europe sous la pression italienne", et décrit le choc qu'inflige à l'union le nouveau gouvernement populiste italien... Mais le journal ne s'offusque pas de la vigueur italienne, au contraire, il l'approuve. 

Son éditorialiste réclame un "indispensable sursaut", car l l'union européenne "court à sa perte par son irréalisme" face à l'immigration, et les Italiens "ont manifesté leur rejet de cette Europe aveugle et immobile" qui devient  "une machine à broyer les nations et leur peuple"...  

En écho... "Soit l'Europe protègera soit elle disparaitra" affirment en pages opinion du Figaro les chefs de la droite française, le patron des républicains Laurent Wauquiez en tête, qui font tribune commune contre le "conformisme suicidaire" européen et saluent les succès populistes comme "des électrochocs salutaires": "la libre circulation ne saurait être celle des clandestins ni celle des terroristes". Et on lit dans cette tribune l'évolution idéologique ou sémantique du grand parti de la droite, qui veut nous réarmer moralement, contre ceux qui ont voulu faire de l’Europe "le laboratoire d'une mondialisation déracinée et apatride"...

Et ce débat révèle. 

En face, Libération parle comme avant, quand nous nous intéressions à la misère du monde, la une est très belle qui montre une plage devant la Tunisie,  "un jour moi aussi je partirai" dit le titre et on lit non pas une histoire étrangère, mais l'histoire éternelle des départs et de la misère et d'une ironie des pauvres, qui digèrent les soubresauts du monde. Des pêcheurs ont surnommé « daech » des crabes bruns venus d’Egypte, qui cisaillent les filets et ravagent les fonds marins... Neji, 55 ans bonnet rouge, philosophe alors. "Ce crabe, on ne doit pas le détester... Dieu nous l'a envoyé pour qu'on corrige nos façons de pêcher". Et il philosophe encore sur ces jeunes qui partent, « c'est naturel, sans ca ils rejoindraient le vrai Daech, qui sait? » 

On pourrait prendre le temps de lire Libération, et de lire dans le Monde un article exclusif, qui raconte un rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté... L'autorité est allée observer l'accueil des étranger par la police à Menton, il est indigne conclue-t-elle... Les policiers font leur travail à la chaine... Ils craquent et giflent parfois des mineurs...

La crise migratoire nous change, Mais Libération parle aussi de l'impuissance européenne... Elle atteint tout le monde.

Et encore des problèmes de voisinage pour finir...

A Fort Mahon, en Picardie et dans le Courrier Picard, allée de Bretagne, des riverains souffrent, car à côté de la rue se trouve le Golf de Belle-dune, "régulièrement cité dans le top 20 des plus beaux parcours de France" mais qui "n’attire pas forcément le top 20 des joueurs". 

Et les  balles des maladroits atterrissent « dans les jardins, sur les voitures, dans les cuisines » parfois et sur les toits des voisins : "Depuis qu’on a acheté la maison, on a dû faire venir le couvreur trois fois !» 

On pétitionne contre le golf qui va peut-être bouger son trou numéro huit.

De vrais problèmes, parfois, nous avons. 

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