Un aztèque de 19 ans rappe et éduque à l'environnement dans un nouveau journal, So Good. Le courage de fillettes qui se rêvent reines de natation synchronisée, Zadig. Les tee-shirts blancs des jeunes blacks et latinos californiens les abritaient de la police, Etiquette.Tristesses des chorales au temps du virus, l'Obs.

Papillon monarque
Papillon monarque © Getty / Vicki Jauron, Babylon and Beyond Photography

On parle de héros ce matin...

Qui montent la garde devant la terre ses forêts et ses cours d'eau et qui en meurent, assassinés, et que La Vie ranime dans un superbe dossier... sur des héros sacrifiés. 

Homero Gómez, 50 ans gérait un sanctuaire  pour les papillons monarques, près d'Ocampo au Mexique et pour le préserver se battait contre l'exploitation forestière, on l'a trouvé le crane défoncé noyé dans un réservoir d'eau...  

Moustapha Gueye, garde forestier en Casamance au Sénégal, qui protégeait la forêt contre les trafiquants de bois, trouvé  jambes et bras brisés et abattu d'un tir dans la tête..

Assassinée aussi au Honduras Berta Caceres qui avant de mourir avait reçu 33 menaces de mort car elle s'opposait à  la construction d'un barrage hydro-électrique, la compagnie qui a commandité son meurtre possède désormais la rivière qu'elle défendait... 

Mort également au Cambodge Chit Wutty un ancien militaire qui s'opposait à la coupe illégale du palissandre, abattu par des soldats qui avaient partie liée avec les trafiquants, 

Morts également abattus par la police ces 13 manifestants qui au Namil Nadu en inde dénonçaient la pollution créée par une fonderie de cuivre...

Et la Vie nous dit l'état exact de la planète: une suite de guerres asymétriques où tombent des inconnus qui dans leur forêt, leur communauté, dérangent les puissants des barrages de la déforestation... Ils meurent au Cambodge au Kenya au Nicaragua au Chili, en Russie en Iran , ils meurent bien sûr au Brésil, telle Dilma Ferreira Silva, qui protestait depuis trente ans contre une centrale hydraulique qui avait forcé le déplacement de 32000 personnes, elle a été tuée chez elle  avec son mari, un voisin et trois autres paysans, les assassinats groupés sont moins onéreux pour les commanditaires ... 

Mais on meurt plus encore aux Philippines comme ces neuf cultivateurs de canne à sucre abattus avec leur avocat sur l'ile de Negros, on meurt en Colombie, on meurt en Chine aussi comme le jeune écologiste Lei Yang, décédé en garde à vue... Les militantes elles souvent sont violées. 

Et pourtant ils et elles se lèvent encore sur notre planète...

Et comme je viens de lire dans l'excellent magazine Bretonsla splendeur des marins pêcheurs de l'ile de Sein qui en juin 1940 partirent en Angleterre à l'aventure de Gaulle sur le Velleda et le Rouanez ar Mor après s'être rassemblés devant l'hôtel de l'Océan pour entendre, sur la TSF que madame Menou Gonidec avait posé sur sa fenêtre, ce général inconnu promettre la flamme de la résistance française. Je pense forcément, lisant La Vie, à notre chanson : "Ami, si tu tombes, un ami sors de l'ombre à ta place..."

Je rencontre ces amis, dans un nouveau journal So Good, il n'a d'autre ligne éditoriale que l'engagement de ceux qu'ils racontent pour un monde meilleur, j'y découvre un quasi enfant aux cheveux très long et au regard  d'éternité, il vient de bien loin, Xiuhtezcatl Martinez, du Colorado, indien aztèque de 19 ans qui rappe et éduque à l'environnement, qui a eu le déclic a 6 ans en voyant un documentaire, Obama l'a décoré à 13 ans, l'ONU l'a entendu à 15 ans, il a 19 ans et se demande comment transmettre aux enfants qui suivront...

On parle aussi de pêche ce matin...

Et on parle des trésors que sont l'eau et l'habileté des hommes, c'est dans Zadig, trimestriel qui ne raconte que la France, et qui cette fois est à Tahiti, où l’on pêchait chaque jour en symbiose avec le lagon les femmes prenaient dans leur paréo les crevettes de mer qui servaient d'appât, des hommes en pirogue frappaient l'eau à coup de pierre volcanique pour chasser le poisson vers le rivage mais la science se perd, on achète du riz des sucreries au magasin, les jeunes ne savent plus pêcher... 

Il est tout de même des rêves pour les enfants. un peu plus loin dans Zadig qui est mon voyage, je vois des courages de fillettes aux corps graciles et musclés, à la peau claire comme délavée de chlore aux lèvres rouges émouvantes et aux cheveux lustrés de gélatine, à Montreuil ou au Havre elles s'entrainent à devenir reines de la natation synchronisée, cette espérance populaire est photographiée, c'est un autre bonheur, par Céline Villegas qui est attachée de production quand elle ne shoote pas une âme de cette matinale.

Ces des rêves d'enfants de France consolent un peu de la grisaille qu'annoncent pour la jeunesse dont Le Parisien et Libération me disent que le chômage l'attend dans notre crise, on lui propose à la jeunesse d'entrer dans le moule de l'auto entrepreneuriat, devenir des précaires flexibles au gré des entreprises. 

Il faut ruser quand on est jeune, cela ne date pas d'aujourd'hui. Une splendide et rare revue, Etiquette, qui ne parle que de mode, me rappelle qu'en Californie, jeunes noirs et latinos se vêtaient tous de tee-shirts blancs trop grands, pour que la police (notamment) les confonde. Etiquette publie aussi l'interview ultime et posthume de Christophe, qui avait tant aimé s'habiller, ce sont des histoires de cuirs, de jeans, de sortie de bain et de cheveux gominés, il se trouvait pas mal Christophe mais un peu petit, il aurait rêvé de faire 1m71, il aurait été alors le roi du pétrole...

Et une ambition pour finir...

Celle de Luis Fernandez qui dans L'Equipe part à l'assaut de la Fédération française de football, il veut fédérer les grands anciens de 1984 et 1998, nos épopées, on les écoute si peu. Cela rafraîchit d'entendre sa colère, elle est celle des passionnés. J'apprécie aussi bien dans Sud-Ouest celle de Thierry Malandain, directeur du centre chorégraphique national de Biarritz qui rage contre l'abandon de la danse. Sur le site de L'Obs, je découvre le désarroi des chorales elles aussi démunies face au coronavirus, car chanter dans un univers confiné précipite dans l'air des aérosols, gouttelettes infimes chargées de son mais aussi peut-être de virus. On est triste tellement triste devant ces passions brimées...

Je forme des voeux pour l'immense Robert Bob Lantin dont la Provence me dit que toute sa vie, il a voulu être champion de vélo, il a 86 ans et le coronavirus a gâché sa préparation pour les championnats du monde masters de cette année, il reviendra l'an prochain!

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