Bonjour... Comment ça va ?... Comme un lundi... Bon, c'est vrai : pour vous saper le moral, il n'y a pas mieux que ce genre de réponse... N'empêche : dans Le Monde, on apprend que "le stress du lundi empêche un salarié sur deux de dormir"... Selon une enquête réalisée sur deux continents par Monster, ce sont les Américains, les Britanniques et les Hongrois qui sont les plus perturbés : 70%... En France, à peine 1 Français sur 5 déclare qu'il ne subit jamais de stress avant le début de la semaine... 52% des salariés français sont "lundiphobes", selon l'expression de Libération, qui titre son article "Lundi, c'est neurasthénie"... Ce sont les salariés danois et norvégiens qui semblent les plus sereins... Cela explique peut-être pourquoi "la France est championne d'Europe de l'absentéisme"... C'est ce que nous révèle le supplément Réussir du Figaro, réalisé avec L'Express... "Le phénomène n'a cessé de progresser depuis l'instauration des 35 heures, nous dit le journal, même si le nombre d'absences injustifiées n'excède pas 4% du total... L'an dernier, nous dit encore Le Figaro, l'assurance-maladie a versé plus de 7 milliards et demi d'euros pour indemniser les journées d'arrêt des salariés dues aux maladies et aux accidents du travail... Comment ça va ?... Comme un lundi... Je ne sais pas comment ça se dit en Inde, du côté de Pondichéry... En tout cas, on y cherche un informaticien niveau Bac+2, spécialisé dans la construction de sites Web... Attention, nous dit Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré, "ce n'est pas un job à la portée de tout le monde : il faut maîtriser l'anglais courant et technique... Et puis évidemment là-bas, les 35 heures n'existent pas... Sans compter que c'est plutôt bien payé : de 10.000 à 20.000 roupies... Bien payé ?, reprend Didier Pobel... à condition de se fier aux zéros... Parce que si l'on sort la calculette, la conversion est soudain moins attirante : de 160 à 320 de nos euros... Il est vrai que l'ANPE, habituée aux files indiennes, va jusqu'à faire remarquer que le salaire proposé est 4 à 5 fois supérieur aux rémunérations moyennes locales... C'est de la roupie de sansonnet, selon Didier Pobel... "Les roupies de la colère", affirme Le Parisien-Aujourd'hui en France, qui note que le PS a demandé à l'ANPE de retirer immédiatement cette offre d'un cynisme indécent, et de faire des excuses publiques... "Choquant ?, se demande Chantal Didier dans L'Est Républicain. Certes... Interdit ?... Non. Sur le fond, l'auteur de l'offre contestée assure être dans son droit, son agence relevant du droit indien... Cherchant à vendre des services toujours moins chers, il joue la mondialisation... Et, poursuit Chantal Didier, à défaut de la morale, il a pour lui la logique... Mais si l'affaire prend tant de proportions, ajoute la journaliste, c'est qu'elle intervient au moment où des négociations s'engagent sur la définition des 'offres raisonnables d'emploi' : celles qu'un chômeur ne pourrait refuser deux fois de suite... Les syndicats et la gauche foncent dans la brèche, comme si un demandeur d'emploi pouvait être contraint d'accepter une expatriation de cet ordre"... "C'est vrai, reprend Francis Brochet dans Le Progrès, que s'ouvrent demain des négociations pour obliger nos chômeurs à accepter un emploi, même éloigné de leur domicile... Mais jusqu'à Pondichéry... C'est vrai qu'on est loin des rêves de cocotiers sur le golfe du Bengale, ou de la gloire de la Compagnie des Indes orientales" (Pondichéry, Karikal, Mahé, Chandernagor et Yanaon)... Au fait Nicolas, vous vous souvenez des noms des comptoirs français de l'Inde ?... Je reviens à Francis Brochet et au Progrès, qui inversent la proposition... La polémique pourrait également naître là-bas... C'est un grand pays, l'Inde, en plein développement... Il risque de répondre à nos chômeurs candidats à l'émigration : "L'Inde ne peut pas accueillir toute la misère de la France"... Retour sur les négociations de demain sur l'assurance-chômage... Comme le dit Jean-Michel Helvig dans Le Républicain Lorrain : "Les propositions du gouvernement sur un contrôle renforcé des chômeurs et l'affectation des excédents de l'UNEDIC sont attendues de pied ferme... Dans les deux cas, dit Helvig, l'intention n'est pas nécessairement irrecevable... Mais c'est (attention à la phrase) l'arrière-pensée subodorée qui bloque"... "L'arrière-pensée subodorée qui bloque" : c'est une expression qui peut faire son effet dans les dîners en ville... Tiens, vous voulez que je vous cite un exemple d'arrière-pensée subodorée qui bloque ?... Le service minimum à l'école... "Xavier Darcos le relance", se félicite Le Figaro... alors que L'Humanité y voit une "grossière provocation"... Le ministre de l'Education nationale "agite le chiffon rouge", vitupère le journal communiste... "Chiffon rouge : c'est aussi l'expression utilisée par Gérard Aschieri, le secrétaire général de la FSU", comme le note Christine Clerc dans Le Télégramme... "Si Xavier Darcos prend le risque d'ajouter du conflit au conflit, remarque Jacques Camus dans La République du Centre, l'attitude des syndicats d'enseignants manque singulièrement d'ouverture... Ce n'est pas briser la grève, ni attenter au droit de grève, dit Jacques Camus, que de permettre aux parents qui travaillent d'envoyer leurs enfants à l'école... à moins, dit-il, qu'une grève réussie ne soit une grève qui gêne, autrement dit une grève-punition pour les enfants et pour les parents"... "Pas du tout : c'est une initiative qui vise à jouer l'opinion contre la grève, les usagers contre les grévistes", répond Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées... "C'est une épreuve de force politique"... Dans L'Alsace, Patrick Fluckiger explique "qu'aujourd'hui, le grand parti d'opposition, c'est le PS... Il dirige la quasi-totalité des régions, plus de la moitié des départements et la majorité des villes... Et les socialistes comptent bien faire fructifier ce capital... Ils en ont l'occasion avec le service minimum dans les écoles... Le PS, que l'on entend peu sur les grands dossiers économiques, dispose là d'un terrain d'affrontement sans risques... mais sans grandes perspectives non plus"... Christine Clerc, dans Le Télégramme, rappelle que l'expérience du service minimum à l'école, lancé en janvier, ne fut pas un succès... 2.000 communes seulement, sur 22.000, organisant une garde des enfants, tandis que les maires de gauche, Bertrand Delanoë en tête, criaient à la casse du droit de grève... "Pourquoi alors, se demande Christine Clerc, Darcos a-t-il relancé cette proposition ?... Parce qu'il y croit, bien sûr, répond l'éditorialiste... Mais surtout parce que le Président de la République, en baisse dans les sondages, a besoin de reconquérir un électorat de droite désorienté... Rien de tel, pour cela, qu'un bon vieux combat droite contre gauche"... Eh oui, un bon vieux combat... Mais est-ce que ça va relancer une popularité en berne ?... Franchement, peu d'éditorialistes y croient, au moment où Nicolas Sarkozy fête sa première année à l'Elysée... un anniversaire morose, comme le dit France-Soir : "Sarkozy, bon an mal an"... Libération n'hésite pas, et fait sa Une sur "la grande désillusion"... Le journal a fait le tour de "la France déçue", de Strasbourg à Lille, et de Lyon à Toulouse... "Quelle chute, mes aïeux !", s'écrie Laurent Joffrin... "Nicolas Sarkozy avait promis un début de mandat qui trancherait avec celui de ses prédécesseurs... La réussite est totale"... Joffrin émet l'hypothèse que la chute a commencé dès le premier soir de l'élection... "En allant au Fouquet's puis, le lendemain, sur un yacht de luxe, Nicolas Sarkozy débutait comme un milliardaire, et non comme un Président"... Joffrin l'appelle "Narcisse libéral"... "Et depuis, dit-il, il porte les habits de ce personnage, comme une tunique de Nessus... Fidèle à sa méthode, il voulut tout faire... Tout se retourna contre lui, même quand il avait raison... L'action devint agitation... la communication, parade... et l'abondance des réformes, source de confusion"... Laurent Joffrin a le sens de la formule... Mais qu'on soit ou non d'accord avec lui, force est de constater que le sondage Opinion Way du Figaro lui donne raison... Les Français sont sévères avec Sarkozy, globalement... 58% de mécontents des réformes... 66% d'insatisfaits... Mais prises une par une, les réformes sont pour la plupart approuvées, voire plébiscitées... 82% des Français sont pour la suppression des droits de succession... Or, c'est une mesure-phare du paquet fiscal... 73% approuvent la défiscalisation des heures supplémentaires... De même, 80% sont favorables aux peines-plancher pour les récidivistes... Commentaire de Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne : "Plus que des faiblesses de style, ce sont sans doute les erreurs de méthode qui rendent souvent illisible l'action gouvernementale et, au-delà, celle du Président de la République"... Conclusion de Xavier Panon, dans La Montagne : "Nicolas Sarkozy, qui se voulait le Président du 'plus', doit convaincre les Français que les réformes ne se traduiront pas, pour eux, par du 'moins' en bout de course"...

Denis ASTAGNEAU

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.