(Nicolas Demorand : "C'est mercredi : nous allons à l'école")... Il y a souvent, dans la presse, des rapports très alarmistes sur le collège... beaucoup moins sur l'école primaire... C'est chose faite, ce matin, dans Le Parisien-Aujourd'hui : c'est un rapport de l'Institut Montaigne, un cercle de réflexion qui rassemble des patrons et des intellectuels de gauche et de droite. Il est accablant. Chaque année, 300.000 enfants (soit 4 écoliers sur 10) quittent le CM2 avec de grosses lacunes en calcul, en lecture et en orthographe. Autre constat : l'école, dont le rôle est de corriger les inégalités sociales, les aggrave. L'écart de niveau entre les enfants de cadres et les enfants d'ouvriers s'accentue du CE2 à la sixième. Parole au directeur de l'Institut Montaigne... Il suggère treize propositions pour améliorer les choses. Il en détaille deux dans les colonnes du Parisien : d'abord doter les directeurs d'école primaire d'un vrai pouvoir : aujourd'hui, les enseignants n'ont pas de comptes à leur rendre. "Les écoles ont besoin d'un pilote obsédé par la réussite de ses élèves et d'une culture du résultat", dit François Rachline ; et puis il critique le calendrier scolaire, qui n'est pas fait dans l'intérêt des enfants selon lui : ils ont des journées de fou. Deux mois de vacances l'été, c'est trop : il faut les réduire de deux semaines, et passer à la semaine de cinq jours qui allègera la journée. Réduire les congés d'été : le ministre de l'Education Luc Chatel y pense... France-Soir le soutient avec un sondage, ce matin : 60% des Français y seraient favorables. Calendrier, programmes, redoublement, aide aux élèves en difficulté, reconnaissance du travail des instituteurs : il y a urgence à réformer l'école. "Le risque, dit le sociologue François Dubet dans Le Parisien, c'est qu'une partie des Français ne croit plus à l'école". (ND : "Ca ne va pas bien à l'école... Ca ne va pas mieux en Europe")... Est-ce l'intrigue des "Dix Petits Nègres" ? Après la Grèce, qui va tomber ? Ou plutôt "Les Animaux malades de la Peste" ? Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés... "La rumeur qui fait peur", titre ce matin La Tribune à propos de ce bruit qui a couru hier les marchés financiers : après la Grèce, l'Espagne s'apprêterait à demander l'aide internationale. Démenti catégorique du Premier ministre Zapatero. Mais les conséquences sont à la Une de La Tribune : grosses flèches vers le bas (-5,4% à la Bourse de Madrid hier, -3,6 à Paris). C'est bien un nouvel épisode de la crise ouverte il y a près de deux ans qui se joue en ce moment. Et pour la première fois, l'hypothèse d'une disparition de l'euro, et même d'une dislocation de la construction européenne, est envisagée. La fin de l'euro... Le Prix Nobel d'Economie Joseph Stiglitz la voit à court terme si l'Europe ne règle pas ses problèmes institutionnels... "Quand on aura vu à quel point il a été difficile à l'Europe d'adopter une position commune pour aider un de ses plus petits pays, on réalisera que si un pays plus grand a des difficultés, l'Europe aura encore plus de mal". La citation est dans La Tribune. (ND : "'La déconstruction européenne' : c'est le titre de l'article d'Eric Le Boucher sur Slate.fr")... Il publie une série d'analyses sur le nouveau monde issu de la crise depuis 2008, et même 2007 avec la première affaire des subprimes. Et le grand perdant de la crise, selon Eric Le Boucher, c'est l'Europe. Arrêtons-nous un peu longuement sur cet article assez impitoyable : "Elle (l'Europe) est entrée dans cette crise avec une structure institutionnelle baroque. Elle en sort politiquement brisée". Au-delà des turlupinades de la finance, Eric Le Boucher en revient à l'économie réelle. Et que voit-il ? que la deuxième firme à avoir déposé le plus de brevets dans le monde l'an dernier est chinoise ; que le constructeur automobile le plus inventif du moment est indien ; que le pays le plus avancé pour le paiement par téléphone mobile est africain : le Kenya ; et que les pays émergents, le Brésil notamment, sont devenus de vrais rivaux, pas simplement des copieurs. Quant aux Etats-Unis, leur dynamisme est certes entamé, mais ils gardent une capacité d'innovation et une démographie positive. L'Europe, elle, s'est endormie depuis vingt ans. Pas de Microsoft, pas de Google, pas de politique d'immigration ouverte alors que son taux de natalité n'assure pas la relève des générations. L'Europe est désunie. L'Union s'est arrêtée il y a un peu plus de dix ans après la création de l'euro. Les égoïsmes nationaux ont repris le dessus. Même l'Allemagne, premier pays de l'Union, est devenue eurosceptique pour avoir le sentiment d'avoir trop payé pour les autres. Les marchés financiers ont compris que la faille européenne, cette solidarité hésitante, leur permettrait de jouer et de gagner beaucoup. Le processus de test peut aller jusqu'à la déconstruction complète de l'Europe. C'est donc à lire sur Slate.fr. Dans Le Parisien, Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI, minimise les risques de contagion de la crise grecque au reste du continent. Mais il n'est pas possible de continuer sans une meilleure coordination des politiques économiques. (ND : "DSK également à la Une de Libération")... "Le jour où il s'est décidé" : c'est le titre... Diable ! On se dit que ça y est : il est candidat à la Présidentielle de 2012. Eh bien non, il y a tromperie sur la marchandise. Libé raconte un dîner à Paris en février dernier : DSK a réuni ses proches. Phrase-clé de la soirée : "Ma réflexion n'est pas achevée, mais elle a commencé. J'ai besoin de notes : donnez-moi des éléments qui puissent alimenter ma réflexion". On est loin d'une décision ferme et définitive, mais c'est un premier pas. Et puis à la rubrique Politique, dans Le Monde, sur Mediapart.fr et dans L'Express (qui paraît désormais le mercredi), vous trouverez de très longs dossiers sur "l'affaire qui fait peur au Président". Beaucoup d'informations pour comprendre cette affaire, mais aucune conclusion définitive. Les questions restent les mêmes : y a-t-il un lien entre l'attentat contre les salariés français des Constructions Navales en 2002 au Pakistan et un contrat de vente de sous-marins au même pays ? ce contrat a-t-il donné lieu à des rétro-commissions occultes qui auraient financé la campagne d'Edouard Balladur en 1995 ? * enfin, quel rôle a joué Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque et porte-parole de campagne d'Edouard Balladur ? Dans L'Express, qui publie les bonnes feuilles du livre des journalistes Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, les propos d'un ancien inspecteur général de l'Armement, Michel Ferrier, sont relatés : "Ce contrat a servi, côté français, à financer les politiques. 10% des commissions versées aux intermédiaires étaient destinées aux rétro-commissions en France (soit à peu près 50 millions de francs). La moitié de cette somme a servi à financer la campagne d'Edouard Balladur". - François Bayrou : vous avez été le ministre de l'Education d'Edouard Balladur et l'un de ses soutiens en 1995. Que savez-vous de cette affaire ? (...) - Dans ce livre sur l'affaire de Karachi, on interroge notamment Charles Pasqua, qui dit que "les rétro-commissions, c'était le secret de Polichinelle de la classe politique française". C'est une expression que vous reprendriez ? (...) (ND : "Direction Haïti, pour terminer")... Haïti où les lycées ne sont toujours pas rouverts, près de quatre mois après le tremblement de terre. Comme souvent, quand une catastrophe majeure se produit, au bout de quelques semaines, elle disparaît des écrans radars. Pour retourner en Haïti, je vous conseille le dernier numéro de la revue XXI, en vente en librairie. Reportage-photos de Gaël Turine sur le culte vaudou. Il a été réalisé avant le séisme, mais il éclaire le destin de ce peuple en proie au malheur et l'empreinte qu'il laisse sur notre Terre. Les photos sont à la fois magnifiques et effrayantes... cet homme en transe dans une grotte, les bras écartés, comme l'image d'un Christ noir... ce boeuf au pied d'une croix, que l'on s'apprête à sacrifier... Sur la page d'à côté, une femme impose ses mains sur les cornes d'un animal. Et puis ces deux hommes, assis dans la mer : pendant des heures, raconte Gaël Turine, ils se sont lavés et versé de l'eau sur la tête. Silence absolu. Ils ont adressé leurs messages à l'Esprit de la Mer, celui qui relie Haïti à l'Afrique. C'est l'esprit qui possède la réponse à l'éternelle question des Haïtiens : "que fait-on ici ?"... Bonne journée...

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