Derniers engagements, ultimes mises en garde avant le 2nd tour. Marine, Digne fille le Pen. Bazar en vue pour le 8 mai et les programmes télé de dimanche

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

La campagne présidentielle 2017 se termine ce soir

Derniers appels à la mobilisation ce matin, notamment à la Une de la presse régionale, « Aux urnes citoyens » clame la Dépêche du Midi avec la reproduction de la Marianne guidant le peuple de Delacroix, dernier face-à-face entre candidats, Macron/Le Pen, interviews croisées dans la Provence, dernières prises de position également des journaux pour « faire barrage à l’extrémisme » est- il écrit dans la Montagne comme dans tous les journaux du groupe centre presse. Yves Harté engage également Sud Ouest en écrivant « Notre journal a toujours été opposé au parti de Jean-Marie Le Pen et de sa fille, pour les valeurs humanistes qui le constituent depuis sa naissance. ». Plus explicite encore Jean Claude Souléry de la Dépêche du midi estime « que le choix est simple, il faut voter. Pour Emmanuel Macron. Contre Marine le Pen. Sans hésitation », « Stoppons là » intime l’Humanité avec la photo de la candidate FN, « préserver la république, c’est la condition préalable à la riposte sociale » poursuit le journal. Plus clair que les évêques de France, Jean-pierre Denis, directeur de l’hebdomadaire chrétien la Vie, rappelle une dernière fois pourquoi il a pris position pour un vote MAcron, « au nom de la liberté et de la presse » soutient-il, Le nouvel Obs qui prévient à sa Une cette semaine, « NI-NI dimanche, Le Pen Lundi »

Ultimes engagements enfin, on retiendra celui de Bernard Arnaud, PDG de LVMH, propriétaire des Echos « parmi les 2 branches de l’alternative électorale, écrit-il dans son journal, l’une est une branche morte, celle de l’enfermement, de la peur, de l’illusoire protection qu’on appelle protectionnisme. L’autre est la branche de l’espérance et de la raison, qui porte un programme de liberté ». Macron sans hésitation conclut-il.

Ultimes ralliements mais aussi ultimes mises en garde, virulentes. Celle du réalisateur François Ruffin, candidat aux législatives pour la France insoumise. « Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï », lance-t-il à Emmanuel Macron dans une tribune au Monde. « C’est un fossé de classe qui, face à vous, se creuse, le prévient-il. Vous portez en vous la guerre sociale comme la nuée porte l’orage. »

Fin de campagne donc, campagne dont l’un des points d’orgue restera le débat entre les 2 candidats

« Pugilat » a-t-on largement commenté hier, mais ce matin, la presse revient largement sur l’œuvre de clarification de cette confrontation, et sur ses éventuelles conséquences. Large bandeau rouge à la Une de Libération ce matin : « Elle n’a pas changé ». Mais c’est le visage de Jean Marie le pen qui apparait en photo, pas celui de sa fille.

Sur le site de Challenge, Bruno Roger Petit se livre à une analyse politico psychanalytique de la prestation de Marine le Pen lors de ce débat : « Tiens donc écrit il, Marine Le Pen se conduit comme une Le Pen, pense comme une Le Pen, éructe comme une Le Pen ? Marine Le Pen se conduit extrême droite, éructe extrême droite ? La belle affaire comme dirait l'autre. Marine à la rose bleue demeure au fond d'elle-même une Le Pen, en mal de reconnaissance paternelle. Et si elle s'est sabordée consciencieusement, avec une stratégie de communication politique aussi atterrante qu'aberrante, c'est qu'elle ne s'adressait pas aux Français, mais à son père ». Ca c’est pour la psychanalyse.

Mais ce sabordage aura des conséquences politiques prévient-il. En une soirée, elle a effacé cinq ans de falsification politique, celle de la dédiabolisation. Cinq ans de reconstruction de l'image du Front national sont passés en pure perte. Désastre politique total, la présidentialité de Marine Le Pen est en atteinte pour longtemps. Désormais, le Front national a un problème, et il se nomme Marine Le Pen. Dès lors, l'alternative est simple. Rester à la tête du Fn pour continuer à perdre, puisque c’est l’objectif. Ou la faire disparaitre politiquement pour se transformer en parti populaire de droite crédible, mais sur quelle ligne, Philippot ou Marion Maréchal le Pen ? En attendant, conclut il, une leçon s’impose, pour le FN, le plafond de verre se nomme désormais Marine Le Pen, et tant qu'il demeurera, rien ne sera possible. En vérité, côté FN, le seul et vrai vainqueur du débat, à l'exclusion de tout autre, c'est Jean-Marie Le Pen ».

Nous ne sommes pas encore au soir du 7 mai, que tout le monde se prépare déjà à l’après…

Ludovic Vigogne dans l’Opinion nous indique ce qu’il faudra bien regarder dimanche soir, au-delà évidemment du portrait du vainqueur qui s’affichera, pour comprendre les conséquences sur le futur quinquennat de ce qu’il appelle la « crazydentielle ». 1, la participation, et les votes blancs. Si ces derniers battaient un record, cela dirait bien que certains pans de l’électorat, celui de fillon ou mélenchon notamment, n’ont définitivement pas été convaincus par l’offre électorale, il sera le signe d’un désenchantement auquel le prochain président devra répondre. 2 le nombre de voix de Marine le Pen. Son père avait gagné 720 000 voix entre les 2 tours. Et elle ? En dessous du seuil des 10 millions, elle en a obtenu plus de 7, 6 au premier tour, se posera effectivement la question du leadership du FN. Enfin dernier chiffre à scruter, écrit Vigogne, celui fourni par les enquêtes réalisées auprès des électeurs le jour du vote ; Combien auront voté MAcron par adhésion ? son point faible jusque là. Son niveau aura forcément un impact sur le début de son quinquennat. Sa capacité de réforme pourrait en être fragilisée, et alors jamais l’expression 3ème tour social ne pourrait être aussi juste. Impact aussi évidemment sur les législatives qui vont suivre

Un début de quinquennat et des législatives qui mettent en tout cas la droite, dans tous ses états. Il faut lire à la suite, les interviews ou prise de positions rapportées par le Point de quelques personnalités des Républicains pour mesure l’étendue de la pagaille qui s’annonce : entre un Bruno Le maire qui propose carrément ses services à l’éventuel futur président MAcron « les étiquettes sont accessoires dit il, seul compte le projet, et il ne voit rien de rédhibitoire dans le projet, aux juppéistes qui ne sont pas loin non plus de jeter par-dessus tête le vieux clivage droite/gauche pour travailler à un contrat de gouvernement avec le président élu, à Xavier Bertrand qui veut croire que la droite reste la droite, et qu’elle doit donc imposer une cohabitation de droite, jusqu’à une Nathalie Kosicusko morizet prête à accorder son soutien au coup par coup, selon les textes…on se dit que le 8 mai, notamment à droite, tout commence !

On termine quand même par le 7 mai Hélène ?

Avec un coup d’œil sur les programmes télé ou radio : soirée électorale spéciale évidemment sur France Inter dès 18h avec Nicolas Demorand, soirée présidentielle aussi sur TF1, France 2 et les chaines infos…mais soirée « normale » pour beaucoup d’autres chaines hertziennes ou de la TNT, avec si l’on veut s’amuser quelques clins d’œil. « Apprenti super héros » sur Gulli à 20H50, vous voyez qui peut s’y reconnaîtr ? , France 4 propose le film d’animation « tempête de boulettes géantes » , ça c’est forcément ce qui va commencer à 20H01 dans tous les états-majors de partis on l’a dit, et sur M6, « Le steack haché sur le gril »…c’est un documentaire, mais comment ne pas y voir une métaphore ce que nous avons tous vécu, citoyens-électeurs depuis un an. 1 an sur le grill de la campagne. Fin, dimanche 20H.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.