(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : issues de secours

(Bruno Duvic) Après l'usine et les ouvriers, est-ce que les juges vont s'inviter dans la campagne ?

Il y a un lien entre les deux sujets. Il est à la Une de L'Humanité sous le titre "Ces jugements qui font peur au patronat".

Et vous allez voir qu'on n'est pas très loin de l'interdiction des licenciements boursiers dont il était question pendant la primaire socialiste

Demain, la cour de cassation doit se prononcer sur le cas de l'entreprise Viveo.

C'est une société française de logiciels pour la banque. Elle a été rachetée par un concurrent qui a décidé de supprimer de 64 postes dans le groupe, un peu plus d'un tiers.

Les salariés ont saisi la justice et la cour d'appel de Paris leur a donné raison en mai dernier. Elle a demandé l'annulation du plan social : il n'y a pas de raison économique sérieuse à ces licenciements.

L'affaire est donc en cassation, elle est importante pour au moins 3 raisons.

D'abord pour les salariés concernés évidemment.

Ensuite parce que deux autres entreprises sont dans la même situation.

Enfin parce que d'habitude quand la justice annule un plan elle le fait a posteriori, alors que le mal est déjà fait. Elle ne fait que demander des dommages et intérêts.

Dans le cas de Viveo, la justice pourrait annuler les licenciements. Du côté patronal, on met en avant l'insécurité juridique que cela créerait pour les entreprises.

Qui l'emportera, réponse de la cour de cassation attendue demain avec un effet de jurisprudence qui intéresse beaucoup de salariés.

Voilà donc l'histoire à la Une de L'Humanité . Les premières pages de journaux sont très variées ce matin. A la Une du Figaro , le grand retour de Poutine au Kremlin. Les observateurs indépendants signalent de multiples fraudes. La presse française ne croit pas beaucoup à la sincérité du scrutin.

Mais puisque le 7/9 est à Moscou, parole à Ilana Moryoussef, correspondante de France Inter. Ilana, que dit la presse russe ce matin ?

Elle s'intéresse évidemment à une autre élection présidentielle...

Les 75% d'impôts de François Hollande vont-ils faire fuir les riches ? Un peu. Dans Le Parisien-Aujourd’hui en France , dossier d'ouverture sur les gros contribuables qui préparent leur exil fiscal en Suisse, en Belgique ou en Grande Bretagne. Un avocat fiscaliste basé à Genève donne quelques chiffres. D'habitude, il délocalise en Suisse de 10 à 15 contribuables venus de France, sur une année. En 2012, les 15 demandes, il les a déjà eues alors que nous ne sommes qu'en mars. A vrai dire, ces exilés sont candidats au départ quel que soit le futur président, car ils sont convaincus que de toute façon ils devront mettre la main à la poche.

Dans Le Figaro , Les Echos et Le Parisien , des analyses sur le même mode : Nicolas Sarkozy est en situation critique, la semaine sera décisive pour le président candidat avec notamment le débat demain qui l'opposera à Laurent Fabius sur France 2.

Rue89 publie un tableau clair des propositions des principaux candidats.

Dans Le Monde , toujours en kiosque, reportage dans les permanences d'élus locaux en cette période de campagne. Maires de communes ou conseillers généraux, ils prennent de plein fouet la détresse sociale des "invisibles". Pour un emploi, un prêt, et plus que tout un logement, ils reçoivent des gens qu'ils n'avaient pas l'habitude de voir dans leur permanence. C'est la petite classe moyenne, des jeunes, des travailleurs pauvres, des femmes seules, des cadres en difficulté, des retraités. Tous ces élus voient les plus démunis s'enfoncer, les plus modestes décrocher. Ils ont le sentiment de mettre des serpillères sur des incendies.

Adeline Hazan, la maire de Reims, raconte comment à Noël, elle a rencontré un ancien agent retraité de sa propre mairie au restau du cœur. Il venait chercher un colis pour offrir un diner de réveillon à ses enfants.

Quoi d'autre dans la presse ?

Le défi espagnol à la rigueur européenne. A peine signé le pacte budgétaire, en fin de semaine, le Premier Ministre a Madrid a tranquillement annoncé qu'il ne respecterait pas ses engagements en termes de déficit cette année. C'est à lire dans Les Echos .

En Europe, même les pays les plus solides commencent à s'inquiéter. Dans La Croix l'Espagne, mais aussi les Pays Bas vont devoir réaliser de nouvelles économies. Les Pays Bas rattrapés à leur tout par la crise, confirme Le Monde .

Mais direction l'Algérie pour terminer. La presse y a envoyé beaucoup de reporters, bientôt le 50ème anniversaire des accords d'Evian. Sur Mediapart.fr , c'est une « Alger capitale de l'ennui » que décrit Pierre Puchot.

A la tombée de la nuit, le centre ville est désert. On a déjà parlé dans cette revue de presse, de la fermeture des bars en Algérie, concession faite aux islamistes. L'alcool continue de se vendre, ô combien, mais en contrebande.

Pas de bar, quasiment pas de cinéma non plus.

Rue Didouche Mourad, le cinéma « Algéria » est en travaux pour une durée indéterminée.

Rue Khlifa Boukhalfa, la cinémathèque historique est à l'abandon.

Ailleurs, l'actuelle fait peine à voir. C'est la seule salle d'exploitation en activité dans le centre-ville.

La jeunesse algérienne, qui a grandi dans les horreurs de la guerre civile, est privée de lieux de vie et de rencontre. Mediapart.fr interroge un documentariste dont le prochain film s'appelle "Y'a pas d'amour".

Pas d'amour dans cette Algérie qui a vu passer de loin le printemps arabe. Pas de sortie de secours... Jusqu'à quand ?

A demain

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