Un géant du renouvelable en Floride, des coraux élevés en aquarium, des camions à hydrogène en Suisse, les Echos Week-end nous invitent aux verdissement du monde. Le Pape en Irak est salué dans la Libération, la Vie, la Croix, et analysé dans sa quête de l'Orient dans l'Opinion. Le Figaro nous livre un Bach revigorant!

Un journal est vert ce matin!

Tout vert, le magazine les Echos week-end, qui contre le scepticisme et la défiance nous requinque d'une réalité, celle d'un monde qui avance vers sa transition écologique. 

Regardez la suisse disent les Echos qui a taxé le diesel et où l'on prépare l'avenir du transport routier dans des camions propulsés à l'hydrogène vert! Regardez Le Havre où de jeunes compagnies françaises veulent relancer le transport maritime à la voile! Regardez la Floride, ça c'est merveilleux, où une biologiste nommée O'Neil a réussi à faire naitre du corail dans son laboratoire, ce fut un jour faste  quand les coraux ondulants ont lâché leurs œufs et leur sperme dans l'aquarium devenu laiteux... Car le corail est un animal qui peut vivre un millier d'années mais que tient le réchauffement et  l'acidité des océans, alors Keri O Neil l'élève, elle ne nourrit à la pipette avec des crevettes saumurées, elle va le régénérer le réimplanter le bouturer le sauver... Oui, regardez la Floride, où  souffle le vent aussi et grandit une entreprise étonnante, Next Era Energy, géant de l'énergie éolienne qui s'est mis aussi au solaire, elle est née d'un service public en situation de monopole local, oui, en Amérique,  et L'an dernier, la cotation boursière de Next Era Energy a dépassé celle de Exxon, vieux pétrolier rétifs à la transition et que le déclin a saisi...  

On nous parle plus en détail d'Exxon sur le site de Capital, dans les Echos quotidien aussi, et dans l'Opinion qui reprend un article du Wall Street Journal. Exxon semblait parier sur une reprise de la consommation de pétrole, mal lui en a pris, l'entreprise et son titre ont été attaqués par des fonds d'investissements et vient de se rendre, il va s'engager dans une grande politique de captation des émissions carbones, la vertu s'impose ainsi. 

Parfois c'est une douceur quand même.   Le magazine des Echos raconte aussi en Allemagne une belle rencontre dans le Bade Wurtemberg, entre l'industrie automobile et le ministre président du Land, Winnfried Ktretschmann, un géant écolo qui défend ses industriels et les accompagne, il est de foi catholique, d'idéologie éco libertaire et par philosophie penche pour le dialogue, il cite Hannah Arendt et comme elle pense que la démocratie se nourrit de tous les points de vue.  

Lisant Kretschmann, j'ai pensé irrésistiblement à un homme en quête de dialogue et qui lui aussi est catholique et qui cherche la paix dans d'autres points de vue... 

Et on parle bien sûr du Pape François...  

Qui arrive en Irak et que la presse salue de belles émotions et de grandes vertus, la Croix dit son audace et Libération son courage, vous lirez dans ces journaux et aussi dans l'hebdo la Vie l'obstination des chrétiens qui s'accrochent à l'Irak où des voisins sous Daesh ont pillé votre maison, mais parfois aussi ces voisins musulmans vous aident à revenir...  

Mais l'émotion n'est pas tout. L'Opinion s'en détache pour analyser la géopolitique de François, le temps long de l'Eglise face à l'Orient... Jadis Jean-Paul II avait voulu se rendre en Irak,  il avait renoncé, mais François fait plus que reprendre ce chemin. Jean-Paul II était ce pape polonais marqué par la guerre froide et la Shoah, qui affrontait le monde comme un européen,  l'argentin François lui se ressent du tiers-monde, et l'occident n'est pas sa référence, et il se veut proche du Proche-Orient qu'il voir comme victime de l'occident et il aborde le monde musulman dans l'idée d'une fraternité; il faut lire ainsi sa visite prévue à Najaf, lieu saint des chiites et sa rencontre avec l'ayatollah Sistani...   

On parle donc d'une ligne politique,  et on lit aussi que pour le Pape, le dialogue avec l'islam est inséparable de son engagement en faveur des migrants...       

Et forcément nous faisons le lien en lisant dans la Croix encore et dans Nord littoral, la colère de Monseigneur Leborgne, évêque d'Arras qui hier à Calais dénonçait la brutalité que subissent les migrants, qui vivent dans la boue sous des tentes que régulièrement la police confisque, "on les traite pire que des chiens", dit Monseigneur Leborgne et cette voix chrétienne, l'entendra t-on, autant que celle de François en Irak?  

Le Magazine du Monde et le site du journal publient un reportage remarquable, j'y vois ce que Hugo disait du vieux Paris et Dickens de Londres, mais nos Gavroches nos Oliver twist de maintenant, enfants des rues enfants voleurs ont des prénoms arabes, ils stagnent hébétés de drogue, à Barbès à Paris, ils vivent de rapine ou de la compassion de vieux commerçants. La journaliste Zineb Dryef et le photographe  Hervé Lequeux ont passé des jours et des jours avec ces enfants, les garçons venus du Maghreb et leurs copines leurs compagnes qui elles sont françaises,  des gamines de l'aide sociale à l'enfance qui ont rejoint dans la rue les migrants perdus... Hana aux grands yeux verts et dont une des joues rebondies est balafrée d'un coup de couteau reçu dans un squat a choisi la rue à 11 ans, elle en a 13, elle se demande si elle n'est pas enceinte, elle partage un sandwich avec un SDF.  

Il se dégage de ce reportage une énergie presque joyeuse et une angoisse atroce... Quand trois hommes exaspérés entrent dans le Lavomatic où les gamins se posent, fument, mangent, et se mettent à les battre, les chasser et cognent le petit Ayoub, qui est en sang et qui pleure, pied nu et en caleçon, "je lavais juste mon pantalon", dit-il, il n'en a qu'un, quelques jours après les enfants reviennent.  

Avec le Monde lisez aussi l'excellente série d'articles que le site de Ouest France consacre aux enfants de la rue, ils ne sont pas seulement à Paris. Je lis dans ce journal que certains s'en sortent, à l'arrivée, en faisant confiance à ceux qui les regardent, on a besoin de lire cela.  

Dans le Journal du Centre, vous lirez comment Isabelle Deschamps, une épuisée par la vie, a été recueillie par un centre pour sans-abris à Nevers où elle s'est relevée, et en est devenue une animatrice, un pilier qui dit aux autres qu'il fait rebondir.  

Et on parle d'harmonie enfin. 

Et de son maître Jean-Sébastien Bach, auquel le Figaro, grâce lui soit rendue, consacre une page sublime et vivante, drôle, nourrie de la science d'un fondu du grand homme, Gilles Cantagrel qui s'éveilla à Bach en chantant la Saint Matthieu à 11 ans, et qui publie son douzième ouvrage sur le compositeur, il nous dit que Bach était drôle, bon vivant, amateur du vin des coteaux de l'Elbe, et puis amoureux querelleur, et même à la façon de son siècle féministe, son épouse Anna-Magdalena était une bonne claveciniste et dans une cantate Jean Sébastien inventait une jeune fille demandant à son père un mari qui ne l'empêcherait pas de boire du café. C'était une conquête.  

Dans l'Equipe et dans Ouest-France, Estelle Mossely qui défend ce soir son titre des poids légers raconte la gageure d'être boxeuse championne, et maman de deux garçons, elle dit que le corps a la mémoire des kilos qu'elle perdu, et qu'il faut aller chercher en soi un égoïsme salvateur...  Le mari d'Estelle Tony Yoka combat aussi ce soir à Nantes contre un belge taquin. On vous en dit plus dans nos journaux.

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