C'est la ville aux 60 stades de foot. A Marseille, on dispute chaque année 6.000 matches, au bord de la mer et dans la poussière des terrains en stabilisé. Planète Marseille, pas celle du Vélodrome, celle des quartiers chauds.

Le foot, comme une surface de réparation ou le rond central de toutes les violences, c'est un « Voyage au bout de la ville » que propose France football cette semaine.

Des jeunes qui jouent au football, au sein de la cité de la Castellane
Des jeunes qui jouent au football, au sein de la cité de la Castellane © MaxPPP

De la Castellane ou a grandi Zidane au parking d'un centre commercial asiatique, en passant par le stade de la Marine, quartier Nord. Un endroit mythique selon les marseillais. Ici, juste derrière les buts, se dresse un immeuble de 13 étages et 100 mètres de long. Une fois, l'ancien gardien a découvert un micro onde jeté d'un balcon.

"Le stade c'est notre poche" dit un gamin. A la Marine, quand les joueurs adverses découvrent les lieux, ils ravalent leur salive. Pas loin, la devanture d'un bar-tabac défoncée par une voiture bélier. C'est ici qu'on "joue" dans tous les sens du terme. Photo d'un ado en jean qui se marre sur le banc de touche.

Dans ce reportage de France foot, Yoann Riou montre les gamins qui expédient leurs devoirs avant les matches du soir, les bagarres qui éclatent pour un rien, les barres de rire et les cafards dans les vestiaires. Pas vraiment de leçon à tirer, pas de perspective non plus. "Le foot gère la paix sociale, dit un éducateur. Comptez le nombre de clubs. S'ils n'étaient pas là, ce serait un peu la Bérézina."

De Marseille à la banlieue parisienne

Bussy St-Georges, Seine-et-Marne, ligne A du RER. Village de 500 âmes il y a 30 ans, commune résidentielle de 28.000 habitants aujourd'hui - 1.000 de plus chaque année. "On y reste quelques années pour profiter de la tranquillité et avant de trouver mieux", écrit Pierre Benetti qui raconte cette histoire dans Libération . Bussy St-Georges, « c'est une ville dortoir, dit une habitante. Les gens pourraient être morts, je ne le saurais pas. »

C'est exactement ce qui s'est passé. Le 16 octobre, un homme a été retrouvé pendu à la porte de son appartement. Cela faisait 8 ans. "Ce type a été oublié" dit un ambulancier dans l'unique café des environs. Il n'habitait pas une maison isolée mais un immeuble propret de cinq étages le long de la ligne de chemin de fer.

8 ans... La boite aux lettres débordait depuis un moment. Les voisins retiraient les pubs, c'est tout. Les dettes s'accumulaient, notamment auprès de la banque où il avait contracté son prêt immobilier. Mais la banque hésitait avant d'attaquer - ce genre de procédures n'est pas bon pour l'image, elle le fera au bout de 6 ans. L'assemblée des copropriétaires mettait chaque année la main au portefeuille pour les charges qu’il ne payait pas. Vu le coût des procédures, on attend que la dette soit vraiment importante avant d'agir.

Même l'huissier mobilisé en avril 2013 ne se rend compte de rien. Il ne demande pas à ce qu'on force la porte. La vente de l'appartement est finalement autorisée sans description ni visite. C'est le nouveau propriétaire qui a acheté à l'aveugle qui fera la découverte.

L'homme s'appelait Thomas Ngin, originaire du Cambodge, fâché avec sa famille. Titre de l'article de Libération : « Un voisin m’a dit ‘le mort est mort’ ».

Instantanés en chiffres, sur Rue89

Etes-vous riche ou pauvre ? L'Insee a publié jeudi dernier sa mise en perspective annuelle des salaires. Année de référence : 2011.

Salaire net moyen : 2130 Euros par mois.

Salaire médian : 1712 Euros, une moitié gagne plus, une autre gagne moins.

L'une des rubriques phares de Rue89 , c'est « Le porte monnaie au rayon X ». Monsieur et madame tout le monde détaillent leurs revenus, d'où ils viennent, ce qu'ils en font. Le site a croisé ces témoignages avec les chiffres de l'Insee et a établi un classement en 10 groupes, du plus pauvre au plus riche. Et ce qui est frappant, c'est la diversité des profils dans chaque catégorie.

En bas de l'échelle, on trouve un plombier de formation, passé par la case prison, et qui travaille pour Emmaüs, une pléiade de jeunes au RSA et une mère de huit enfants qui fait des ménages à Mayotte.

Un peu plus haut, plus de 1400 Euros, cohabitent un jeune trader « crevard de stage », comme l'écrit Rue89 et un croque mort épanoui.

5ème catégorie : 1.700 Euros. Un petit patron qui truande l'Etat pour arrondir ses fins de mois, un salarié dans une cave à vin - pas d'étude, il fait sa carrière au culot.

7ème tranche : on arrive chez les bobos, les cadres et salariés en fin de carrière - plus de 2150 Euros. Une chargée de com' peut se permettre de réduire de 10% son temps de travail pour profiter de la vie.

Dans l'avant-dernier groupe, aucun souci de fin de mois, un jeune avocat côtoie un joueur de poker professionnel et un consultant informatique magicien du tableur Excel.

En haut de l'échelle, plus de 7.800 Euros par mois : un cadre d'origine modeste qui a bien réussi, un entrepreneur en tee-shirts qui fait des affaires dans le tourisme en Indonésie et une députée européenne écolo.

Quoi d'autre dans la presse ?

le rapprochement entre françois bayrou et jean-louis borloo n'est pas encore scellé
le rapprochement entre françois bayrou et jean-louis borloo n'est pas encore scellé © reuters

Instantané politique. En 2013, deux hommes se marient avec l'approbation du journal La Croix . Ils s'appellent François et Jean-Louis. « Quelle stratégie pour le centre ? » se demande le quotidien alors que le rapprochement Bayrou/Borloo est officialisé aujourd'hui.

Dans le reportage de France foot , quand les joueurs de l'OM ne se bougent pas assez, les minots disent : « on dirait des feux rouges ». Feu rouge à la Une de Libé ! "Pourquoi il ne changera rien". « Hollande, autopsie d'un immobilisme ». Calendrier trop serré entre le budget et les élections, conviction que la ligne choisie, politique de l'offre, priorité à la lutte contre le chômage est la bonne. Question de style aussi.

Alors que les commémorations de la Grande guerre approche, un soldat allemand retrouvé sous le mémorial de Verdun à Fleury dans la Meuse. Les bottes, le casque et la plaque permettront peut-être de l'identifier. C'est à la Une de L'Est Républicain .

Et les Goncourt ont fait « Le choix de la Grande Guerre et du grand public », comme le titre L'Humanité . « Au revoir là haut », de Pierre Lemaître, histoire de deux rescapés de 14-18, décroche le bandeau rouge.

La cohue chez Drouant un jour de Goncourt, ce sera le dernier instantané bien français. Photo difficile à cadrer tant le bazar semblait énorme hier.

Pierre Vavasseur dans Le Parisien-Aujourd’hui décrit le visage des dix jurés repeint au flash, la présidente Edmonde Charles-Roux qui craint d'être étouffée, Bernard Pivot ébouriffé, les verres renversés par la perche d'un preneur de son.

Slate a repéré les tableaux accroché les tableaux aux murs de la salle qui tanguent sous les assauts des journalistes.

Le Figaro ajoute les grincements du directeur de salle chez Drouant : « C'est le jour où on réalise le plus petit chiffre d'affaires, on prend très peu de réservations ». De jeunes féministes se précipitent dans la salle juste avant la remise du prix. Elles protestent contre un Goncourt trop masculin.

Il a fallu 12 tours de scrutin pour sacrer ce livre grand public et qui se vend déjà très bien. « C'était les chiffres contre les lettres » résume un juré, un brin frustré.

Et au milieu : un homme de 62 ans, visage émacié, le lauréat du jour Pierre Lemaître : « Je suis le plus heureux des hommes ».

13H50, Pivot a faim. Il renvoie les journalistes : « Je ne veux plus entendre parler que de coquilles St Jacques ! »

« Et c’est ainsi qu’Allah est grand », aurait ajouté l’écrivain Alexandre Vialatte.

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