(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : questions européennes

(Bruno Duvic) Et d'abord ce constat, à la Une du quotidien britannique The Independent ce matin.

Les immigrés provenant d'autres pays européens rapportent de l'argent à la Grande Bretagne. Ils lui en rapportent plus qu'ils ne lui en coutent. 20 millions de livres sur la décennie 2000, environ 16 millions d'Euros. C'est une étude de l’University College London qui parvient à ces chiffres.

Les hommes et femmes qui arrivent de ce qu'on appelait l'Europe des 15 (avant l'élargissement à l'Est) rapportent 64% de plus en taxes diverses que ce qu'ils coutent en prestations. Et même pour ceux qui viennent de l'Europe de l'Est, la contribution est positive : + 12%.

Voilà de quoi peut-être rebattre les cartes du débat sur l'immigration à Londres, sujet central à l'approche des législatives de l'année prochaine. Sujet de crispation entre le Premier Ministre David Cameron et l'Europe. "Union européenne : pour Merkel, Cameron frôle le point de non-retour" titre Le Figaro . « L'attitude de David Cameron exaspère Berlin et Bruxelles », ajoute Le Monde . C'est ce que le quotidien appelle « la surenchère europhobe » de David Cameron. En cause, sa volonté de restreindre la libre circulation dans l'Union européenne.

Rappel du contexte en Grande Bretagne : la montée en puissance du parti europhobe UKIP. Et la promesse faite par David Cameron d'organiser un referendum sur le maintien ou non de son pays s'il est réélu l'année prochaine. « Tout se passe, commente Le Monde , comme si M. Cameron s'enferrait dans un piège qu'il a lui-même conçu. » Il essuie les rebuffades de ses partenaires européens mais le parti Ukip le trouve toujours trop mou. Ce mouvement, déjà en partie maitre du jeu politique à Londres, à l'image du Front national en France.

A ce sujet couverture de l'Express cette semaine : "Marine le Pen présidente en 2017, pourquoi le pire est possible".

Mais retour à l'étude sur les coûts et bénéfices de l'immigration en Grande Bretagne. Un autre quotidien, The Telegraph met en exergue un autre chiffre. Le cout de l'immigration extra-européenne : 120 millions de livres entre 1995 et 2011. Et le quotidien met en cause la politique d'ouverture du Labour lorsqu'il était au pouvoir.

Depuis samedi dernier, au large des côtes européennes, l'Italie a mis fin à son opération Mare Nostrum pour venir en aide aux migrants. Ce qui la remplacera c'est l'opération Triton, organisée par l'agence européenne Frontex. Mais la logique n'est plus la même. Logique bien plus sécuritaire qu'humanitaire. "Nous assurons le contrôle des frontières", dit clairement la porte-parole de l'agence européenne aux Inrockuptibles . Qui ajoute : « quant à savoir qui répondra désormais à la crise humanitaire, la porte-parole peine à masquer son embarras. »

Pour le rapporteur de l'ONU sur le droit des migrants, les Etats ne font aucun effort pour coopérer sur le long terme. 3.000 morts en méditerranée depuis le début de l'année.

« Europe forteresse » dénonce L'Humanité ce matin dans un long reportage en Grèce. Image de cet homme chargé de la désinfection des bateaux sur l'ile de Lesbos : « Une fois j'ai trouvé dans la cale d'un bateau un corps dévoré par les poissons. »

Europe qui se referme dans un contexte de crise. Accusation à la Une de Libération : "Comment l'Europe casse la croissance". La commission revoit à la baisse ses prévisions pour la zone Euro. « Les responsables de l'économie européenne ont-ils une quelconque compétence économique ? » se demande Laurent Joffrin dans l'éditorial. « Une fois passé le plus fort de la crise, il était évident pour toutes les personnes de bon sens que le maintien d'une double austérité budgétaire et monétaire briderait la reprise de l'économie. »

Et dans cette Europe toute molle, la France super molle. Croissance à 0.7% seulement l'année prochaine selon l'Union européenne, contre 1% prévu par le gouvernement. « Le scénario rose de Hollande désavoué par Bruxelles » titre Le Figaro . « La France sous pression », ajoutent Les Echos . Edito cinglant de l'habituellement placide Jean-Marc Vittori. « La France est la patrie de tous les déficits. Déficits de croissance, budgétaire, extérieur, déficit de réforme (…) La vérité c'est que le gouvernement est incapable de maitriser les finances publiques, incapable de changer en profondeur un pays gravement malade. »

Les premiers commentaires de la presse américaine après les élections de mi-mandat

C'est « une vague républicaine » pour The Washington Post . « Une débâcle » pour l'autre camp dixit le site Politico . The New York Times se désole. « Les électeurs ont voulu tout changer. Le résultat sera pire ». Comprenez : un système politique encore plus bloqué. Autre constat du New York Times : « le ressort Obama est cassé ».

Pour avoir une idée du climat, extrait du discours de Mitch Mc Connel, nouveau leader de la majorité républicaine au Sénat sur le site de Usa Today : « Je ne pense pas que le président Obama se réveillera demain avec des idées différentes de ce matin... il sait que moi non plus... »

Mais il ajoute : « Nous avons l'obligation de travailler ensemble » C'est l'espoir de USA Today . En substance, selon l'édito, les Républicains et Démocrates ont l'obligation de mener des réformes et de trouver des compromis pour ne pas arriver avec un bilan vierge à l'élection présidentielle de 2016.

En France, ces propos de Willy Sagnol l'entraineur de l'équipe de foot de Bordeaux. C'était devant les lecteurs de Sud-Ouest : http://www.huffingtonpost.fr/2014/11/04/willy-sagnol-entraineur-bordeaux-joueurs-africains-video_n_6099644.html?utm_hp_ref=france

« Sagnol, premier couac » titre L'Equipe . Interview de Lilian Thuram qui déplore les propos de son ancien coéquipier : « Il existe encore des personnes qui enlèvent toute intelligence aux noires et les réduisent à leur force physique.»

Il y a tout de même de bonnes nouvelles dans la presse ce matin et même d'excellentes. Le deuxième patient sur qui l'on a greffé un cœur artificiel Carmat se porte très bien.

Interview du professeur Carpentier : « Après une douzaine de jours en réanimation, le malade a récupéré un état général très satisfaisant et a retrouvé son autonomie. Il assure lui-même son hygiène corporelle, se déplace tout seul dans sa chambre, où il fait régulièrement du vélo d’appartement. A l’épreuve d’effort, il atteint le niveau maximal sans anomalie respiratoire. Il trouve son nouveau cœur parfait, il ne le sent pas. »

A demain !

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