8H30, l’heure de la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence évidemment avec les très violentes intempéries qui se abattues sur la côte d’azur samedi soir

A la Une de vos journaux, photos de voitures enchevêtrées, torrent de boue charriant les débris les plus incongrus, des photos envoyées par les sinistrés eux même à Nice Matin qui consacre ce matin, 16 pages spéciales à cette « apocalypse ». « Désastre, désolation, catastrophe » les mêmes titres partout à la Une. Et des témoignages toujours, poignants forcément, mais qui nous interpellent aussi sur notre sens des priorités peut-être….

« Mourir pour une voiture, ce n’est pas possible » se lamente un habitant rencontré par Luc Leroux, l’envoyé spécial du monde, dans un quartier cossu de Mandelieu la Napoule..7 morts à Mandelieue, 7 morts sur 17 au total, 7 corps retrouvés flottants près des sorties de parkings indique le maire de la ville. Ginette et Michel auraient pu faire partie des victimes, ils racontent. Eux aussi sont descendus dans leur parking dans l’espoir de sortir leur voiture. Ils se sont retrouvés avec un autre couple de personnes âgées, « ca a monté d’un seul coup » disent ils, les couples s’agrippent les uns aux autres, mais sans l’aide d’un résidant plus jeune qui se transforme en premier de cordée, ils auraient tous été emportés par la lame qui dévalait la rampe d’accès, Ginette dit aujorud’hui « j’ai coulé et j’ai vu le paradis »..entrevoir le paradis pour sauver sa voiture

Alors après les images et les témoignages, « le temps des questions » dit le Figaro : quelles sont les raisons d’une telle catastrophe ? Chacun de vos quotidiens pointant, qui, la difficulté d’anticiper de tels phénomènes météo, qui la difficulté de relier directement la violence de ces intempéries au phénomène général de réchauffement climatique. « Une fois encore l’eau a enfoncé des portes ouvertes », s’exclame Frédéric Dehnez sur son blog hébergé par Mediapart, et Frédéric Denhez rappelle quelques évidences connues depuis plus de 20 ans, au moins depuis Vaison la Romaine : notamment que « cette région a été conçue par des fous » écrit il « entre grasse, cannes, mandelieue, antibes et biot, il n’y a rien, rien de compréhensible : il y a des villes, et entre les villes, des centres commerciaux. Un urbanisme sans plan. Cette région n’a pas été conçue par des êtres vivants, mais par le prix du foncier. La mer rend con, surtout quand elle est au soleil »

Réaction François Fillon :

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Dans la presse également ce matin hélène, un meeting pas comme les autres à Strasbourg hier soir

Pas courant, voire inédit, qu’un chef d’Etat étranger vienne faire campagne chez nous. C’est ce qu’a fait hier dans la capitale alsacienne, le président turc Erdogan face à 12 000 personnes réunies au zénith raconte les Dernière Nouvelles d’Alsace. Dans les gradins, ambiance stade de foot, un drapeau turc blanc et rouge est baladé par la foule. Dans la fosse, femmes et hommes sont séparés en raison, explique t on au journal, de la trop grande promiscuité…(ça se passe donc en France, à strasbourg). le président turc est accueilli sur scène par des pétales de fleurs, il fait jouer l’hymne turc, la marseillaise, puis écoute avec la salle une lecture du Coran…et le dirigeant turc islamo conservateur d’haranguer la foule … il dénonce ceux qui menacent notre pays dit il« avec des armes, des bombes, des pièges, du sang, des gens qui veulent nous entrainer dans les tunnels sombres du terrorisme »..dénonciation du groupe état islamique ? non, c’est du PKK, le parti des travailleurs du kurdistan dont erdogan parle. Chacun ses priorités. Un meeting électoral en terre étrangère pour tenter de mobiliser les 650 000 franco turcs susceptibles de voter aux législatives de novembre, un meeting dénoncé par ses opposants qui ont manifesté au même moment, contre celui qui constitutionnellement est interdit de campagne politique, chez lui. Mais pas chez nous donc

La presse ce matin, de nouveau occupée par le débat sur les intellectuels français

Libération qui assume de nouveau, sa charge contre Michel Onfray et les autres :« contre zemmour, finkielkraut, onfray, oui on est bien-pensants et alors ? » titre le quotidien de Laurent Joffrin. Le chroniqueur Daniel Schneidermann a choisi lui de chercher la femme dans ce débat sur la dérive des intellos français : la femme, c’est Catherine BArma, productrice de l’émission de Ruquier, On n’est pas couchés. « c’est Barma qui a fait l’icône zemmour raconte Schneidermann »« elle aura beaucoup fait dit il pour hystériser le débat politique français, le réduire à des affrontements binaires et promouvoir les dérapeurs en tous genres »…Oui mais Barma n’est pas que qu’une compil de clash, relève le chroniqueur, ses émissions ce sont aussi des heures d’excellentes interviews d’écrivains et de politiques avec la distance juste entre promo et acidité. Voilà, des moments de grâce souillés par l’obligation de buzz… »

Alors pour sortir du battage médiatique fait autour de ces quelques uns, l’Humanité lance la contre offensive ce matin contre ceux dit il « qui dérivent dans les eaux troubles du populisme »: pendant une semaine, tribunes ouvertes aux autres intellos, ces chercheurs, sociologues, écrivains, comédiens, penseurs dit l’Huma, de l’émancipation humaine, Edgar Morin sera le rédacteur en chef du journal le 13 octobre prochain. L’idée est de lutter contre la dé-banalisation du front national, l’idée aussi est d’encourager une reconquête idéologique. Le politologue Paul Ariès lance le débat ce matin « interroger les gens sur le sentiment d’insécurité ou d’identité, c’est les pousser dans le camp des rétrogrades et des xénophobes, les questionner sur la défense du service public, c’est faire grandir un questionnement émancipateur »..L’huma qui nous invite donc à changer de questions, pour avoir droit à de nouvelles réponses

On termine hélène par le portrait d’un homme qui illustre d’une certaine façon, la dérive identitaire qu’on voit à l’œuvre chez nous, et ailleurs

Portrait de Viktor Orban, l’homme que l’europe adore détester aujourd’hui, pourtant héros hier, nous raconte le magazine Society. Society qui est parti à la rencontre de ceux qui étaient à ses côtés dans les années 80 pour essayer de comprendre comment le premier ministre hongrois est passé d’icône de la dissidence communiste à l’incarnation vivante de la montée du populisme en europe. Peter Molnar, ex député, ex col locataire d’Orban qui se souvient de lui n’hésitant pas à clamer « A genoux les curés, et retirez moi ces soutanes ! », lui qui défend aujourd’hui la hongrie blanche et chrétiene. Daniel Cohn Bendit qui l’a croisé juste après la chute du mur « c’était un type ouvert, un libéral lilbertaire ». Oui, mais les circonstances changent les hommes raconte un ancien compagnon de route. Dès les années 90, Viktor orban sent que l’espace politique est bouché à gauche, et qu’il lui faut virer de bord. Il s’est donc rasé la barbe, acheté un costume de conservateur, il avait trouvé le truc pour plaire dit un de ses ex amis. Chaque défaite électorale le renforce dans le choix de la radicalisation…dans une Hongrie effrayée par la mondialisation, il se sert de l’extrême droite comme d’un épouvantail vis-à-vis de l’europe, « jouez pas aux cons, si c’est pas moi, ce sera eux », il se sert des attentats de paris pour lancer sa campagne contre les migrants et faire l’amalgame entre réfugiés et terroristes… s’il était resté fidèle à ses valeurs de jeunesse, il aurait pu faire des choses utiles pour la démocratie et les droits de l’homme se lamente encore aujourd’hui un de ses anciens compagnons de route. Viktator, à lire dans Society, une dérive parmi d’autres…

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