Dans Libération, ces enfants d'un hôtel social dont la mairie de Chilly-Mazarin ne veut pas à l'école. Dans le Courrier picard, la solidarité des anciens de GoodYear aux prudhommes. Dans l'Obs, Raphael Glucksmann plaide pour la gauche et le combat collectif. Dans le Monde, un programme de guerre chimique au Etats-Unis?

Des adultes se battent pour enchanter le quotidien d'enfants atteints du cancer
Des adultes se battent pour enchanter le quotidien d'enfants atteints du cancer © Getty / FatCamera

On parle d'enfants ce matin...

Dans la Ruche, hebdomadaire du centre de la France, je vois Renan, 9 ans, à Cohade en Haute-Loire qui depuis un an lutte contre un cancer au nom barbare, Rhabdomyosarcome, qui s'est logé derrière son oreille. Le petit bonhomme au crâne lisse sourit devant l'imagination des adultes qui ont ravalé l'horreur du "pourquoi lui", et qui essaient d'enchanter son existence que menace le "gros méchant": il allait à ses cures de chimio cet été déguisé en super héros, et pour son anniversaire la semaine dernière, a vu un hélicoptère se poser devant chez lui pour un baptême de l'air...

Des enfants se battent dans les journaux. Regardez dans Libération Herik Souverain Angélique et Patrice, quatre enfants dont la mairie de Chilly-Mazarin ne veut pas dans ses écoles, parce qu'ils vivent dans un hôtel social pour réfugiés, "il n'y a déjà  quasi plus de place pour les enfants des Chiroquois". Ils vont en classe pourtant, Herik Souverain Angélique et  Makanda, déposés avec leurs cartables il y a deux semaines à l'école Pasteur, acceptés par la directrice contre la mairie et en dépit des menaces d'une inspectrice du rectorat, qui avait déboulé dans l'école pour qu'on lui désigne les indésirables qu'elle voulait faire expulser de classe par la police... La directrice a refusé Herik Souverain Angélique et Patrice sont encore à l'école et en sursis, 

Dans ce département de l'Essonne où par ailleurs, 

CONSOLATION... A Limours-en-Hurepoix, un grand enfant nommé Jean-Luc Decluzeau, pâtissier de métier, a réalisé une vraie maison de chocolat, comme dans les contes de fée, on peut y dormir, dit le Parisien, le chalet de chocolat sera exposé dimanche au musée de la céramique de Sèvres, nous sommes un pays heureux. 

Des adultes se battent aussi...

Et tambourinent le matin, dans Libération encore sous les fenêtres de l'hôtel Hyatt à Paris, rue de la paix, Hyatt qui  comme au Monopoly, qui fait 8 millions de bénéfices mais paye bien mal femmes de chambres ou plongistes, qui éveillent le touriste pour 3 euros de l'heure en plus... 

A Amiens, GoodYear, multinationale qui réalisait en 2014, 2.45 milliards de dollars de bénéfices, a fait fermer son usine de pneus pas rentable. Quatre ans après les anciens de GoodYear sont venus demander réparation devant les prudhommes. Leur avocat Fiodor Rilov plaidait hier et avait fait traduire pour les prudhommes les documents en anglais prouvant le lien entre l'usine abandonnée et la multinationale prospère. La presse hier matin annonçait cette audience spectaculaire, décentralisée au Zénith d'Amiens pour accueilli les centaines de plaignants... Mais ce matin, seul le Courier Picard raconte l'audience et l'embarras de la défense de GoodYear... Le verdict tombera en mai.

La solidarité des anciens de GoodYear renvoie à cette rencontre, racontée dans l'Obs, par le philosophe Raphael Glucksmann, avec un retraité de la sidérurgie en lorraine «J’ai deux fils, ils travaillent, ils possèdent chacun une belle voiture, une maison, un téléphone portable. Ils mangent à leur faim et boivent à leur soif. Et pourtant ils votent Le Pen. Ils pensent que tout va plus mal. Nous étions pauvres, mais nous avions le syndicat, nous avions l’usine, nous avions le Parti, aussi l’Église pour ceux qui croyaient. Le syndicat était une grande famille. Mes deux fils sont tellement plus seuls"

Et  contre cette solitude, Glucksmann a écrit un livre, "les enfants du vide" pour essayer de retrouver une gauche et un combat collectif: l'enjeu écologique, dit-il sera l'urgence décisive. Il défend son droit à la politique à la Une de l'hebdomadaire, contre un sociologue de 69 ans, Jean-Pierre Le Goff qui ne veut plus croire. "Notre désaccord est générationnel, lui dit Glucksmann. Il était dangereux de croire que la politique pouvait tout refonder et créer un homme nouveau. Mais il est tout aussi dangereux de penser aujourd'hui qu'elle ne peut plus rien."

Se battre, donc ou se lamenter dans un monde hostile? Quand Libération et l'Humanité s'alarment de l'élection brésilienne, le photographe Yann Arthuis Bertrand nous dit que l'écologie, dans la Croix, sera un acte spirituel, il illustre l'encyclique du pape Laudato si et trouve génial que François dise que le capitalisme détruit la planète... Il faut croire.

Des nouvelles du monde moderne pour finir...

Avec Society, qui montre l'absurde du narcissisme contemporain et raconte l'emprise d'Instagram sur les nouvelles générations, cette application qui permet de mettre en ligne ses photos et sa vie rend fous des jeunes gens de 20 ans qui subissent des opérations de chirurgie esthétique pour avoir, sur l'appli, meilleure image., plus jolie story.

Le Parisien m'annonce l'arrivée des supermarchés sans caisse ni caissière, où je, client, ferai le travail avec mon smartphone, surveillé par des caméras au plafond de la supérette.

Le Monde m'avertit, reprenant la revue américaine Science, contre un programme de recherche intitulé « Insect Allies », nos alliés les insectes, financé par le département américain de la défense. Il  s'agirait d'utiliser des insectes pour modifier génétiquement des plantes en les pollennisant... Mais cette technique pourrait aussi préparer la guerre biologique. 

Pour nous guérir des modernités terrifiantes, voici dans le Courrier picard, une histoire de blousons noirs, comme quand j'étais petit. A Dargnies, canton de Gamaches, où que terrorisaient trois jeunes gens, amateurs de motos vrombissantes et qui avaient tabassé un père de famille excédé par le bruit, avant d'accueillir ainsi, "fils de pute, clochard" un gendarme venu les interpeller. Julien Poulain, Ryan Blaireau et Donovan Maillard ont pris de la prison ferme à Amiens  et ont plaidé ainsi. « Personne ne nous aime parce qu’à Dargnies, on croirait que c’est le club du troisième âge. Les gens, ils ne nous aiment pas, parce que l’on fait du bruit en réglant les moteurs de nos motos. En vrai, on est des nounours », ont-ils dit. Des nounours, les moins de vingt ans croyais-je ne pouvaient pas connaitre...
 

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