Seuls Closer, Gala et twitter semblent se souvenir de Xavier de Castella, que Kenzo aima, qui partit trente ans avant lui. Un opéra sur un fétiche bambara volé dans les années trente, Libération, le Monde Télérama. L’Obs annonce une nouvelle inédite de Simone de Beauvoir sur Zaza qu'elle aima, morte à 22 ans.

On parle d'un couple...

Et donc d'un amour, qui unissait Josette et Léopold dont nous savons la fin tragique, ils sont ces deux octogénaires qui ont été emportés avec leur maison dans la crue de la Vésubie... Mais avant ils ont vécu et ils se sont aimés, et c'est de cela que nous parle, avec grâce, Nice Matin, qui les emmène à sa une pour cet adieu ...

Voilà donc dans les années cinquante Léopold qui est footballeur à Nice et jeune appelé en permission, qui rencontre une fille Josette à Souppes-sur-Loing, Seine et Marne, et coup de foudre, ils vivront à Nice chez les parents de Leopold qui sont boulangers puis chez eux dans le quartier du Ray , il est bottier, elle coud des chaussures, il travaille à trier les journaux , elle fait la tournée des kiosques en Renault Quatre, les voilà retraités, ils s'installent dans la Vallée de la vésubie  à Roquebillière où ils ont fait construire une petite maison, ils s'inquiètent des pluies terribles là-haut, mais ils ont confiance, quand même on leur a donné un permis de construire…

Josette s'occupe du jardin, Léopold va aux champignons, il commence ses journées en allant acheter Nice Matin qui parle de lui et qu'il ne lira plus... Dans Nice-Matin, leur fils parle pour Josette et Léopold. Ils refuse de croire, comme on a pu le lire, qu'ils sont restés volontairement chez eux pour partir avec la maison, ses parents n'étaient pas suicidaires... ils ont du perdre du temps à retrouver des papiers avant d'aller chez les voisins, les eaux ont été plus rapides que leur souci de ne pas laisser perdre des morceaux de vie, d'amour...

En ce lundi nimbé de perte, j'aurais aimé en lire plus sur un autre amour, que la mort avait déjà amputé depuis trente ans, et et dont le survivant est parti hier emporté par le covid 19, on nous raconte entre le Monde le Parisien le Figaro Libération l'émouvant Kenzo Takada  qui était venu chez nous en bateau depuis Yokohama au japon pour devenir dans des métissages de couleurs une des incarnations de la mode à Paris, le titre de Libération est joli "la fête infinie", et nous rappelle que les années 70, 80 où Kenzo prenait son envol et ses modèles dansaient furent des années de fêtes parisiennes transgressives et grimées... Mais je le ne lis pas dans nos grands journaux le nom de Xavier de Castella, qui était architecte et  l'homme que Kenzo aimait et qui aimait Kenzo et qui mourut du SIDA en 1990, étrange destin d'un amour cueilli dans deux pandémies; pour Kenzo après Xavier la vie fut un appendice et les fêtes un désespoir, même si...  Je ne lis le nom de Xavier que sur les sites de Closer et de Gala à qui Kenzo parlait, la presse people donc, mais aussi du Guardian plus complet que nous, et sur des comptes twitter (ceux d'une journaliste du monde, Raphaelle Bacqué, et d'un mémorialistes des années de fête, Philippe Heurteault), je vois des photos de Kenzo jeune vêtu en fille de tissus résille, en 1978, près d'un grand gaillard barbu et fort beau: Xavier qui fut aimé.  

On me parle sur le site  Bibliobs d'un autre amour perdu, celui que Simone de Beauvoir éprouva pour son amie Elisabeth dite Zaza, morte à 22 ans en 1929 et dont Simone pensa toute sa vie quelle était morte d'avoir été écrasée par la morale bourgeoise de son temps. Sort cette semaine un texte inédit de Beauvoir, imprégné de la culpabilité de la survivante, une nouvelle intitulée « les Inséparables », écrite en 1954

« La chaleur de l’alcool et mon indignation m’enhardissaient ; j’avais envie de dire ces choses qu’on ne dit que dans les livres. – Vous ne l’avez jamais su : mais du jour où je vous ai rencontrée, vous avez été tout pour moi, dis-je. J’avais décidé que si vous mouriez, je mourrais tout de suite. »

Mais elle vécut.

On parle aussi de maisons...

Qui sont splendides dans le Figaro qui nous guide d'abord en Amérique, dans un quartier huppé de San Francisco, Pacific Heights, au 2500 Steiner Street se trouve un immeuble blanc construit dans les années Vingt, où vivent des millionnaires de gauche qui subventionnent les candidats démocrates qui conviennent à leur progressisme...

Dans le même figaro, l'opulence perdue de la grande famille De la Rochefoucauld, qui illumina l'histoire de France, mais les héritiers n'ont plus les moyens d'entretenir le château ancestral, à Verteuil, près d'Angoulème, le voilà en vente...

Il n'ets pas que les châteaux. A Dreux, dans un quartier populaire, Prodhomme , je le lis dans l'Echo républicain, la paroisse doit vendre l'église Sainte-Thérèse, qui jadis était une grange, qu'un architecte avait transformé en lieu de culte dans les années 60, mais les fidèles ne viennent lus et l'eglise a été squattée, elle sera démolie.

Les murs tombent, est ce si grave. Dans le Dauphiné libéré dont la Une pleure la jeune Victorine retrouvée morte il y a une semaine, je lis l'histoire d'un village des Hautes-Alpes, Chaudun, qui en 1895 décida de disparaitre; il fut vendu à l'Etat par ses habitants qui abandonnèrent leurs maisons et leurs terres car la vie était trop rude, un journaliste nommé Luc Bronner qui a Paris dirige la redaction du Monde a passé six ans sur cette disparition... Est-elle proche de nos détresses?

On parle enfin d'un opéra...

Qui se crée à Paris cette semaine au théâtre du Châtelet,  oeuvre d'un musicien britannique, Damon Albarn, et du cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako, il s'intitule  « le Vol du boli », vous lirez sur les sites du Monde, de Télérama, dans Libération, le sort du boli, un fétiche bambara, un assemblage de terre de cire d'abeille de bois et de sang à la forme d 'un petit marcassin, que le poète écrivain Michel Leiris vola dans un village dans les années trente, il en conçut un remords inextinguible; la statuette est au musée Branly, Albar et Sissako parlent avec une ferme douceur des objets qui meurent quand on les retire de leur sol, l'opéra arrive quand on débat des restitutions à l'Afrique des oeuvres d'art pillées,  quand nos identités souffrent aussi: Leiris avait dit ceci de son forfait: "On se sent joliment sur de soi lorsqu'on est blanc"...

La Croix publie l'intégralité de l'encyclique du pape François sur la fraternité. Ce n'est pas de trop que lire avant de commenter.

Dans le Télégramme, je lis la détresse d'un quartier  de Vannes en proie au trafic de drogue depuis des années, la paix y est un peu revenue depuis que le trafic a été vendu à des gangs albanais. Voilà une tristesse pour aujourd'hui. 

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