Si l’ironie était autorisée dans un domaine aussi sensible, on dirait que Jacques Chirac a été hospitalisé… en excellente santé... Le communiqué d'hier est là pour nous le rappeler... Pourquoi alors, s’interroge Jacques Camus dans "La République du Centre"… Pourquoi une semaine en chambre…Surtout quand on connaît le peu de propension de Jacques Chirac à l’immobilité… Du coup, on nous en dit trop… ou pas assez... Parce que, forcément, cette hospitalisation va alimenter toutes les spéculations et accélérer le calendrier de la Présidentielle, ajoute Hubert Coudurier dans "Le Télégramme de Brest"… Il serait indigne d’une démocratie aussi avancée que la nôtre qu’on lui cache la vérité, comme ce fut le cas avec le cancer de François Mitterrand, dévoilé uniquement dans sa phase terminale… Sans oublier la maladie de Georges Pompidou. François Bayrou et François Hollande ont raison de réclamer plus de transparence, note Michel Noblecourt dans "Le Midi Libre"… C’est une exigence, si l’on veut que l’alerte médicale ne sonne pas comme une alerte politique. Voilà pour la tranparence… on y reviendra dans une minute…Je voudrais d’abord vous livrer la Une de "Libération", sous le titre : "Duel au chevet" : ce dessin pleine page, où l’on voit Jacques Chirac dans son lit d’hôpital, et là, au bout du lit : deux oiseaux genre oiseaux de proie, à tête humaine : les têtes de Villepin et de Sarkozy. Je ne suis pas spécialiste en ornithologie, mais, vu la forme du corps représenté, ces oiseaux-là sont des vautours. Ca y est, c’est Dallas, écrit Jean-Michel Helvig : ce n’est plus un pouvoir politique, c’est une série télévisée… Comment, mais comment le pays, 20 mois durant, va-t-il pouvoir tenir le peu de rang qui lui reste avec un Président de la République dont l’état de santé, pour ce que l’on en sait, imposera forcément une activité réduite ? Face à ce constat, l’éditorialiste de "Libé" apelle Jacques Chirac à la démission… Un acte qui ne ferait qu’anticiper sa non-candidature rendue irrémediable par le triple handicap d’une panne sèche politique après l’échec au référendum, d’un âge avancé et d’une santé qui n’a plus l’insolente vigueur des années d’avant. Signé "Libé". Dans le même journal, comme dans tous les autres, vous pourrez découvrir à loisir comment et sur quelles bases s’organise ce duel au chevet… Sarkozy-Villepin : le style de l’un, le style de l’autre, le projet de celui-ci et le projet de celui-là… Les pensées et les arrière-pensées… des deux...C’est dans toute la presse ce matin, avec cette répartition des rôles… Le rebelle et le fidèle, la rupture et le changement… Ce qui n’est pas tout à fait la même chose… L’un veut inventer un modèle français, l’autre le réformer. Notez que dans "Le Parisien", vous verrez deux photos couleur des rivaux de la droite : Nicolas Sarkozy acclamé à la Baule par une UMP à sa dévotion… Et, drôle d’idée : Dominique de Villepin, torse nu, footing sur la plage. Enfin bon… Les deux hommes, vous les retrouvez également sous les traits d’un dessin, dans le meme "Parisien-Aujourd’hui en France"… « Tout va bien, le Président se repose », dit le Premier ministre… « Au Val de Grâce", lui répond le ministre de l'Intérieur... Faussement étonné... "Mais non", rétorque Dominique de Villepin... "...sur moi". La transparence sur l'état de santé du Président... La nouvelle donne politique que peut constituer cette hospitalisation... Vous l'avez compris, c'est le sujet principal traité par la presse aujourd'hui, la presse nationale comme la presse régionale... Exemple à Nancy, avec "L'Est Républicain" et son directeur, Pierre Taribo... Bonjour... Alors vous aussi, vous protestez contre le manque de transparence... Vous faites beaucoup, dans votre journal ce matin, sur la santé de Jacques Chirac et la rivalité Sarkozy-Villepin... Terminons ce chapitre avec "Le Figaro" et son encadré sur le Val-de-Grâce : "Hôpital ultra-protégé"... C'est l'un des secrets les mieux gardés de la République... Les plus hautes personnalités politiques françaises et étrangères fréquentent cet hôpital sans qu'aucune information ne filtre jamais. Ce qui est d'ailleurs un exploit, puisque l'établissement compte 530 lits, et qu'il emploie 1.200 salariés. S'appuyant sur le témoignage de Michel Charasse, "Le Figaro" nous explique qu'il existe une "chambre du Président", disposant d'une entrée secrète, située dans une partie suffisamment isolée pour que personne ne sache qui s'y trouve... * Ca doit vous rappeler des souvenirs, Bernard Debré... Il existe bel et bien, ce quartier ultra-confidentiel... *** Dans l'aile droite, vraisemblablement au rez-de-chaussée, dit "Le Figaro"... Vous confirmez... Je ne voudrais pas vous casser le moral, mais de toute façon vous ne l'avez pas... Vous... Nous... Ne l'avons pas. Puisque, décortiqués par un sondage, nous sommes un chiffre : 73 %.. C'est une enquête CSA pour le journal "La Tribune"... Près des trois-quarts des Français voient la vie en noir... Pessimistes sur l'évolution de la situation économique sur les 6 prochains mois... Jamais le moral n'avait été aussi bas qu'en cette rentrée 2005. Pire encore : 9 Français sur 10 s'attendent à une dégradation de leur pouvoir d'achat. Oui, ça casse l'ambiance, mais c'est comme ça... Avec ce fait nouveau : le sentiment d'insécurité économique, donc sociale... Ce moral en berne... Il gagne toutes les catégories de la population. Alors que faudrait-il faire... Eh bien, justement, le sondage pose la question : quelles devraient être les priorités du gouvernement pour cette rentrée... La majorité absolue, 57 % des personnes interrogées, répond : augmenter le pouvoir d'achat... En second, arrive la lutte contre les délocalisations : 53 %... Alors que les deux soucis les plus mineurs concernent l'assouplissement du Code du travail et des règles de licenciement... Et surtout la réduction du nombre de fonctionnaires : 21 % seulement des Français la considèrent comme indispensable... Commentaire de Pascal Aubert dans son édito : "Noir c'est noir : si le Premier ministre et son gouvernement nourrissaient encore quelque illusion sur la réalité du malaise qui mine le pays, les chiffres sont là. Ils sont accablants". Saluons maintenant la naissance d’un petit nouveau dans la presse française : c’est un supplément hebdomadaire : celui du "Parisien", chaque lundi… Il s’appelle « Le Parisien Economie"... Il se veut le premier hebdomadaire économique grand public. Quand je dis "un petit nouveau", c'est plutôt un gros bébé d’ailleurs, puisqu’il contient 55 pages. Alors, pour fêter cette naissance, « Le Parisien Economie", donc, nous gratifie d’un sondage CSA réalisé du 23 au 31 août auprès de 605 salariés du public et du privé… D’où il ressort que 8 salariés sur 10 ont une bonne opinion de leur patron. Oui, 8 sur 10, qui ont le sentiment, explique Daniel Lihnart, spécialiste du travail au CNRS, que le patron, c’est celui par qui l’emploi est arrivé, qui le préserve et le maintient. Ah oui, ça, le boss, ils l’aiment bien, les salariés interrogés : ils le trouvent d’abord efficace… C’est le sentiment de 53 % d’entre eux… Une belle proportion… Et aussi, à l’écoute des salariés : 45% l’affirment… Dans un élan qui donnerait presque au propos une dimension proverbiale : gentil comme un patron. Reste à savoir pourquoi… Quelles sont les raisons de ce résultat somme toute étonnant… Eh bien, Thierry Chavel, co-responsable du diplôme universitaire de coaching à Paris-2, l’explique de cette façon : la perception du dirigeant, fondée sur la figure traditionnelle de l’autorité du père, évolue vers une demande de sécurité affective proche de la mère. Comme quoi, et si l’on en croit ce sondage, 80 % des salariés français se considèrent comme les enfants de leur patron. Voilà. Quant aux 20 % qui pensent le contraire, ils doivent se compter dans les rangs de ceux qui craignent, à tort ou à raison, de perdre leur emploi, ou qui sont victimes de harcèlement, d’injustice… Enfin de tout ce qui fait que la vie dans l’entreprise n’est pas toujours la vie de château… Mais ceux-là, vous ne lirez pas leur témoignage dans "Le Parisien Economie"… Et pour cause… Il n’y en a pas…. Vous pourrez lire en revanche la réaction de quelques chefs d’entreprise ravis… Forcément… Ravis comme un patron… Qui, on le sait depuis l’université du MEDEF la semaine dernière, est là pour réenchanter le monde… La preuve...

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