(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : comment ça va la p'tite santé ?

(Bruno Duvic) Ca va pas fort, répond un député de la majorité. « On est sur un toboggan avec de l'huile d'olive dessus. Et il n'y a pas de fond. »

Un secrétaire d'Etat ajoute : « On n'en est plus à une merde par jour mais à trois »...

Et c'est vrai que la journée d'hier a bien été celle des trois emmerdes

La première : popularité 13% pour le président de la République dans le baromètre Sofres-Figaro Magazine . 19% selon CSA et Les Echos . « Le verdict est désormais sans appel, commente lemonde.fr : quel que soit l'institut de sondage choisi, François Hollande est le président le plus impopulaire de la Vème République»

Libération essaye de relativiser ce terrible 13%. Attention à l'effet loupe ! Le sondage Sofres a été réalisé vendredi et samedi dernier au terme de la semaine de toutes les secousses et du remaniement. Et les mauvais chiffres économiques du mois d’août expliquent cette dégringolade, selon l’institut de sondage.

Manuel Valls est entrainé dans la dégringolade : il perd 14 points en un mois, à 30% de popularité.

« Jusqu'à quand tiendra le président de la République ? se demande Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro . On sent approcher le moment où François Hollande sera totalement paralysé, pris en tenaille d’un côté par sa majorité, de l’autre par nos partenaires européens. »

Dans Les Dernières nouvelles d'Alsace , Pascal Coquis évoque « ce petit nuage de pluie qui semble se déplacer en permanence au-dessus du président ».

Nuage particulièrement chargé hier. C’est la deuxième emmerde. Comme prévu, le livre de Valérie Trierweiler fait un carton en librairie. 15.000 ouvrages vendus dans les Fnac dès la mi-journée. Des librairies en rupture de stock. La tête du hit-parade sur Amazon. Faut-il rappeler que pour la plupart des ouvrages parus en cette rentrée, le chiffre de 5.000 ventes est déjà le signe d'un succès.

Ce livre, même ceux qui prétendent ne pas en parler, en parlent finalement.

L'Humanité par exemple. « Nos colonnes n'ont pas vocation à commenter les vaudevilles bourgeois, écrit Maud Vergnol dans l’éditorial. Mais l'ampleur des réactions suscitées par les propos attribués à François Hollande sur les sans dents mérite qu'on s'y attarde. Ils font remonter à la surface la colère des Français face au mépris de classe du gouvernement. »

Les « sans dents », expression dont on n'est même pas sûr que le président l'ait prononcé, pourrait bien le lancer un bon moment, symbole d'un mépris présumé pour les pauvres. Statistique incongrue sur lemonde.fr pour montrer lien entre pauvreté et difficulté d'accès aux soins dentaire : il manque en moyenne 15 dents aux seniors les plus pauvres.

Dans ce contexte, la troisième emmerde, la démission du secrétaire d’Etat Thomas Thevenoud, en délicatesse avec le fisc, passe presque au second plan. Ce titre, tout de même dans Le Parisien-Aujourd’hui en France : « Il ne manquait plus que cette démission »

Comment ça va la petite santé ? Il y a un homme de 84 ans qui a un sourire mi triste mi satisfait ce matin à la Une de L'Opinion . C’est Michel Rocard. C'est finalement sa ligne qui triomphe, plus de 20 ans après son passage à Matignon. Grande interview dans laquelle il apporte tout son soutien à Manuel Valls et Emmanuel Macron, à condition qu'ils passent des paroles aux actes. Mais le constat sur l'état de la démocratie française n'est pas très rose. Et Michel Rocard incrimine notamment les médias. A propos de l'affaire Trierweiler et des commentaires qu'elle suscite : « La presse est aujourd'hui structurée pour faire de l'argent sur le viol ». Les excès de la transparence : « Aucun Etat ne peut plus aujourd'hui préparer une mesure discrètement, c'est une amputation démocratique. » « La gauche a besoin de retrouver les chemins de l'immatériel, elle s'est perdue dans l'appétit d'argent. »

Un fou à la Une !

Comment ça va la p'tite santé - santé mentale ? Pas fort du côté de l'Olympique de Marseille. Nouvelle crise au club : l'entraineur Marcelo Bielsa s'est ouvertement payé le président du club lors d'une conférence de presse hier. Désaccords sur le recrutement. « Tempête à l'OM », titre La Provence . « Marseille brule-t-il ? » à la Une de l'Equipe.

Avec un homme comme Bielsa sur le boulevard Michelet, il était évident que les disjoncteurs marseillais allaient mettre mis à rude épreuve.

Surnom : le fou. Long portrait signé Leo Ruiz dans le mensuel So foot . « Nous sommes face au meilleur entraineur de la planète » dit de lui son collègue du Bayern de Munich Pep Guardiola.

Football 100% offensif. Un ami résume le personnage : « Sur le terrain, c'est Pablo Picasso, en dehors, il faudrait l'interner. »

D'ailleurs, Bielsa est régulièrement interné, de son propre fait. 2007, par exemple, il prend en main la sélection du Chili. La légende veut qu'il ait vécu pendant 3 ans dans une chambre de 6 mètres carrés, équipée d'un écran plasma et d'un crucifix, pour ne pas se laisser distraire. Seul luxe : un Nissan d'occasion pour ses quelques sorties.

Bielsa, c’est une boule de nerf devant le banc de touche pendant les matches, un entraineur exigeant jusqu'au délire. Ses joueurs, qui l'admirent, le suivent jusqu'au point de rupture. « Il pousse ses équipes au suicide dit un viel ami ».

Lors de sa première conférence à Marseille, il a parlé pendant 2 heures tête baissée. "Je vous regarderai quand j'aurai levé les yeux de mon livre de français » a-t-il expliqué aux journalistes. Un vieil ami encore. Quand j'ai regardé ces images, « j'ai vu un homme qui paye sa souffrance. »

Direction l'Arabie saoudite, à présent

Quand la révolution commence au supermarché. En Arabie, les femmes sont tellement cantonnées à la maison que jusqu'en 2012, lorsqu'elles s'achetaient des culottes et des soutiens gorges, c'est à des hommes qu'elles avaient à faire dans les magasins. Paradoxe ridicule. Mais c'est en train de changer. Le secteur privé se féminise, sous l'influence de patrons audacieux et aussi en douce du roi Abdallah, un peu plus ouvert que les hommes de sa police religieuse.

Dans Le Monde , Benjamin Barthe raconte l'épopée d'un supermarché de Ryad où, petit à petit, le patron a imposé des femmes aux caisses. Une évidence ici, un coup de boutoir en Arabie. « La féminisation va transformer le marché du travail mais aussi les mentalités et la société dit un homme d'affaires. » 50.000 femmes seulement travaillaient dans le secteur privé en 2011. C'est 10 fois plus aujourd'hui.

Dans le supermarché de Ryad, souvenir d'un séminaire où l'on montre aux caissiers mâles de l'entreprise 2 graphiques de productivité. Celui des femmes étaient nettement meilleur. Vexés, les mecs se sont mis au boulot.

« Comment ça va la p'tite santé ? », c'est le titre de la dernière livraison de la revue Schnock

Expression « desprosgienne » en diable. Desproges à la Une de Schnock , cette revue qui se porte comme une veste de tweed, gentiment conservatrice, mais branchée si on l'assume bien.

Le dossier consacré au procureur du Tribunal des Flagran intéressera même ceux qui connaissent leur Pierrot sur le bout du doigt. Les anecodtes du vieux copain Jacques Catelin. La lettre de refus de Desproges au Who's who qui souhaitait l'accueillir dans ses colonnes. « Ne me retirez pas votre amitié pour si peu », écrit-il au directeur qu'il ne connait ni d'Eve ni d'Adam.

Desproges ou « le syndrome Pierre Mendès France », selon Philippe Meyer qui l'a bien connu. Plus populaire après sa mort qu'avant. Tellement populaire aujourd'hui qu'on a peut-être oublié le côté décapant, on dirait trash aujourd'hui. Exemple avec ce que Schnock retient comme l'un des moments marquants de sa carrière. Entretien avec Bernard Rapp dans l'assiette anglaise. C'est un mois avant sa mort, il s'apprête à sortir l'almanach Desproges. https://www.youtube.com/watch?v=xl4TP5Fh3nU

Et ce rigolo grossier savait aussi manier la langue et les figures de style, rappelle Schnock , qui analyse le discours Desprogien sous le titre « Occurrence, flatulence et élégance ». Il pratiquait l’art du zeugma, notamment, cette figure de style qui consiste à jouer sur le double sens d’un verbe dans une énumération. Exemple : « Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi, le petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane. »

Bon week-end !

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