Donald Trump est un as au golf, mais et se vante, car la réalité n'est pas son domaine, dit Slate, et le Washington Post confirme, repris par Le Monde et le Figaro. Amazon pèse mille milliards de dollars" célèbrent les Echos mais dans l'Est républicain raconte la difficile résistance des libraires lorrains...

On  commence par les chasseurs ce matin...

Et la Une de l'hebdomadaire l'Eveil, dans le centre de la France, laisse rêveur sur la déconnection entre les grandes actualités politiques et la petite vie réelle des administrés. "Les chasseurs inquiets", titre le journal... Tiens! On se souvient, que Nicolas Hulot démissionna notamment en raison de la gentillesse du chef de l’Etat envers le lobby des chasseurs, Emmanuel Macron avait diminué de moitié le cout du permis de chasse national...

Et bien. Vu de la Haute-Loire et de l'expérience de Louis Garnier, président de la fédération départementale des chasseurs, qui le dit à l'Eveil, c'est  « une fausse bonne nouvelle ». Si le permis de chasse national passe à 200 euros, le permis de chasse départemental, 195 euros, timbre grand gibier inclus, n'aura plus aucun intérêt... Or c'est ce permis et ce timbre qui financent la fédération et notamment  les réparations des dégâts que cause le gros gibier aux cultures : 300000 euros en Haute-Loire du 1er juillet 2017 au 1er juin 2018... Comment faire si l'argent va à paris? Et voilà le petit monde de 6000 chasseurs de Haute-Loire, bouleversé par des cadeaux dont il n'a que faire, puisque la chasse se pratique au coin de son champ... 

Et la chasse nous raconte donc ce pays qui se centralise toujours, pour résoudre ses contradictions. 

C'est parfaitement expliqué dans Sud-Ouest. La FNSEA, grand syndicat des agriculteurs, a lancé l'offensive contre les chasseurs et le grand gibier, ces sangliers qui piétinent le maïs ou ces cerfs qui blessent les arbres, et le gouvernement, l'Etat, crée un comité national de lutte contre les dégâts du grand gibier... Cela explique la centralisation des ressources de la chasse, cela se règlera à Paris, et en Gironde aussi, on s'étonne... On n'a pas attendu ce comité pour travailler main dans la main avec les agriculteurs, ronchonne Henri Sabarot, président de la fédération des chasseurs de la Gironde... 

Paris donc ou la vérité des gaulois du village? C'est une culture quand l'actualité des journaux nationaux est celle des splendeurs du pouvoir. Et nos journaux racontent ce matin la confirmation du prélèvement de l'impôt à la source, comme une aventure des puissants, "ils prennent le risque" proclame le Parisien, Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont ensemble à la Une, Macron donne le feu vert, titrent les échos, Libération moque en Une Macron, "impôts en avant un pas en arrière", le Canard enchainé ironise sur « le tango de Macron », ces quelques jours où le Président a hésité, en redoutant des avatars informatiques et les réactions de l'opinion... L'opinion, cette contingence pour les grands dont parlent les grands journaux...

Et on parle des exploits sportifs d'un grand de ce monde...

"Arrêtez tout: on a trouvé un domaine dans lequel Trump n'est pas complètement nul" proclame Slate, c'est le golf. Et oui, le président américain est bon au golf... Il y consacre du temps, «sur ses 590 jours de travail, Donald Trump en a utilisé 153 sur ses parcours de golf",  cela paye, il est, à 71 ans "le meilleur golfeur de l'histoire de la Maison-Blanche, aucun président n'aurait eu une chance contre lui, y compris Dwight Eisenhower", proclame Sports illustrated...  Mais évidemment, aucun éloge n'est sans équivoque... Car Trump qui sait driver, se comporte mal sur les greens, il triche un peu et il fantasme un peu ses scores... Commentaire d'un journaliste qui a joué avec lui...  «Le monde de Trump est un univers parallèle où la vérité prend des formes diverses, dont quasiment aucune n'est basée sur la réalité.»

Et le golf de Slate rejoint le Washington Post, qui a publié hier des extraits du nouveau livre de Bob Woodward, une des deux légendes du Watergate, consacré  au chaos de la Maison-Blanche, il s'appelle "Fear", la peur. On y découvre des conseillers maudissent le patron, "c’est un idiot. C’est inutile d’essayer de le convaincre de quoi que ce soit. Il a déraillé, on est chez les fous, je ne sais même pas ce que nous faisons là », ou qui lui mentent ou lui volent des documents au nom de l'intérêt national: Gary Cohn, un de ses conseillers économiques, aurait "subtilisé une lettre sur le bureau de Trump" avant que le président la signe, et mette fin à un accord commercial avec la Corée du Sud... L'accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique  été sauvé de la même façon. Le Président ne s'en est même pas rendu compte... C'est en français dans le Monde et le Figaro...  Et le pouvoir ici n'est plus splendide mais terrifiant de vacuité... 

On a en comparaison une infinie tendresse pour nos simples gouvernants et leur entêtement bien de chez et la Provence s'attarde sur un homme de 79 ans, élu pour la première fois en 1965...Jean-Claude Gaudin, toujours maire de Marseille, mais qui a cédé la présidence de la métropole, lieu du véritable pouvoir, et part en vacances, un peu d'inquiétude au coeur. "La politique, c'est toute ma vie, je ne joue pas au golf", dit-il... Le golf, décidément.

Et un vrai géant pour conclure...

Amazon... qui possède, tiens, le Monde le rappelle, ce Washington post qui publie Woodward, mais qui, surtout, a passé la barre des mille milliards de dollars de capitalisation... Seul Apple avait atteint ce niveau, et les Echos racontent la transformation d'un petit libraire intello en un milliardaire possédant la plus grande fortune mondiale, Jeff Bezos, trentenaire gringalet à la calvitie précoce est devenu un homme musclé marchant avec détermination, je cite, et quelle est la limite? 

En France, au bout de l'empire, des petites gens tremblent, comme on tremble devant les pouvoirs. "Amazon dévore tout sur son passage" parole de Marie Pierre Reibel, coordinatrice des libraires indépendants de Lorraine, qui raconte dans l'Est républicain cette cliente d'une librairie vosgienne qui a quitté le magasin, mécontente d'une file d'attente de trois minutes, en lançant: "Je m'en fiche, je l'aurai dans deux jours avec Amazon"... il y a 45 libraires indépendants en Lorraine, qui espèrent que la jeune génération ne désertera pas, et se consolent dans les zones rurales où la high-tech est moins présente et où la réouverture d'un libraire est une joie. Espérons. 

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