Les mauvaises herbes envahissent Toulouse, la Dépêche. Le Monde raconte la lentille canadienne, et pour sa liberté défie ses actionnaires. Thomas Piketty veut éradiquer les milliardaires et circonscrire la propriété privée dans l'Obs. De merveilleux anglais franchissent le Channel pour soutenir Dunkerque, So Foot.

On parle de mauvaises herbes... 

Qui envahissent Toulouse, dopées par la chaleur et la pluie, et aux Minimes et à Saint-Cyprien, des quartiers résidentiels prennent des airs de terrains vagues quand le béton cède au chiendent, et au cimetière de Terre Cabade, l'herbe est plus haute que les tombes, et tout ceci me dit la Dépêche a une explication; on a supprimé les pesticides, les phytosanitaires, le glyphosate et ses cousins, officiellement bannis des collectivités, et la nature alors reprend ses droits, où sont les cantonniers? Et voilà donc l'amertume du bien, sauver le monde ne se fait pas sans inconvénient.
La Vie nous dit les premiers gestes qu'il faudra mettre en place chez nous, pour être écolos... "Par où je commence?" Je baisserai le chauffage cet hiver; j'achèterai ma nourriture en vrac et non plus en paquets, et des légumineuses plutôt que de la viande... Tiens, le Monde raconte justement la saga des lentilles du Canada, 40% de la production mondiale vient du Saskatchewan, dont la lentille est la prospérité, exportée ,transformée en burgers végétariens et même en bière, elle pousse sur des sols quasiment arides et s'hydrate des résidus de neige que l'hiver a laissé... Oui mais, la lentille a pu croitre grace aux herbicides qui ont éradiqué les mauvaises herbes qui l'étouffaient, elle est aspergée de glyphosate...
Le bien n'est pas que compliqué? La Vie, riche en conseil me demande aussi, c'est plus simple et une bonne idée, d'abonner mes enfants à la Hulotte ou la Salamandre, des revues qui parlent de nature, car il faut dit la Vie réapprendre à s'ouvrir à la vie.
En sommes-nous loin, quand nous nous extasions plus d'un Iphone que d'un escargot alors que l'escargot par le colimaçon de sa carapace témoigne d'une perfection "qui dépasse l'entendement". Cette ode est dans Télérama, d'un philosophe belge, Pascal Chabot, qui veut rendre la perfection aux hommes pour les sauver, nous pouvons la  retrouver dans notre monde de métal de plastique et de métal et de technique, mais à une condition. Il faut sortir "du Merdique", c'est son mot, des produits avariés mal conçus, il faut sortir tonne le philosophe des voitures de merde, des journées des repas des théories de merde...  

Souriez-vous pour supporter le monde. Paris Match publie des photos atroces d'animaux transformés en esclaves pour notre distraction. Charlie hebdo offre un beau numéro, sérieux, contre la souffrance animale, l'élevage intensif, les abattoirs cruels... Mais c'est Philippe Lançon qui écrit un bijou. il se souvient Lançon qu'en son enfance nivernaise, il évitait dans ses promenades à vélo une maison abritant une association végétarienne qu'on appelait "la secte" où un enfant mourut de faim. Et Lançon rêve alors aux paradoxes de l'histoire, puisque que les végétariens sont aujourd'hui des éclaireurs et il poursuit... "Je croise pas mal de végétariens dans les nouvelles générations. Je ne dirais pas qu'ils sont accablés par le sens de la dérision : leur régime est souvent leur mission. Ils me rappellent à quel point je suis content d'avoir quitté l'école sans être entré dans la police; à quel point, aussi, me fatiguerait la certitude d'avoir raison. J'ai aussi remarqué qu'ils pètent beaucoup et que ce n'est pas inodore : effet des lentilles, de l'avoine, des fèves. Je me demande si ces pets ne contribuent pas à la destruction de la couche d'ozone." Il faut être Charlie, il faut être Lançon. 

Un économiste avance dans l'Obs. 

Qui sans doute possède cette certitude d'avoir raison, Thomas Piketty, vient combattre ce que le philosophe appellerait une théorie de merde, cette croyance selon laquelle les inégalités sont fructueuses, dynamiques, créatrices d'emploi. "Admettez que c'est complètement stupide! " dit Piketty à propos des réformes fiscales du président Macron. Il est fort d'un succès planétaire,  2.500.000 exemplaires vendus de son Capital au XXI e siècle, il récidive avec Capital et idéologie, traque historique des théories et légendes de la propriété sanctifiée et des inégalités, propriété privée qu'il veut rogner limiter circonscrire par l'impôt... Il n'est pas naturel que les milliardaires existent dit-il. L'ouvrage est un pavé, 1232 pages, mais l'Obs sur son site le résume en 1232 caractères et le Monde en publie des extraits. Le Monde qui regarde aussi ses actionnaires dans le blanc des yeux, les milliardaires Niel et Kretinsky et le banquier Pigasse, il leur demande de tenir leurs engagements et de signer un texte qui donnerait à la rédaction le droit de récuser un acquéreur qu'elle jugerait dangereux pour sa liberté... Ainsi, une rédaction corrige le capital. Tout ceci est rare et précieux, la liberté est un art de dentellière. 

Dans la Ruche, on me raconte les beautés de la dentelle qu'un conservatoire doit honorer à Brioude, une étudiante Amaryl Dihn, a mis à jour les liens culturels entre l'Auvergne et l'Indochine au temps des colonies, quand  s'échangeaient des formes et des couleurs, une passion d'histoire. Elle est, cette jeune femme, de ceux qui nous gardent.

Le bonheur d'un paria pour finir...

Mais encore aimé chez nous, par le Point, Woody Allen, 83 ans, dont la comédie "Un jour de pluie à New york" va sortir en France alors qu'elle est bloquée aux Etats-Unis par son producteur Amazon Studios qui redoute le scandale, Woody Allen ayant été accusé par sa fille adoptive Dylan Farrow d'abus sexuels... Mais la justice dit le Point a innocenté Woody qui serait alors victime de la "moralisation ambiante", et le journal, aimerait entrainer l'artiste dans une croisade: il joue le jeu un peu, il fustige la lâcheté des gens qui laissaient persécuter jadis les communistes ou qui aujourd'hui laissent chasser le roman Lolita ou Huckleberry Finn des bibliothèques et des universités, mais dans cent ans dit Allen, on lira encore Twain et Nabokov et on aura oublié leurs censeurs, et  il ne se plaint pas:  non je ne suis pas blacklisté dit il, je fais encore des films, et quand mes mémoires seront terminées, j'aurai un éditeur. Et seul le fâche vraiment, la fin des cinémas, que remplacent les tablettes... Il semble heureux le bougon de new york.

Le Figaro me parle d'Angleterre dans une belle rencontre avec le romancier Jonathan Coe, qui dans son dernier roman raconte le Brexit et les occasions manquées, et nous tente  d'un historien anglais biographe de de De Gaulle. Dans So foot irradie un autre bonheur magnifique. celui d'une bande d'anglais, Andy et ses potes, de Kettering, qui souffraient d'être rivés de football, le club local ayant fait faillite. Alors, ils ont décidé de traverser la Manche, chaque samedi, et sont devenus supporters de Dunkerque, ville héroïque , et donc débarquent aux matins du match et s'épongent de bière pour nous, à petit prix. "Come on Dunkirk." Nous n'avons pas tout perdu.

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