Plein de 8... considération tout à fait anecdotique... pour nous... Oui... mais pas pour eux. Loin de là ! Vendredi donc, pendant que vous écrirez votre lettre, la Chine s'éveillera et se dira : C'est le grand jour, le jour J des JO... Ce sera la cérémonie d'ouverture pour laquelle les Chinois ne sont pas inquiets puisqu'elle aura lieu le 8-8-08, et que, précisément, nous rappelle Bernard Revel dans L'INDEPENDANT DU MIDI, le 8 porte bonheur. Ils ont voulu les jeux, ajoute Revel, ils les ont... mais les Chinois se rendent compte que ce n'est pas une sinécure de transformer un pays jusqu'ici fermé à la liberté, en une vitrine admirée du monde entier. Non, ce n'est pas une sinécure, et la quasi-totalité des journaux le démontre aujourd'hui sous des angles très divers. VSD par exemple, nous révèle le "mystérieux plan des Chinois" pour rafler toute les médailles... Parce qu'évidemment, l'enjeu est capital à Pékin : il ne s'agit pas pour les Chinois de jouer les hôteliers... Non, ils comptent bien moissonner les récompenses et les performances... Et voici donc comment ils devraient s'y prendre, si l'on en croit VSD. ça s'appelle "le projet 119"... un programme secret dont le but consiste, précisément, à rafler 119 médailles. Certes, le programme a été revu à la hausse, avec désormais 122 médailles... mais le projet a gardé le nom de "Projet 119". Et il ne date pas d'hier. Il remonte même aux JO de Sydney en 2000. C'est là que la machine de guerre a été mise sur pied, avec infiltration d'équipes rivales... Des espions quoi ! Des agents qui ont infiltré le système informatique de différentes fédérations sportives dans des pays divers... Mais c'est un programme qui passe aussi par le dopage et les programmes génétiques... Et nous sommes, bien sûr, dans le domaine des soupçons... Mais enfin, VSD affirme qu'il s'agit là de la partie la plus secrète du projet 119, dans la plus pure tradition de l'ex-RDA... D'ailleurs, l'entraineur de l'équipe de lutte chinoise aux JO, n'est autre que Wolfgang Nitschke... Ancien athlète de l'ex-Allemagne de l'Est, il fut l'un des piliers du tout-dopage organisé par la Stasi. Le projet 119, il passe aussi par la sélection précoce des athlètes... avec quadrillage général pour repérer les jeunes pousses... Il passe aussi par l'emploi de clones pour l'entraînement... Oui, des clones d'athlètes étrangers... qui servent de sparing spartners aux champions chinois... Il y en aurait un par exemple, du champion du monde français de Judo Teddy Riner, avec la même morphologie bien sûr, soit un judoka chinois, mesurant 2,04, et pesant 129 kilos... ce qui n'est pourtant pas le genre de la maison en Chine, mais que voulez-vous... pour les JO, on ne se refuse rien. Au chapitre Dessous affriolants des JO, le CANARD ENCHAINE n'est pas en reste... Il est ainsi question en page 2, des "grandes oreilles" de la Chine. Et l'hebdomadaire nous explique que les autorités de Pékin vont mettre sur écoute les délégations étrangères... dont les membres ont reçu comme cadeau de bienvenue en Chine, un beau téléphone portable avec un numéro d'appel pékinois, histoire d'éviter les difficultés de communication. Tu parles... Il s'agit en fait de mettre tout le monde sur écoute, explique Le Canard... qui en conclut que l'essentiel n'est pas de participer, mais de la fermer. Notons au passage qu'il y a plusieurs façons de la fermer, comme l'illustre ce dessin en Une de l'hebdomadaire... On y voit le directeur du CIO tentant d'intervenir... "Je... Ta gueule ! Bon ça va, je me tais !" On nous parle aussi dans la presse aujourd'hui encore, du dispositif de sécurité qui apparait comme une crispation de plus, au risque de la paranoïa, estime Michel Wagner dans L'EST REPUBLICAIN... Mais de toute façon, avant même les menaces d'attentats, les Chinois ont si bien préparé leur affaire, que le vrai risque, c'est que les jeux en soient totalement aseptisés, écrit Daniel Vernet... Parce que les JO précisément, ça doit être aussi une fête qui laisse place à l'extérieur des stades, à l'improvisation, la spontanéité, l'imagination... Mais ce sont trois mots que les dirigeants chinois détestent dans la vie publique. Alors, comme le dit Daniel Cohn-Bendit, mieux que boycotter les JO, c'est le bordel qu'il faut aller foutre à Pékin... Je cite le député européen. Bon, l'idée de Cohn-Bendit est peut-être excessive mais intéressante parce qu'elle a l'avantage d'attirer l'attention sur un point crucial que la Chine officielle veut ignorer... à savoir que de JO réussis, ce ne sont pas des jeux réglés comme les défilés des masses populaires dans un régime communiste... Non, au contraire, c'est une occasion de rencontres inattendues et de célébrations débridées. Eh bien, on n'y est pas ! C'est le moins qu'on puisse dire. La ville de Pékin s'est transformée à l'occasion de ces jeux, mais pas dans le sens d'une liberté qui pointerait le bout de son nez... Et du reste, on a connu des précédents, souligne l'universitaire Boris Grésillon dans LIBERATION... Derrière les plans d'Albert Speer pour Berlin en 1936, ou ceux des urbanistes chinois en 2008, il y a bel et bien des relents de patriotisme, voire de nationalisme qui ne trompent personne, analyse ce maître de conférences en géographie à Aix-Marseille. Et dans cette page Rebonds, de LIBERATION, quatre autres professeurs d'université nous rappellent que pendant ce temps, des millions de chinois qui triment chaque jour pour survivre, continueront de respirer un air vicié, de s'intoxiquer avec des produits frelatés, et une eau polluée par les déchets des usines du plus grand hôtelier du monde. Les JO en Chine, vous le voyez, c'est encore le sujet le plus transversal dans la presse ce matin... Même s'il ne figure pas en Une, l'événement est partout dans les pages intérieures de nos quotidiens, avec des angles aussi variés que la trajectoire d'un javelot bien lancé... Ce sont LES ECHOS par exemple, qui s'intéresse à l'enjeu pour les sponsors... C'est L'HUMANITE qui insiste sur le côté pollution à tous les étages... et qui en conclut que pour organiser des jeux verts comme le prétend la Chine, la seule solution c'est de tout arrêter... ce qui, évidemment, est exclu... Après tout ce qu'on vient de voir concernant les efforts déployés par la Chine pour organiser ces JO et tenter de les réussir, ce serait un comble. Voilà... Si vous voulez, maintenant, découvrir la Chine réelle, celle qui ne va pas aux JO... celle qui a bien autre chose à faire, L'HUMANITE vous conseille d'aller voir le film chinois qui sort aujourd'hui... Intitulé "La Môme Xiao", il nous montre un pays où ce qui l'emporte sur tout le reste, c'est de survivre. Alors pensez donc, une médaille de plus, une médaille de moins... A partir de vendredi, les nuits de Chine ne seront pas partout calines. Et pendant ce temps, en Occident, c'est l'accident... Il y a un an, souvenez-vous, éclatait aux Etats-Unis, la crise dite des Subprimes... A l'époque, économistes et politiques français nous tenaient un discours rassurant comme un feu de cheminée dans une maison cossue... Vous verrez, en France, la crise, connait pas, ou pas beaucoup... parce que notre système de protection est performant... La preuve : la Société générale cède près de 50% de sa valeur en Bourse... D'où ce titre de La TRIBUNE : comment les banques françaises traversent la crise ? Mal ! D'où cet autre titre toujours dans LA TRIBUNE : "l'annus horribilis des banques françaises". Et comme de bien entendu, c'est horribilis pour les clients... Péril expliqué par le menu dans LE PARISIEN, sous le titre : "ce que vous risquez"... Plus précisément, sur l'échelle des risques, c'est d'abord le durcissement des relations avec le client, notamment sur le terrain des prêts pour l'immobilier... D'autant plus que ce secteur souffre lui aussi, et qu'il faut s'attendre d'ici 2012, à une baisse de certains des biens jusqu'à 15%, prévient l'économiste Nicolas Bouzou dans le journal LA CROIX... Ajoutez à tout cela, une avalanche de mauvais chiffres fournis au gouvernement par l'Insee... Vous en trouverez l'inventaire dans LE CANARD ENCHAINE... Moral des ménages : bas... Production industrielle : pas brillante... Services : touchés eux aussi par la crise... Immobilier : on l'a dit, ça mollit sévère de ce côté-là... Commerce extérieur : c'est le plongeon... D'où cette précaution d'emploi livrée par LE CANARD : "évitez de lire cet article si vous êtes sur la plage". Oui, avec VSD... qui affiche en Une le couple Sarkozy en vacances dans ce paradis caché qu'est la villa Bruni-Tedeski, entre Brigançon et St-Tropez... propriété de la famille de Carla. Les vacances de Monsieur Fabius aussi... Le plus fourni des curriculum vitae du personnel politique français, passe ses vacances dans un village de l'Ariège nommé Carla Bayle... Et déjà une déception aux JO de Pékin... titre LE CANARD ENCHAINE... comme si de rien n'était... Carla n'est pas sélectionnée au lancer de disque.

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