Deux lettres, trois chiffres, deux autres lettres... ...Non, il ne s'agit pas d'un nouveau jeu télévisé : c'est ce qu'on peut lire sur les plaques d'immatriculation des voitures mises en service en France depuis le 15 avril 2009. Ces plaques, elles ressemblent furieusement à celles qui équipent les automobiles italiennes. Cette précision n'est pas innocente : écoutez ça. C'est Angélique Négroni qui raconte ça ce matin dans Le Figaro : ces derniers temps, des automobilistes français, à cause de ces plaques, ont été pris pour des voleurs de voitures italiens. L'un d'eux raconte. Il a été interpellé la semaine dernière à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine. Pris pour un malfrat, il s'est retrouvé menotté par des fonctionnaires de police armés jusqu'aux dents. Il dit : "Je n'avais qu'une crainte. C'est que mon fils de 17 ans qui est autiste, qui m'accompagnait ce jour-là, réagisse mal et se lève d'un coup". D'où cette question angoissée rétrospectivement de l'innocent conducteur pris pour un mafieux : "Que ce serait-il passé ?". Cette ressemblance entre plaques d'immatriculation françaises et italiennes occasionnera peut-être d'autres bévues. Le Figaro précise que "le fichier français des véhicules volés est connecté à un fichier identique européen". Interrogé par le journal, le porte-parole du ministère de l'Intérieur justifie le malentendu : "C'est ainsi que l'on a cru que deux automobilistes français roulaient avec des voitures italiennes dérobées". (Mickaël Thébault : « ...Voilà qui nous ramène au sujet-phare de cet été 2010 : la sécurité des Français »)... ...Oui, c'est en tout cas le sujet de prédilection du chef de l'Etat et de son ministre de l'Intérieur. Dans l'opposition, vous le savez, on considère tout ça comme un écran de fumée destiné à masquer les soupçons de conflits d'intérêts qui pèsent sur Eric Woerth. Dans La Nouvelle République du Centre-Ouest, Olivier Pirot constate que "même au coeur du mois d'août, la majorité assure le service après-vente de son nouveau discours sécuritaire". En première page du Figaro, près de la photo d'un policier, ce gros titre : "Sécurité : les Français plébiscitent les projets du gouvernement (...) De gauche comme de droite, ils approuvent largement les mesures annoncées". Le quotidien fait ici allusion au sondage qu'il a commandé à l'IFOP. Il a été réalisé du 3 au 5 août (après le discours présidentiel de Grenoble) auprès de 1003 personnes en âge de voter. De cette étude d'opinion, il ressort que 8 sondés sur 10 sont d'accord pour que l'on retire la nationalité française aux ressortissants d'origine étrangère coupables de polygamie ou d'incitation à l'excision. 62% des électeurs de gauche approuveraient cette mesure. Autre résultat de cette enquête IFOP : 55% des personnes interrogées se déclarent favorables à une peine de deux ans de prison pour les parents de mineurs délinquants en cas de non-respect des injonctions de justice. Commentaire de l'éditorialiste du Figaro Yves Thréard : "Après la lecture de ce sondage, combien de temps encore les dirigeants de gauche vont-ils continuer à insulter les Français (...) favorables à une plus grande sévérité vis-à-vis des délinquants de tout poil ?". (...) "Abandonnons les poncifs sur les ratés de l'intégration, certes réels, manifestes et indiscutables, pour admettre enfin que le refus d'adhésion de certains à nos règles de vie en société est volontaire, coupable et condamnable". ...Pas si simple, lui répond Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées. Helvig s'étonne d'abord qu'un institut de sondage "déroge à un usage de la profession qui veut que l'on ne réalise pas d'enquête d'opinion pendant les vacances en raison des difficultés d'échantillonnage". Il ajoute : "Par ailleurs, une question supplémentaire aurait pu être posée (aux sondés) : dans le domaine de la sécurité, le bilan de la droite au pouvoir vous paraît-il positif ? La réponse aurait sans doute assombri le ciel du Cap Nègre". Selon La Tribune, "le débat sur la sécurité tourne à l'affrontement entre UMP et PS". Quand le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand propose un "débat public" sur ce thème à Martine Aubry, elle ne relève pas le gant. Libération explique que les socialistes "ne veulent pas se laisser imposer" l'agenda conçu par le chef de l'Etat et ses proches. Libé en fait sa Une : "Sécurité : comment Sarkozy veut piéger la gauche". Dans ce journal, où l'on dit que "les socialistes sont sur la défensive", vous lirez l'interview de Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national chargé de la sécurité au PS. Dans cet entretien accordé à Libération, il défend ce qu'il appelle "une conception équilibrée" de la sécurité, "entre prévention, dissuasion, sanction et réparation". A ses yeux, "un combat efficace contre l'insécurité ne se conçoit pas sans être adossé à un projet de transformation sociale". A la question : "Martine Aubry est-elle naïve sur ce dossier comme Lionel Jospin avait reconnu l'avoir été ?", Jean-Jacques Urvoas répond : "Si tel était le cas, elle n'aurait pas été réélue avec 66,56% des suffrages aux dernières Municipales à Lille". Pour l'éditorialiste de Libé François Sergent, "le choeur du Président à entonner le refrain habituel, accusant les socialistes d'angélisme et de naïveté (...), ce sont souvent des maires de gauche dans des banlieues difficiles qui sont à l'avant-garde dans ce combat contre la délinquance (...) Ils sont plus performants que Nicolas Sarkozy qui, depuis huit ans, use des mêmes artifices rhétoriques". Mais au fait ?... Doit-on limiter les faits de violence aux seules banlieues dites "difficiles" ? La Dépêche du Midi nous invite à découvrir "ces fêtes de villages qui dégénèrent". Beaucoup plus au nord, Le Courrier Picard fait état d'une "nuit chaude à Albert", commune de la Somme où la fermeture de la fête foraine avant-hier soir a donné lieu à des incidents. Des vitrines de magasins ont été brisées. La Dépêche souligne que derrière le moindre petit bal, il y a une société de surveillance qui sommeille. Les comités des fêtes doivent à présent faire appel à des vigiles et ça leur coûte cher : 1.000 € pour trois ou quatre "costauds". Il faut "un agent de sécurité pour 100 personnes". Si vous accueillez 10.000 fêtards, vous devez embaucher une centaine de gros bras. Les organisateurs se contentent généralement de deux ou trois agents. Certains prévoient d'installer un détecteur de métaux à l'entrée des villages, les soirs de fête. Le maire de Brassac, dans le Tarn (Brassac, 1500 habitants), le reconnaît : "En tant qu'élu, dit-il, je n'ai plus les moyens de contrôler ce qui se passe". En première page de la Nouvelle République d'Indre-et-Loire, ce titre : "Vidéoprotection : les maires s'y mettent, bon gré, mal gré". Via l'entretien qu'elle accorde au magazine Grazia, l'ex-Garde des Sceaux Rachida Dati pose ce constat : "Quelque chose n'a pas marché" dans la lutte contre la délinquance. Implicitement, elle s'en prend au ministre de l'Intérieur. Quand on la questionne sur "le débat sur l'identité nationale" qui a fait "pschitt", elle répond : "C'était une bonne idée. Mais il est vrai que les élections régionales et quelques dérapages ont nui au débat". On lui dit alors : "Vous faites référence aux propos de Brice Hortefeux sur les Auvergnats... pardon, sur les Arabes ?"... Rachida Dati lâche alors : "J'ai été choquée. Il y a un recours. Attendons la décision définitive de la justice". Relance de l'intervieweur : "Brice Hortefeux est-il raciste ?"... ...Silence... Je reviens au sondage IFOP que publie ce matin Le Figaro et qui révèle un "plébiscite" des personnes interrogées face aux dernières annonces sécuritaires de la majorité présidentielle. Parmi les résultats de cette étude, il y a celui-ci : 79% des sondés se déclarent favorables au démantèlement de camps illégaux de Roms. Hier, dans cette revue de presse, je vous parlais d'un petit Tsigane bulgare de 9 ans, interrogé par Le Parisien-Aujourd'hui en France. Il se prénomme Stevan. Dans l'article du Parisien, il disait vouloir continuer à aller à l'école pour devenir policier. Sa famille avait élu domicile dans une misérable cabane coincée entre le parking de la préfecture de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, et la chaufferie urbaine. Une maison de fortune. Juste après la publication de cet article, un homme seul est venu devant la cabane de Stevan. Il a lancé quelque chose à l'intérieur, il y a eu une grande flamme. Le Parisien le raconte aujourd'hui : la baraque est détruite. Heureusement, personne n'était à l'intérieur au moment de l'incendie. Recontacté, Stevan a déclaré, fataliste : "C'est pas grave, c'est pas grave". Il a dit qu'avec ses proches, il trouverait un ailleurs, "alors même qu'hier soir, tous s'apprêtaient à dormir dehors". (MT : « Apparemment, Alain, il n'est plus question d'affaires de gros sous dans les journaux ce matin ? »)... Détrompez-vous ! ...Je commence par ce que j'ai découvert dans le journal en ligne Médiapart, sous le titre : "Sarkozy aussi a arrangé le dossier fiscal d'une succession". Laurent Mauduit revient sur un fait déjà dénoncé, notamment l'an dernier par François Bayrou dans son livre "Abus de pouvoir" édité chez Plon. L'information était passée inaperçue, ou presque. Voici de quoi il retourne : en 2004, quand il était ministre des Finances, Nicolas Sarkozy serait intervenu pour que les droits de succession payés par Arnaud Lagardère soient les plus faibles possibles. "La fiscalité peut servir de monnaie d'échanges", constate Laurent Mauduit. Soulignant au passage qu'Arnaud Lagardère est à la tête d'un gros empire de presse qui comprend notamment Le Journal du Dimanche et Paris-Match, le journaliste de Médiapart rappelle incidemment le licenciement, en son temps, d'Alain Genestar, patron de Match, apparemment coupable d'avoir mis en couverture une photo de Cécilia Sarkozy tentée par d'autres amours. Autre histoire de gros sous : celle qui a conduit un magistrat à placer sous contrôle judiciaire la coopérative des 110 Savoyards ou cols rouges (autrement dit : les manutentionnaires) de l'Hôtel Drouot, la salle des ventes aux enchères parisienne. Cette coopérative est mise en examen pour trafic et malversations, révèle ce matin Le Parisien-Aujourd'hui en France. On soupçonne les Savoyards de détournement d'oeuvres d'art. Enfin (et pour finir une fois encore sur une note sonnante et trébuchante), vous apprendrez à la lecture du quotidien L'Equipe qu'en basket-ball, Joachim Noah "boude les Bleus". Le fils de Yannick, en négociation salariale avec les Bulls de Chicago, ne veut pas rejoindre l'équipe de France qui s'apprête à disputer le championnat du monde. Il n'est pas disponible tant qu'il n'a pas son nouveau contrat en poche. Ce contrat porterait sur la coquette somme de 50 millions de dollars pour quatre ou cinq saisons. Ne comptez pas : cela fait 38 millions d'euros. Joachim Noah a tout juste 25 ans. Il mesure 2,11 mètres. Sans doute est-il payé en fonction de sa taille...

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