Après la tentative d'attentat qui a visé ce week-end le président Vénézuélien. Le conditionnel est de rigueur un peu partout ce matin dans la presse pour évoquer l'attaque aux drones qui a visé Nicolas Maduro.

Nicolas Maduro.
Nicolas Maduro. © AFP / Brazil Photo Press

Une presse très prudente après la revendication d'un groupe rebelle anti-chaviste d'extrême droite, inconnu jusqu'ici.

Le Figaro par exemple estime que Maduro a je cite « semble-t-il échappé à un attentat ».

Le journal La Croix évoque de son côté "la mystérieuse attaque" contre Nicolas Maduro qui accuse lui son voisin Colombien.

L'Opinion de son côté se fait plaisir et titre "encore raté" mais sans le "caramba" de Tintin et l'oreille cassée.

Le quotidien libéral qui  pose franchement la question :

A-t-on vraiment tenté de tuer le président Vénézuélien ?

Même interrogation aussi dans certains éditos de la presse régionale.

Dans la Charente Libre par exemple pour qui cet attentat manqué tombe à pic.

"Cet attaque au mode opératoire inédit écrit Dominique Garraud offre au dictateur Vénézuélien un moyen de reprendre l’initiative dans un pays dévasté". 

Voilà pour ces journaux qui redoutent l'instrumentalisation voire le mensonge. Seul l'Humanité semble affirmatif ce matin. 

Le quotidien communiste qui regrette que certains médias aient relayé des témoignages de pompiers anonymes affirmant que les détonations avaient été causées par l'explosion d'une bombonne de gaz dans un appartement des environs.

L'Humanité, 20 minutes et le journal le Monde qui consacrent un portrait à Arsène Tchakarian décédé ce week-end.

"Porter la vérité inlassablement", ça aura été le combat de sa vie. 

Le dernier survivant du groupe Manouchian est mort samedi. Il avait 101 ans.

Arrivé en France en 1930, sa famille arménienne avait fui le génocide turc.

Arsène Tchakarian, membre de l'armée secrète n'était pas sur la tristement célèbre affiche rouge, devenue emblème de la résistance. Alors que 22 de ses camarades résistants étaient fusillés au fort du Mont Valérien. En février 44, ils avaient 

échappé à la rafle in extrémis grâce à un policier, ancien camarade de régiment.

« Nous n’étions pas des héros Il ne faut pas croire que nous n’avions pas peur disait-il. Nous avons résisté parce que nous en avions la possibilité : pas de famille, pas de travail. Et parce que nous aimions la France. Elle nous avait adoptés ».

Arsène Tchakarian avait obtenu la nationalité Française 10 ans après la fin de la guerre 

Devenu historien, il avait parcouru ensuite toutes les écoles de France pour raconter son expérience aux plus jeunes.

Le Monde nous rappelle qu'Arsène Tchakarian a toujours rejeté la thèse selon laquelle le groupe Manouchian aurait été « lâché », voire « sacrifié » par la direction clandestine du Parti communiste.

La vérité et la liberté d'expression qui semblent moins importantes que le business pour certaines entreprises.

C'est un site d'investigation américain, The Intercept,  qui a révélé ce projet secret du géant Google et Libération s'en fait l'écho ce matin. Google travaille en effet à réintroduire en Chine son moteur de recherche mais dans une version conforme aux prérogatives imposées par Pekin.

En d'autres mots un web censuré  en échange d'un accès au marché chinois. L'application que propose Google «identifiera et filtrera automatiquement les sites bloqués» par la censure chinoise mais  «établira également une "liste noire de requêtes sensibles". En 2006 déjà, Google avait lancé une version censurée de son moteur de recherche mais l’entreprise y avait mis fin quatre ans plus tard, dénonçant «les tentatives de limiter la liberté d’expression sur le Web».

Manifestement Google a changé d'avis.

Aussi improbable que cela puisse paraitre 

La propagande d'état chinoise pourrait donc bientôt être épaulée par des firmes capitalistes américaines.  

Le gouvernement chinois qui s'intéresse de près à la science-fiction.

Et aux livres de science-fiction particulièrement dont le peuple chinois est particulièrement friand.

A tel point que certains y voient une nouvelle corde à l'arc propagandiste du régime.

"La trilogie des trois corps" de Liu Cichin par exemple qui évoque une rencontre avec la vie extraterrestre  s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires et tout le monde ou presque en Chine a lu un jour un roman de Jules Verne.

C'est ce que nous raconte le site Uzbek et Rica qui a pu interroger l'auteur chinois internationalement connu Liu Cichin

« La science-fiction dit-il a souvent été instrumentalisée dans l’histoire de la Chine. Dans les années 1950, elle a été utilisé comme instruments de vulgarisation scientifique auprès des jeunes avec l'idée que l’innovation guidée par le communisme devait  permettre à terme de contrôler la nature, et parvenir au bonheur de l’humanité". En 2015, le vice-président d’alors, Li Yuan chao avait demandé aux écrivains de science-fiction d'alimenter leur foi et celle des plus  jeunes  dans la réalisation du rêve chinois». 

L'actuel président Xi Jin Ping lors d'un discours à l'ONU avait évoqué lui un nouveau concept la “construction d’une communauté de destin pour l’humanité”. Tout à fait le genre de projet que porte la science-fiction.

La littérature sur Internet est très prospère en Chine : 45 % des internautes chinois lisent de la cyber-littérature, ce qui représente plus de 400 millions de personnes.

Certains auteurs de SF chinois espèrent au contraire que le genre pourrait aussi constituer une porte d’entrée plus accessible pour évoquer des sujets compliquées  à aborder dans le pays.

La science-fiction, nouvelle alliée du régime chinois ou qui sait instrument d'émancipation intellectuelle ?

C'est à lire sur le site 

Uzbek et Rica 

Enfin Libération a choisi de donner la parole à plusieurs jeunes qui nous parlent de leur double identité culturelle.

Ils sont nés ici de parents étrangers ou ils ont immigré pendant l'enfance et ils se confient ce matin notamment sur les difficultés qu'ils ont à échapper aux clichés. En toile de fond, cette question qui traverse une partie de la société depuis plusieurs années.

C'est quoi être Français ? 

Y-a-t-il une vérité absolue autour de cette question?

La réponse est non ce qui n'empêche pas les principaux concernés d'être régulièrement réduits à leurs différences.

On parlait de la Chine à l'instant, ça tombe bien, écoutons ce que nous dit Julien, 22 ans, étudiant à Nanterre :

" C'est à partir du collège qu'on a commencé à me poser plein de questions sur mes origines, si je me sentais plus Chinois ou Français mais je ne comprenais pas parce que justement les deux me définissent.

Ensuite en grandissant cette différence s'est accentuée. Les gens me disaient :

« si il y a la guerre entre la Chine et la France, tu choisis qui ? ».

Ou alors « honnêtement, y'a quoi dans les nems ? », ou enfin le truc qui tue , « tu sais où je peux trouver des Nike moins cher ». 

J'ai l'impression qu'en France reprend Julien, Black, Blanc, Beur c'est normal mais Chinois, ça ne passe pas.

Autre témoignage recueilli par Libération en association avec le média participatif la ZEP, celui de Reju 16 ans, Française de parents Bangladais qui se voit comme un doux mélange de ses deux pays ou encore Tiphaine 17 ans, née en France, mère algérienne, père Polonais, influence  musulmane d'un côté, catholique de l'autre, elle-même croit en Dieu mais n'a pas choisi de religion :

« La France est une partie fondamentale de ma construction mais pour moi la mixité n'est pas un concept, c'est une source infinie de curiosité, ma vie dit-elle, c'est comme un mixeur dans lequel on verserait toutes les cultures de ma famille ».

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