Dans un tumulte assourdissant, venant des rangs de l'opposition, le ministre de l'intérieur indien, hier, a lancé une véritable bombe géopolitique, selon l'expression du Figaro : la fin de l'autonomie du Cachemire. Un territoire que l'Inde et son voisin, le Pakistan, se disputent depuis 72 ans.

Après l'annonce de la fin de l'autonomie du Cachemire par l'Inde, la région est sous tension et des Cachemiris brûlent le drapeau indien et le portrait du 1ere ministre Narendra Modi (7/08/2019)
Après l'annonce de la fin de l'autonomie du Cachemire par l'Inde, la région est sous tension et des Cachemiris brûlent le drapeau indien et le portrait du 1ere ministre Narendra Modi (7/08/2019) © AFP / ARIF ALI

Les Cachemiriens musulmans, majoritaires, redoutent que le gouvernement indien change l'équilibre démographique de la région en encourageant l'installation d'Indiens de confession hindoue.

L'Inde crée la surprise titrent les Echos, mais en réalité, les autorités avaient bien préparé leur coup, depuis une dizaine de jours : envoi fin juillet de dizaine de milliers de soldats sur place, évacuation des touristes, arrestation de représentants politiques. Les communications sont coupées. 

"Depuis minuit dimanche, je ne peux plus joindre ma famille, explique un étudiant depuis New Delhi au Figaro. La dernière fois que je leur ai parlé, ils m'ont raconté que les villes avaient été bouclées, que des hélicoptères patrouillaient au-dessus de mon village... Certains disaient que la police locale avait été désarmée par les militaires pour prévenir toute révolte. D'autres craignaient une guerre avec le Pakistan".
 

Et de fait, c'est toute la stabilité régionale qui est menacée... voire au-delà. 

Analyse de Jean-Luc Racine, directeur émérite de recherche au CNRS dans les Echos : le Pakistan pourrait désormais être tenté de laisser des groupes djihadistes lancer de nouvelles attaques au Cachemire ou dans de grandes villes indiennes (c'est déjà légion)

Mais cela pourrait aussi compliquer la sortie d'Afghanistan des Américains, après 18 années de guerre et alors que se tiennent en ce moment des négociations ardues à Doha pour un cessez-le-feu. 

Washington a besoin d'Islamabad comme intermédiaire avec les Talibans. Les décideurs pakistanais ont d'ailleurs pour coutume de le dire : la paix en Afghanistan passe par le Cachemire. 

L'Afghanistan justement, où les habitants ne croient plus en rien, ni personne.

Libération consacre au sujet deux doubles pages... 

Explosions quotidiennes, attentats incessants, les Afghans, aujourd'hui, rêvent d'exil.

Comme Massoud, 22 ans, qui s'est confié à l'envoyé spécial de Libération, Luc Mathieu. 

Massoud a repris le restaurant familial, situé au bout de Chicken Street, en plein centre de Kaboul... depuis que son père a jeté l'éponge. 

Le 27 janvier 2018, une ambulance piégée explose sous les fenêtres du restaurant. C'est un carnage. Plus de 100 morts. Le père de Massoud est grièvement blessé...
Une cliente a la tête arrachée, d'autres personnes sont projetées dans la rue par le souffle. Trois semaines plus tard, alors que des ouvriers s'affairaient à la rénovation, il y avait encore des traces de sang au plafond et, pendant à un arbre, un lambeau de chair oublié. 

Aujourd'hui, écrit Luc Mathieu, le désespoir gagne Kaboul. 

Ses habitants n'attendent RIEN des discussions de paix relancées samedi au Qatar. 

Et en Russie, pendant ce temps, le pouvoir continue à durcir le ton...

A lire dans les colonnes de Ouest France : interview de la défenseure des droits de l'homme, visiteuse de prison, Zoia Zvetova

Après les nouvelles arrestations de ce week-end, l'heure n'est plus au dialogue, confie-elle au journaliste Paul Gogo. 

Le pouvoir russe entend tout contrôler et ne veut pas que les opposants aient une tribune dans le système politique.
Moscou est la vitrine de la Russie, explique la militante.
Si l'opposition accède ici à un mandat local, les autorités ont peur que cela se reproduise en région.

Et les inquiétudes sont d'autant plus grandes, c'est toujours à lire dans Ouest France, que ce samedi, dans les manifestations de l'opposition, est réapparue une figure qui inquiète.
Moustache et béret noir, yeux clairs, Sergeï Koussiouk, commandant des OMON, les forces spéciales russes, est apparu à visage découvert. 

Il est aujourd'hui recherché par les autorités ukrainiennes pour avoir commis des meurtres et utilisé des méthodes cruelles pour disperser les foules. Notamment sur la place Maïdan lors de la révolution ukrainienne en 2013 et 2014. Il y avait eu plus de 80 morts. Sa réapparition, nous dit Ouest France, ne dit rien de bon pour les prochains rassemblements de l'opposition en Russie. 

Autre sujet à la une de l'actualité ce matin, cette fois en France, Virginie : la crise sanitaire provoquée par l'incendie de Notre-Dame de Paris

Faut-il mettre Notre-Dame sous cloche ? s'interroge ce matin Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Alors que la mairie de Paris doit révéler aujourd'hui de nouveaux résultats de mesure de contamination au plomb, un collectif d'association et de syndicats réclame le confinement du chantier de la cathédrale.

"On ne verra plus les tours, mais on mettra les riverains à l'abri" explique Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé.
 

Hypothèse rejetée par la mairie de Paris. C’est disproportionné, dit une source, anonyme, du ministère de la Culture.
 

Quelle que soit la solution retenue, écrit Le Parisien, la dépollution de la cathédrale nécessitera des moyens considérables.

La construction de Notre-Dame fut un chantier pharaonique, sa reconstruction va l'être aussi. 

On poursuit Virginie avec le mouvement des gilets jaunes et cette question : la mobilisation a-t-elle du plomb dans l'aile ? 

Comment passer l'été ? Question à la une du quotidien La Croix ce matin.

La Croix qui nous emmène à Fontainebleau, au sud-est de Paris, où pour convaincre, les irréductibles -une vingtaine de personnes- ont décidé d'ôter la chasuble... 

Angélique était vendredi sur le marché pour tracter contre la privatisation d'ADP...
Mais sans son gilet jaune : "ça rassure les gens, explique-t-elle. L'image a tellement été ternie." 

Plus nombreux, sont encore ceux qui ont définitivement remisé le gilet jaune. 

Comme Emilie : "mon engagement menaçait ma vie professionnelle, dit-elle...  je risquais mon intégrité physique dans des manifs de plus en plus violentes. J'ai fini par me dire que ça ne servait à rien de se battre. »

Direction, le grand large, à présent, et cet avertissement, Virginie : en mer aussi, la consommation d'alcool peut être sanctionnée... 

Et c'est à la Une du Télégramme ce matin : Alcool à la barre, ce que dit la loi.
C'est toujours bon de le rappeler...

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un accident dans le port de Concarneau a fait un mort et 3 blessés. 

Le pilote du bateau avait trop bu, et naviguait trop vite... 25 noeuds, soit près de 50 km/h, au lieu des 5 noeuds réglementaires. 

Depuis le 1er janvier 2018, rappelle le quotidien, le taux d'alcool est limité sur les bateaux de pêche et de la marine marchande à 0,5 grammes par litre de sang. 

Mais les plaisanciers ne sont pas concernés... Pour eux, c'est au niveau de l'assurance que la sanction tombe : au-delà des 0,5 grammes, l'assureur peut refuser de rembourser : les frais de secours, les indemnités versées au tiers, et les dégâts matériels.

Alors, rappelle le quotidien breton, on réfléchit à deux fois avant d'embarquer le cubis de rouge et autres bouteilles pour une virée sur les îles. 

La Bretagne, c'est toujours dans le Télégramme, où l'ensoleillement a été exceptionnel ce mois de juillet. Mais ça va se gâter au mois d'août : ce sera plutôt dans les normes. Je lis : "un peu pluvieux mais pas trop"... 

Pas d'inquiétude si vous prévoyez quand même des vacances en Bretagne. Je vous conseille ce matin de jeter un œil au site du Télégramme qui publie juste pour vous une carte interactive de 500 activités à pratiquer sous la pluie. En vous souhaitant de très bonnes vacances ! 

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