Impressionnant ! Le Point, Paris Match, le Nouvel Obs, VSD... Ségolène Royal ... Sur ces quatre hebdos, vous la verrez en couverture... et sur trois d'entre eux, son visage orne la totalité de la dite-couverture... Ce n'est pas qu'une présence : c'est une omniprésence. Et sur ce point, LE NOUVEL OBS a eu du nez en septembre dernier : c'est cet hebdo qui avait lancé cette fusée Royale, dont on imaginait mal à l'époque à quel point elle allait voler haut, très haut... Voilà maintenant qu'elle occupe TOUT l'espace... Une fusée, vous dis-je. Ainsi donc, à la Une du Point : Le mystère Royal : enquête sur ses méthodes et aussi les secrets de son couple. Sur LE NOUVEL OBS : Ségolène : Ses idées, sa stratégie, ses atouts, ses handicaps... La couv de PARIS MATCH également : Ségolène Royal : l'irrésistible ascension... Et celle de VSD, qu'elle partage avec Jean-Paul Belmondo, Jacques Chirac et Noah père et fils : Ségolène présidente... On la voit en tenue d'apparat, genre De gaulle ou Pompidou, avec toutefois cette question : est-elle prête? A tout cela, il faut ajouter aussi sa présence sur TF1 ce soir au 20 heures, histoire de parler à un maximum de français en même temps. Cela dit, une petite note discordante ce matin : on la trouve dans LE PARISIEN... Oh rien qui ne puisse vraiment rassurer tous ceux qu'elle inquiète, tous ceux qu'elle énerve, tous ceux qu'elle rend fou, surtout au PS... C'est un sondage CSA, dans lequel sa côte de popularité baisse d'un point... Un petit rien, mais par les temps qui courent, c'est quand même quelque chose... qu'on remarque... C'est un sondage sur la côte des personnalités du PS en vue de la présidentielle... Cela dit, tout le monde baisse... Seul Laurent Fabius progresse, ce qui est aussi un phénomène remarquable... 1 point de mieux... Avec 10%... Loin tout de même, très loin de Ségolène Royal qui caracole à 41... Ségolène Royal : "Ce qu'elle a dans la tête", titre LE NOUVEL OBS en pages intérieures... Elle seule le sait finalement... mais mieux vaut en ce moment être dans la tête de Ségolène Royal que dans celle de Dominique de Villepin... Saisissant contraste entre celle qui apparaît comme la candidate du désir et celui qui tient le rôle de premier ministre du rejet, d'où ces titres des hebdos qui en disent long sur la semaine horribilis que vient de passer le chef de gouvernement... C'est Serge Raffi par exemple, qui la raconte dans CHALLENGE, sous le titre "La semaine noire de Villepin"... Jours sombres à Matignon... Ce que LE POINT traduit par "Le Calvaire De Villepin". Car c'est comme ça, "ainsi va la vie politique et médiatique" déplore Jean-Claude Guillebaud dans TELE OBS... Les médias peuvent carboniser à tout moment ceux qui s'y livrent... Le Premier ministre en est un exemple presque caricatural... Et Guillebaud nous rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, Dominique de Villepin en imposait aux Français par sa présence et sa taille, son brushing soigné, son teint de skieur, son lyrisme... Bref, il était parfaitement vendable... comme un futur gendre... et puis patatras... Avec le CPE, le blanc devenait noir et le plus devenait moins... Il devenait un gendre intempestif, un prétendant sans séduction, un drageur endimanché... Ainsi fonctionne les caméras, à la fois comme des microscopes et comme des mitrailleuses. Oui d'ailleurs, "pourquoi tant d'acharnement sur la bête moribonde", se demande LA TRIBUNE... On a cru, jusqu'à il y a peu, que les syndicats et la gauche voulaient la mort du CPE... On a compris qu'en réalité, c'est la tête de Dominique de Villepin qui est réclamée. il n'empêche : pour FRANCE SOIR la question maintenant c'est : "Peut-il rester ?"... Question posée à la Une... Et question qui en découle en page intérieure : Que faire de lui ? D'ailleurs, pour Serge Faubert, dans le même journal, la tête du Premier ministre suffirait amplement à calmer le jeu, dans 15 jours, dans un mois... A moins qu'hier le chef du gouvernement ait voulu nous dire : vous voulez le retrait du CPE, vous aurez le mien... Après tout, sa phrase : "j'en tirerai toutes les conclusions" ouvre la porte à toutes les supputations, immanquablement... D'où peut-être cette phrase mise en exergue sur la Une de L'HUMANITE : une phrase de René Char selon laquelle la parole dépourvue de sens annonce toujours un bouleversement profond... Allez savoir qui elle vise... En tout cas : "Assez tergiversé, abrogez !" titre L'HUMA. Oui, mais avec Sarkozy le fossoyeur, Villepin l'esbrouffeur et Chirac dont la fin aussi sera ratée, affirme LIBERATION, on est pas sorti de l'auberge en quelque sorte... Le spectacle que donne au pays ces trois personnages s'apparenterait à du vaudeville si la France n'était pas plongée dans une crise profonde écris Pierre Haski... Plus virulent encore, Renaud Deli, dans le même journal parle de "trio d'autistes" qui règle ses comptes au sommet de l'Etat. Mais au fait, pourquoi avoir tenté d'imposer le CPE de cette façon ? Pourquoi cet entêtement ? Eh bien sur ce point l'hebdo POLITIS apporte sa réponse... Pour notre confrère Michel Soudais en effet, aux yeux de Jacques Chirac, "le rejet du CPE pèse moins que le crédo libéral des dirigeants européens engagés solidairement dans de vastes réformes de structures destinées à assouplir le marché du travail"... Ceci expliquerait cela. Enfin dans la série basses et hautes manoeuvres au sommet de l'Etat, ce focus de Dominique Dombre, dans LE MONDE, sur un épisode en marge du CPE... Le pince-fesses pour les CRS organisé mardi place Beauveau... Nicolas Sarkozy recevait des CRS en rangs serrés pour un petit coktail, pas Molotov du tout... Tout cela pour avoir assuré le succès d'une manif hostile au gouvernement dont il fait partie, c'est assez nouveau... D'autant plus que la veille, il avait fait évacuer toutes les voitures en stationnement sur le parcours de la manif pour que la progression du cortège ne soit pas perturbé... Vous imaginez Raymond Marcellin faisant déplacer préventivement toutes les voitures garées rue Gay Lussac en mai 68 pour éviter qu'elles ne gênent les étudiants ? Ne vit-on pas une époque formidable ? conclut Dominique Dombre. Question... Quel est donc cet homme tel que le présente Gérard Noël dans LA LIBERTE DE L'EST... Cet homme milliardaire et magnat des médias qui a rêvé un jour qu'il pouvait marier le pouvoir de l'argent à celui de la politique... Cet homme dont le rêve est devenu réalité à l'issue d'un terrible corps à corps avec la démocratie à qui il a fait un enfant dans le dos... Cet homme, c'est Silvio Berlusconi... Tous les jours éreinté dans la presse française à l'approche des élections en Italie... Même LE FIGARO y trouve l'occasion de soutenir un homme de gauche : à savoir Romano Prodi, l'adversaire de Berlusconi... "La sérieuse campagne d'Italie de Prodi" titre LE FIGARO. Oui, campagne sérieuse, écrit de son côté LA REPUBLICA à Rome... Programme réaliste mais parfois vague... Et d'ailleurs, si l'union de la gauche l'emporte, peut-être qu'elle se plantera au premier virage difficile, estime Massimo Gianini... Parce que tout de même quand on rassemble 11 partis, on y trouve un peu de tout... Le diable et l'eau bénite, les transexuels et les grenouilles de bénitier. Quant au COURRIER INTERNATIONAL, dont la vocation est de compiler des articles de la presse étrangère, il titre, plutôt espiègle : "Berlusconi : prends l'oseille et tire-toi." Décoiffant également le titre en pages intérieures : "le sac de Rome ou comment je fais de la politique"... Depuis son entrée dans l'arène, le "Cavaliere" a secoué la politique italienne, divisée la société, mis les médias et la justice en coupe réglée et s'est beaucoup enrichi, ajoute LE COURRIER, qui publie également et pour sa défense, l'article de Giuliano Ferrara, chantre du Berlusconisme... Une tribune dans IL FOLIO de Milan... Le "Cavaliere" écrit Ferrara a bouleversé le monde politique italien par son refus du politiquement correct, son caractère généreux et son optimisme contagieux. Et du reste, la formule pourrait être gagnante... Oui, écrit Ruggero Guarini dans IL GIORNALE de Milan... Berlusconi a une étonnante capacité à rebondir... Une victoire n'est donc pas à exclure. J'en termine avec cette réforme qui en France, provoquerait la révolution... N'ayons pas peur des mots... Ca se passe aux Etats-Unis... L'histoire nous ait rapporté par le WASHINGTON POST... Figurez-vous qu'en Floride, les instits recevront bientôt leurs augmentations et primes en fonction des résultats de leurs élèves aux examens. C'est tout de même la première fois qu'un Etat indexe les salaires des enseignants sur les performances des élèves. L'idée étant que les établissements scolaires américains doivent être soumis aux mêmes exigences de compétitivité que les entreprises privées. Et le gouverneur républicain de Floride s'explique : "Voilà du bon sens élémentaire" dit-il. "Je ne vois pas le mal qu'il y aurait à payer davantage les professeurs qui font bien leur travail". Peut-être, les syndicats sont déjà montés au créneau, estimant qu'à l'école on est pas à l'usine et qu'on ne peut pas évaluer la productivité d'un élève... Et puis immanquablement, cette méthode génère quelques dérapages, comme ces écoles qui veulent à tout prix que leurs élèves réussissent les examens... Il y va de la bonne santé du portefeuille de leurs enseignants... Les écoles en question avancent la date de la rentrée au début du mois d'août pour disposer de quelques semaines supplémentaires de préparation en vue des examens du mois de mars. Alors les parents protestent... "Et nos enfants alors, ils se reposent quand ? Et puis cette méthode pose aussi la question de la relation entre les élèves et les professeurs... Imaginez le tableau, ce dialogue fictif entre un prof et son élève... Le second disant au premier : "Vous pouvez toujours me mettre une mauvaise note, vous serez moins payé !"... "A vous de choisir"... Ambiance.

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