De futurs ingénieurs agronomes, écolo, disent à l'Obs leurs doutes et leurs convictions, tout en occupant le domaine où se trouve leur école que l'Etat veut vendre... Dans l'Equipe, le cycliste Nacer Bouhanni dit sa carapace de protection qui craque sous les insultes racistes, depuis un sprint dangereux.

On parle de Michel Houellebecq...  

Que le Figaro propulse à sa Une contre l'euthanasie, dont on débattra jeudi à l'Assemblée et dont on débat déjà ici notamment, Houellebecq s'y oppose mais comme cet homme ne fait rien comme les autres, il combat en se ressemblant dans un texte où la colère et même le désespoir sont  enrobés par le style, lisons-nous un libelle qui nazifie l'idée même du suicide assisté ou bien un texte d'ironie lettrée, de distance protectrice... Houellebecq disserte sur son manque de dignité, tant il acceptera pour vivre encore la perte de son corps. "Je vais finir de perdre mes cheveux et mes dents, mes poumons vont commencer à partir en lambeaux. Je vais devenir plus ou moins impotent, plus ou moins impuissant, peut-être incontinent, peut-être aveugle... Bon, et alors? Si c’est ça, la dignité, on peut très bien vivre sans. Par contre, on a tous plus ou moins besoin de se sentir nécessaires ou aimés. Et je me vois très bien demander à mourir juste dans l’espoir qu’on me réponde: «Mais non mais non, reste avec nous»"... Il dit aussi Houellebecq que dans le bouddhisme, l'agonie est ce moment important de la vie d'un homme où l'on peut se libérer du cycle des réincarnations, et à ce titre interrompre par anticipation une agonie est un acte criminel... Mais les bouddhistes interviennent peu dans le débat public, dit l'écrivain  et quant aux catholiques, on s'est habitués à ce qu'ils perdent à chaque fois... Il espère Houellebecq en ces médecins qui sur le site du Figaro encore se réclament de leur serment d'Hippocrate, pour s'opposer à l'euthanasie, il n'espère peut-être pas Houellebecq et la fin de son texte, est d'une violence explicite dit-il.   

"Lorsqu’un pays - une société, une civilisation - en vient à légaliser l’euthanasie, il perd à mes yeux tout droit au respect. Il devient dès lors non seulement légitime, mais souhaitable, de le détruire ; afin qu’autre chose — un autre pays, une autre société, une autre civilisation — ait une chance d’advenir."   

Et là le romancier ne sourit plus, ni nous.   

Dans Nice-Matin, de bonne tenue courtoise, sont interrogés  la jeune député Marine Brenier qui s'appuie sur les sondages pour soutenir le droit à l'euthanasie, et le moins jeune ancien ministre et toujours maire d'Antibes Jean Leonetti, qui a bâti nos compromis actuels, et qui met des nuances des freins à ce qui peut advenir, la jeunesse et la vieillesse dit-il ne regardent pas la mort de la même façon, la jeunesse regarde la mort et elle s'en fout, "le plus semblable aux morts meurt à regret" -il cite La Fontaine, Leonetti, on se demande si en son fort intérieur il rage comme Houellebecq...  

Curieusement, dans le même Nice-Matin, on me parle d'un refuge pour vieux chiens à Saint-Vallier, qui permet aux bêtes de ne pas euthanasiées. Je vois aussi une splendide photos de loups, huit loups, attrapés une nuit dans la montagne, c'est une vieille meute, on sait depuis Vigny que ces animaux savent mourir...   

On parle aussi d'un château…

Que des jeunes gens occupent, à Thierval-Grignon dans les Yvelines et dont le site de l'Obs vous raconte l'idéal. Ce sont des élèves d'une école prestigieuse AgroTechParis, qui forme des ingénieurs agronomes, à Thierval Grignon depuis 1826, mais c'est fini, l'Etat déménage l'école et veut vendre le domaine, et contre les projets immobiliers qui vont suivre, qui vont menacer 300 hectare de biodiversité les étudiants sont entrés en lutte le 16 mars, ils n'ont entrouvert leurs grilles que pour laisser entrer un plombier car ils gelaient sans eau chaude, j'ai lu ça sur le site Reporterre... Le Monde, le Parisien, Novethic, le site France info, les Echos aussi ont raconté cette forteresse écolo... L'Obs, lui, est allé entendre simplement ces belles âmes de 20 ans, ce qui les anime, Auriane dont le père a vu mourir les abeilles de ses ruches à cause des pesticides et qui a voulu devenir ingénieur pour être efficace contre la destruction du vivant, Tangi qui a renoncé à être astronome parce qu'il y a tant de choses à comprendre sur terre... Elise qui lit "l'Evènement anthropocène", un ouvrage implacable sur ce que l'homme a détruit sur terre, mais elle veut croire aux nouvelles technologies... "J’ai fait un stage dans une entreprise de biomimétisme et les laboratoires sont remplis de gens qui cherchent des solutions innovantes pour lutter contre le réchauffement climatique..."  

C'est un portrait d'une génération ferme et hésitante, face au monde à changer ils sont forts en technique et en éthique mais il leur manque des cours de droit, et ensuite que faire, travailler dans l'agro-alimentaire, dans l'industrie, la changer?  Ou bien faire leur vie dans des associations, chez  un maraicher qui pratique la traction animale, cela revient mais c'est contraignant... Leurs doutes sont à mille lieu des vulgarités polémiques dont on alourdit ces temps ci le mot "écologie"...   

Dans le Bien public j'apprends que le McDonald de Dijon, en face d'Ikea, envisage de passer à la vaisselle non jetable, pour les repas pris en salle, ce serait une première mondiale, un grand pas pour la planète sans doute..   La République du centre nous raconte Reynald Héloué, sept hectares de vignes à Clery Saint-André, qui a réalisé qu'en face du chai qu'il allait faire construire, la déchetterie locale a décidé de s'agrandir, il dépose des recours et développe des problèmes cardiaques, l'intercommunalité lui répond que la déchetterie toute neuve sera top. Alors!    

Et on parle enfin d'un cycliste 

Un crack, mais qui le 28 mars, a commis une faute dans un sprint à Cholet, tassant un adversaire contre la barrière, il sera sanctionné Nacer Bouhanni, normal mais ce qui l'est moins, c'est ce qu'il a subi sur les réseaux sociaux: "Renvoyez le Afrique, espèce de bougnoule, terroriste retourne dans ton pays, sale maghrébin, cochon, porc, au début il a cru qu'on lui reprochait d'avoir sprinté comme un cochon, raconte-t-il à l'Equipe. En quelques jours Bouhanni a craqué, lui, un gosse de la campagne, cycliste à la dure, la carapace qu'il s'était fabriqué contre le racisme qu'il rencontre depuis 25 ans a craqué, il n'en dort plus, il s'engueule avec son père, boxeur et cycliste qui l'avait conduit à ce si beau sport et n'aime pas qu'on se plaigne... "Je vais arrêter ton vélo de merde "a dit Nacer à son père, il rirait presque de cette incongruité

Sur Slate je lis que selon des études américaines, subir le racisme est dangereux pour la santé.  

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