Patrick Cohen : Un pas de côté pour commencer... Bruno Duvic : Combien de kilomètres effectuons-nous chaque jour à pied ? Au mois de juin, dans la bonne ville de Loudéac, Côtes d'Armor, mille volontaires ont été équipés d'un podomètre. On s'en était fait l'écho dans cette Revue de Presse. L'objectif était de voir si la barre des 10.000 pas quotidiens, c'est-à-dire six kilomètres, étaient franchis, c'est à partir de là que la marche a un effet bénéfique sur la santé. Dans Ouest-France ce matin, Delphine Lenormand donne les premiers résultats de cette expérience. Bilan des courses : sept kilomètres par jour. Les hommes marchent un peu plus que les femmes. Et on obtient également un classement des métiers où l'on marche le plus. En tête, les agriculteurs (plus de neuf kilomètres par jour), devant les commerçants et les artisans. Viennent ensuite les collégiens qui, eux, en plus, ont un cartable sur le dos. Cette étude est réalisée en un lieu particulier, mais à croire Ouest-France, on ne marcherait ni plus, ni moins à la campagne qu'à la ville. En tout cas, Loudéac veut continuer l'expérience pour amener un maximum de gens à pratiquer cette activité physique de base. Patrick Cohen : La Côte d'Ivoire dans la presse ce matin... Un dessin pour commencer... Bruno Duvic : Oui, pour commencer avec un sourire, un dessin de Delestre dans L'Est-Républicain. Deux Miss à forte poitrine posent côté à côte avec chacune une écharpe. A gauche, Laurent Gbagbo, Miss Côte d'Ivoire... à droite, Alassane Ouattara, Miss nationale. "Gbagbo/Ouattara, c'est le bras de fer entre les deux président" titre Le Figaro. Tanguy Berthemet, l'envoyé spécial du journal, souligne à quel point les Ivoiriens sont fatigués de ce climat de crise politique qui ne retombe pas depuis de longues années. C'est peut-être sur cette fatigue que table Laurent Gbagbo qui se maintient alors qu'il a manifestement perdu l'élection. C'est ce que Libération appelle la "stratégie du hérisson". Il fait le dos rond, il sait que le temps travaille pour lui. Après une décennie de crise, l'écrasante majorité de la population aspire plus que tout à une vie normale. Alors, la contestation pourrait s'éteindre au fil des jours. Dans quel état est la Côte d'Ivoire ? "Rue89" a posé la question à Marguerite Abouet. Elle vit entre France et Côte d'Ivoire et c'est l'auteur de la bande dessinée à succès "Aya de Yopougon" qui raconte le quotidien d'un quartier d'Abidjan. "En Côte d'Ivoire, la classe moyenne n'existe plus. Si vous visitez les écoles ou les hôpitaux, il n'y a plus rien. Dans n'importe quel bureau de la Fonction publique, personne ne travaille. Les gens sont absents ou font leur commerce depuis leur bureau. C'est tout un système. Je ne sais même pas si je peux les blâmer. Ils observent ce qui se fait au plus haut niveau. Enormément de gens ont perdu leur emploi, la pauvreté a fait des bonds depuis dix ans". Alors, quelle clé pour une porte de sortie en Côte d'Ivoire ? Dans La Croix, l'éditorial de Guillaume Goubert est intitulé "la responsabilité d'un homme". Cet homme, c'est Laurent Gbagbo. Il ne serait pas scandaleux qu'il négocie les conditions de son effacement, écrit Guillaume Goubert. Mais en dehors de cela, il s'était solennellement engagé à respecter le verdict des urnes. C'est cette promesse qu'il doit tenir ! Patrick Cohen : Quoi d'autre dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : La Une de L'Equipe, bien sûr, sur la défaite de la France en Coupe Davis de tennis. Photo de Michaël Llodra en larmes, et ce titre : "La détresse". L'euro, est-ce une force ou un handicap ? C'est le dossier du Parisien Aujourd'hui-en-France. Sur le climat économique et social en France, trois articles. D'abord, le dossier de L'Huma sur les saisonniers alors que la période des sports d'hiver commence. Les saisonniers s'estiment victimes de discrimination de la part de l'UNEDIC. Trois d'entre eux viennent de saisir la HALDE. Dans Les Echos, longue interview de Raymond Soubie, l'ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy. Le climat social en France après le conflit des retraites, il le qualifie de tendu, peut-être, mais la société a tenu. Raymond Soubie ajoute : "Il y a un problème avec les cadres. L'encadrement intermédiaire des entreprises ne va pas bien. Ces gros bataillons des classes moyennes ressentent une coupure avec le top-management. Et en même temps, ils ne bénéficient pas, ou peu, de transferts sociaux, autrement dit d'allocations et aides diverses. Malaise aussi à cause des prix du logement. Ca, c'est à lire dans La Croix. Bernard Devert, fondateur d'"Habitat et urbanisme", dénonce cette dictature des prix qui n'ont plus rien à voir avec les revenus du travail. Situation littéralement inacceptable selon lui. Patrick Cohen : Les ados se taillent également la part du lion ce matin dans la presse... Bruno Duvic : Oui, les colloques et livres à leur sujet fleurissent en ce moment dans la presse. Compte-rendu dans Le Parisien et Le Figaro sur le thème "Adolescent : modes d'emploi". Certains codes ont changé et les parents sont largués. L'usage que leurs enfants font d'Internet, par exemple, ils n'y comprennent rien. Le tatouage et le piercing aussi. Ils se sont beaucoup développés. Avant, c'était pour les loulous de mer. Aujourd'hui, ce n'est pas parce qu'un jeune veut un tatouage qu'il va mal tourner. Comment parler à un ado ? Tablez sur ce qui le touche immédiatement. Par exemple : pour l'encourager à arrêter de fumer, ça ne sert à rien de lui parler du cancer, c'est trop loin. En revanche, si vous lui dîtes que ses cheveux puent et qu'il a les dents jaunes, il va peut-être réfléchir. Dans Le Figaro, un psy relève que la crise de l'adolescence, c'est aussi la crise des parents. Quand votre enfant a 15-16 ans, en gros vous en avez 40 ou 50. L'heure du milieu de vie et des questions existentielles. Votre fils et votre fille se demande : que vais-je devenir ? Et vous, vous vous demandez : qu'ai-je fait de ma vie ? Ce n'est pas une situation idéale pour dialoguer. Le même psy rappelle au passage, et ce n'est pas rien, que huit enfants sur dix vont bien. Etre ado, ce n'est pas être malade. Et puis, enfin, le magazine "Phosphore" se place du côté du jeune. Comment dialoguer avec ses parents. "Phosphore" vous donne une série de règles pour bien mener l'art de la négo. Où l'on apprend qu'il vaut mieux miser sur les arguments que sur les hurlements pour obtenir le droit de sortir ou une rallonge d'argent de poche. Choisissez votre moment. Exemple : si votre père est la tête sous l'évier, en train de réparer une fuite d'eau, ce n'est peut-être pas le moment propice pour lui dire : "Papa, t'as pas 100 balles ?". "Phosphore" relève que les plus grands diplomates se réunissent toujours dans un cadre calme et douillet pour amorcer un dialogue. Et puis, il n'est pas interdit de miser sur son charme. Michelle, maman d'un Adrien de 19 ans, reconnaît que son fils est tellement gentil, souriant et drôle, que parfois elle se laisse volontairement avoir. Et que même, elle y prend du plaisir.

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