Alep, Mossoul, Sanaa au Yemen. Valls candidat est catalan mais suisse aussi? est ce que ça suffira? et les images panini des joueurs de foot dans Mediapart

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par une guerre…

Il y a bien sûr le martyr syrien et particulièrement celui du peuple d’Alep, on a entendu l’émouvant appel du maire d’Alep chez Lea Salamé il y a quelques instants. Il y a Mossoul, où les forces irakiennes tentent de déloger l’Etat Islamique. Près de deux mois après le début des combats, la Croix raconte ce matin l’horreur d’une population prise au piège, le ballet incessant des ambulances, la mauvaise coordination entre les militaires irakiens et les humanitaires pour tenter de faire face à l’afflux de blessés. A Mossoul écrit l’envoyé spécial du quotidien Jérémy André, « le carnage ne s’arrête pas de l’aube au milieu de la nuit. »

Et puis il y a donc cette autre guerre. Cette guerre au Yémen qui a fait depuis 2014 plus de 7000 morts et 37 000 blessés…Le photographe yéménite Mohammed HUWAIS montre dans le making off de l’AFP, son pays en proie à l’horreur et à l’oubli. « Parfois, quand on photographie la guerre écrit il, on tombe sur une scène qui vous extrait du monde des hommes, une chose qui vous transporte dans une autre dimension, inhumaine ». Il en a fait l’expérience lors de frappes aériennes sur une cérémonie funéraire le 8 octobre dernier« C’était une vision de l’enfer, comme je n’en avais jamais vue, même dans un film d’horreur. Un enfer largement passé sous silence au-delà des frontières de mon pays. « Imaginez-vous pénétrer, jambes flageolantes, dans un abattoir humain. ».140 personnes tuées ce jour-là. Il y a les morts et puis cette autre réalité, la faim. L'Unicef estime que 3 millions d'habitants du Yémen ont besoin d'aide alimentaire. Photo insupportable de cette jeune fille de 18 ans squelettique» Malheureusement, écrit Mohammed Huwais, pour la communauté internationale ce conflit passe bien après celui de la Syrie voisine. Et toute solution de la crise au Yémen paraît conditionnée au règlement du conflit syrien ». « Mon cœur saigne » à lire, à regarder sur making-of.afp.com

A la Une de la presse française, la candidature de Manuel Valls évidemment

Et à la Une de la presse suisse figurez-vous ! Du journal le Temps, avec cette révélation fracassante sur le désormais nouveau candidat : on le croyait catalan d’origine, il s’en prévalait et les analystes politique ont largement usé du champ sémantique tournant autour du « matamore », ce matin encore, mais il est aussi…suisse ! C’est Richard Werly qui raconte comment le désormais ex premier ministre a toujours eu la Suisse un peu honteuse. Interrogé sur la question il y a 1 an, Manuel Valls ne nie pas « être aussi suisse par sa mère, elle est originaire du Tessin », mais il évacue rapidement la question « La Suisse ajoute t il, c’est plutôt mon enfance, mais quand on fait le choix de la France à sa majorité, on fait aussi le tri dans ses origines » explique t il . « et bien oui, la suisse pour décor, explique le journaliste, celui des randonnées en montagne , ça passe. Mais la Suisse que l’on tient aussi à distance pour des raisons politiques. Soucieux de ne pas apparaitre comme le rejeton d’une dynastie bourgeoise, ce qu’il est, Manuel Valls préfère se fondre dans les paysages alpins qu’être confondu avec la confédération des banques. .Manuel Valls revendique sa catalanitude comme dirait Ségolène Royal, pas sa suisssitude !

Et dans la presse française alors Hélène, comment est accueillie sa candidature ?

C’est le parallèle Renzi/Valls qui fait recette ce matin. « Les deux jumeaux du social libéralisme » comme les décrit Libération, « les deux beaux gosses de la social-démocratie » raille Maurice Ulrich dans l’Humanité en reprenant un vieux titre de presse qui insistait sur leur trajectoire commune. Sauf que l’un est tombé dimanche, alors que va devenir l’autre ? Accueil assez sceptique il faut l’avouer, de cette 8ème candidature à la primaire de gauche. Une gauche agonisante décrit Aujourd’hui en France/le Parisien, « avec une myriade de prétendants pour un Ps aux mille nuances de roses qui cherche désespérément son patron ». Et une mue qui pose question : de premier ministre que l’on connaissait transgressif, Manuel Valls souhaite arborer l’habit du candidat rassembleur et réconciliateur de la gauche. Ce n’est pas son moindre défi. Sud-Ouest rapporte par exemple toutes les formules qu’il va devoir se faire pardonner par son camp. « Du mot socialisme sans doute dépassé car il renvoie à des conceptions du 19ème siècle » disait il en 2009, « aux Roms qui ont vocation à revenir en Roumanie » en 2013, en passant par « Moi j’aime l’entreprise » devant le Medef, juste après votre éviction du gouvernement Benoit Hamon. « Manuel Valls contre Valls Manuel » grince déjà Paul-henri du Limbert dans le Figaro « Adieu le manuel valls de jadis, celui qui déverrouiller les 35 h, ou qui menait bataille contre son camp à propos du burkini, place au manuel valls qui va nous réciter tous les psaumes de la liturgie socialiste. C’est son étrange destin : s’il souhaite remporter cette primaire, Manuel Valls doit fronder contre lui-même » conclut il

Au Front national, une frondeuse également

Ce n’est pas la première fois qu’elle diverge, mais cette fois Marion Maréchal le Pen s’est fait rappeler la ligne, vite fait bien fait! Séquence relatée par le figaro.fr « Il faudra revenir sur le remboursement intégral et illimité de l’avortement » affirmait hier à l’hebdomadaire d’extrême droite Présent l’élue de Paca, récidiviste sur le sujet. « Il n’y aura aucune modification, ni du périmètre, ni de l’accès, ni du remboursement de l’IVG » rétorque dans la foulée la candidate Marine le Pen, après avoir elle-même largement fluctué sur le sujet depuis 2011.

Vous avez aimé les vignettes Panini de votre enfance avec vos idoles de joueurs de foot, vous adorerez le nouveau dossier sorti ce matin par Mediapart qui poursuit son immersion dans les contrats des plus grands joueurs, grâce aux documents dits Football leaks…ce matin, les clauses les plus folles et parfois les plus saugrenues, en cliquant sur des petites photos type panini donc. Hugo Lloris qui touche 8000 euros s’il gagne avec son club de Tottenham, mais 4000, s’il perd, Mario Balotelli assuré de toucher une prime d’un million de livres à Liverpool s’il se conduit bien, à savoir s’il ne crache sur personne, moi je dis qu’à ce prix-là on se retient…l’attaquant brésilien Neymar qui touche 83 euros s’il signe un autographe à un enfant, ou encore le club autrichien qui impose de ne pas venir ivre aux entrainements sous peine de voir son salaire amputé de 30%. La discipline, c’est la discipline. Et le foot c’est décidément beaucoup l’argent !

Je termine par un article qui pourrait bien finir par devenir le lot quotidien de toute revue de presse : s’arrêter sur les rumeurs les plus absurdes et abondamment relayées. Celle dite du « Pizzagate » ce matin. Les ingrédients ? une pizzeria, hillary Clinton, la pédophilie et encore une fois les réseaux conspirationnistes qui racontent tout et n’importe quoi ; ça a failli se terminer par un drame car ce sont ces fausses infos qui mêlent tous ces ingrédients qui ont poussé ce week end un homme armé à faire irruption dans la pizzeria en question, convaincu qu’il allait délivrer des enfants planqués dans les sous sols. « Histoire d’une rumeur absurde qui ne désenfle pas », lue ce matin encore dans le Temps, j’assume

la suissitude de ma lecture ce matin, sous la plume de Valérie de Graffenried ! Vue la gravité de l’affaire, le fbi intervient pour tenter de faire retirer les fausses accusations sur Internet. Ce qui n’empêche pas le fils du nouveau conseiller à la sécurité de Donald Trump de continuer à twitter : « tant qu’on n’aura pas prouvé que le Pizzagate est faux, ça restera une histoire »… c’est prouvé. Mais ça ne suffit toujours pas

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