Pour l'Obs, la suppression de l'ISF fut la "faute fiscale" d'Emmanuel Macron, auquel Le Point conseille de prendre exemple sur Turgot, dont le libre-échangisme aurait pu éviter la révolution. L'itinéraire d'un bobard de l'extrême-droite aux barrages, le Monde. Une statue géante de Johnny Hallyday dans Ouest-France

On parle de la révolte contre les impôts ce matin...  

Et une révolte qui s'incarne physiquement contre les centres des impôts et les fonctionnaires qui y travaillent, dit le Parisien à sa Une... "La foule hurlait fascistes, collabos, c'est quoi l'étape suivante, la guillotine, l'échafaud?" se demande un fonctionnaire d'une trésorerie de Poitiers assiégée la semaine dernière par des gilets jaunes, tandis que la trésorerie de Saint-Andiol, dans le Vaucluse, a été visée par un engin incendiaire, le centre des impôts de Riom a été l'objet d'une tentative d'incendie, et celui de Limoges a été percuté par un tracteur....   

Des articles au fil de la presse régionale confirment le Parisien, le centre des finances publiques de Brive, a été muré dans la nuit de mardi à mercredi, la Montagne, des Gilets jaunes du Pas de Calais veulent bloquer ce matin le  centre des impôts de Longuenesse. Et cette révolte s'exprime contre une administration elle-même victime de choix politiques, car on supprime des emplois au fisc, 2100 l'an prochain, et depuis des jours dans l'Indépendant, ce matin dans le Parisien, on parle d'une grève perlée à la trésorerie de Perpignan, contre les effectifs insuffisants.  "Le débat fiscal est relancé par la crise des "gilets jaunes", titrent les Echos dans une pondération rafraîchissante, quand les unes bruissent de "pouvoir aux abois", Libération ou de "montée des périls" l'Opinion, quand à la Une de l'huma on évoque la violence insensée dont seraient victimes des lycéens mais dont la propre violence, effraie, dans la Provence le recteur de l'académie... Le débat fiscal, donc... 

Car il y a avant les paroxysme des décisions prises par des gens sérieux. le Président Macron paye sa "faute fiscale", dit l'Obs, la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, et on revit dans ce journal cette volonté du début du quinquennat quand Emmanuel Macron fit ce que Nicolas Sarkozy n'avait pas osé, et tout ça pour quoi? L'Obs cherche où est passé l'argent rétrocédé,  dans l'économie? Il doute. 

Le Point parle aussi des impôts mais à l'inverse de l'Obs prône l'allègement libéral et un jeune homme qui parle souvent au président, Mathieu Laine, exhume Turgot qui fut ministre de Louis XVI et dont le programme qui soulagea la France dans les années 1770, était un triptique, « Point de banqueroute ; point d’augmentation d’impôts ; point d’emprunts », et l'inquiétude toute actuelle: « Le peuple est si aisé à tromper que peut-être j’encourrai sa haine par les mesures mêmes que je prendrai pour le défendre contre la vexation. »  Et Turgot, dit Laine, instaura le libre-échange dans le royaume avant d'être renvoyé, et d'écrire au Roi cette lettre prophétique. « Mon désir est que vous puissiez croire que je vous montrais des dangers chimériques. Je souhaite que votre règne soit aussi heureux, aussi tranquille, et pour vous, et pour vos peuples. » On sait comment cela finit.   Voici donc la révolution promise, dans le Point, à Emmanuel Macron... s'il oublie l'obstination. La révolution?   

Et les journaux cherchent encore la nature du mouvement des gilets jaunes...  

Et ils débattent entre eux et d'eux-mêmes, nos journaux, qui racontent les souffrances sociales et en même temps se demandent s'ils ne sont pas dupes. L'Obs décrit un des porte-paroles Gilets jaunes Jean-François Barnaba qui  touche un salaire de fonctionnaire territorial de 2.600 euros net alors qu'il ne travaille plus depuis près de dix ans, FMPE (fonctionnaire momentanément privé d'emploi) depuis le 31 décembre 2008... Malaise...   

Mais les gilets jaunes existent pourtant, ils imposent leur agenda titre le  Courrier picard, nous sommes dans ces aller-retours et nos doutes aussi.    A Toulouse, le sociologue Nikos Smyrnaios  a passé au crible d'un logiciel lexycométrique, 29 188 posts et commentaires Facebook et plus de deux millions de tweets, venus des gilets jaunes, et explique ceci à Usbek et Rica...  "Les médias n’ont pas saisi le discours de fond, ils ont circonscrit le mouvement dans une sorte de ghetto culturel, les amateurs de voitures... » Et Smyrnaios le disait déjà la semaine dernière à Arrêt sur image, les gilets jaunes sont politisés; on l'admet maintenant, mais cette politisation n'est pas si simple. 

On a lu, dans un texte devenu une référence sur le site de Libération, l'analyse du journaliste Vincent Glad: les gilets jaunes s'organisent et se parlent, entre eux, dans des groupes Facebook que ne pénètrent pas les informations de la presse, car l'algorithme de Facebook privilégie la proximité au détriment des media, et ce qui était, pour les dirigeants de la firme, une manière de rassembler la société américaine, devient un risque majeur.  

Dans le Monde lisez, prenez votre temps, comment un bobard absolu, après d'autres, pénètre la famille des gilets jaunes. Emmanuel Macron se préparerait à "vendre la France à l’ONU », et "480 millions de migrants"  viendraient détruire l'Europe... On lit cela sur les groupes Facebook des « gilets jaunes »... Il s'agit simplement d'un "pacte mondial sur l'immigration", de portée  symbolique élaboré à l'ONU pour réguler les flots de réfugiés, et qui sera discuté d'ici quelques jours à Marrakech... mais le pacte est devenu un repoussoir pour les extrêmes droite et les droites dures.... Le Monde décrit le cheminement de la rumeur, qui devient une croyance, sur les barrages... 

Pendant ce temps le Un consacre un numéro entier à ces migrants latinos qui rêvent des Etats-Unis et son bloqués au Mexique, à Tijuana, avec une photo très belle d'une espoir infini; La planète vit, à côté de nos affres.  

Et les journaux parviennent quand même à témoigner de cette vie qui se poursuit.

Elle est faite de mille choses et de défis jolis, ils parlent du peuple. Elle est faite de cette statue de Johnny Hallyday haute de dix mètres que des fondus ont fabriqué en Mayenne, et que vous voyez dans Ouest France, elle va monter à Paris. Elle est faite de ces ouvriers du luxe, belle verrerie de Baccarat, en Lorraine, dans l'Est républicain,qui détiennent un savoir faire précieux et fragile, mais que des investisseurs chinois ont racheté. Quelle est notre fragilité.  Vous verrez, dans la Voix du Nord quatre hommes très beaux du poids de leur âge et de leur destin suspendu. Ils sont les salariés d'Ascoval, dont le sort est suspendu à une décision de justice, des fondeurs, ils veulent travailler encore, et tout en eux inspire le respect...

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