(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les montagnes russes

(Bruno Duvic) C'était l'un des rares aspects rigolo des années Brejnev : ces vieux dignitaires soviétiques qui s'embrassaient sur la bouche pour se dire bonjour... Mais le baiser à la russe vit peut-être ses derniers jours ! La mairie de Moscou vient de se prononcer pour l'interdiction du baiser en public entre personnes du même sexe. Au nom de la protection des enfants, elle songerait même à étendre l'interdiction aux couples hétérosexuels, même mariés.

C'est Rue89 qui raconte. Cette décision tombe juste après le vote de la loi contre la propagande de l'homosexualité parmi les mineurs. Débat particulièrement violent. A la Douma, des militants orthodoxes soutenaient le texte aux cris de "Moscou n'est pas Sodome". Ils lançaient des œufs pourris et des bouteilles en plastique pleines d'un liquide vert sur les couples homosexuels. Face à eux, des militants de la cause gay s'embrassaient à pleine bouche.

Dans ce contexte c'est bien dans l'ensemble du pays que le baiser à la russe pourrait être menacé lors des réunions officielles. Un amendement en ce sens a été proposé au Parlement, selon Rue89 .

Si la loi est votée, les héritiers de Brejnev risqueront une amende et même quelques jours de prison.

Commentaire d'un jeune homme de la rue, il s'appelle Dimitri, il a 20 ans : "En Russie, les lois sont faites pour être violées."

Ces débats autour de l'homosexualité brouillent décidément tous les repères. Disparition du baiser à la russe, conservateurs divisés en Grande Bretagne, fou rire entre Christiane Taubira et un de ses adversaires UMP à Paris...

A propos du débat en France, cette information du Figaro : la PMA ne figure pas dans l'avant projet de loi sur la famille qui sera débattu à la fin de l'année. Ce n'est qu'un document de travail dit-on au gouvernement.

Et puis la Une choc des Inrockuptibles qui diagnostique un retour de l'homophobie. Vous avez le choix entre deux couvertures : un garçon à boucle d'oreille avec ces deux mots taoués sur la joue « Sale pédé » ou une fille aux cheveux courts « Sale gouine »

Et dans la série "repères brouillés", un reportage photo du magazine Marie-Claire

Le numéro de mars, qui sera dans quelques jours en kiosque. Il a été réalisé pour la journée internationale des femmes le 8 mars, mais dans le contexte actuel, il prend un relief particulier.

8 hommes s'engagent contre le sexisme, en posant dans leurs vêtements d'hommes, avec leurs poils aux pattes, mais juchés sur des escarpins rouges... Antoine de Caunes, Daniel Cohn-Bendit, le chanteur Christophe, le nageur Camille Lacourt, le chef Cyril Lignac et d'autres... Huit mecs qui n'ont pas peur de passer pour des tapettes ! Daniel Cohn-Bendit en escarpins rouges, talons de 10 centimètres, ça vaut le détour... Photos signées Christian Kettiger.

Le jour où les fondamentalistes saoudiens poseront en escarpins rouges, le monde aura bien changé. On en est très loin. Alors que la presse multiplie les portraits de la première réalisatrice de films saoudienne depuis hier, une histoire terrible donne une idée de la barbarie qui peut régner en Arabie. C'est à lire sur atlantico .

Histoire d'une petite fille de 5 ans morte sous les coups de son père, un prédicateur qui intervient souvent à la télévision. Je vous passe les traces de sévices en tous points du corps constatés à l'hôpital. Un détail tout de même : le père était inquiet de la virginité de la petite, on se demande pourquoi. La fillette a rendu l'âme dans l'indifférence générale le 22 octobre dernier.

Là où le scandale éclate, c'est que le père tortionnaire vient de ressortir libre du tribunal où on lui avait tout de même posé quelques questions. Il a été relâché après des aveux et quatre mois de prison. Le tribunal a invoqué un hadith, une parole du prophète, pour expliquer que les pères ne sont pas exécutés pour leurs enfants. Il a payé une amende de 40.000 Euros. Il aurait payé le double pour le meurtre d'un petit garçon. On découvre à cette occasion le barème du prix du sang en Aarabie. En résumé : un homme musulman vaut beaucoup plus qu'une femme d'une autre religion. Les réseaux sociaux se sont emparés de l'affaire. Un procès en appel aura lieu samedi. Sur Twitter on peut lire ce message : « Les femmes saoudiennes ne vont pas en enfer parce que ce n'est pas possible d'aller deux fois en enfer. »

Dans ce paysage infiniment obscur voici donc le premier long-métrage saoudien sur nos écrans de cinéma, tourné qui plus est par la première réalisatrice saoudienne. Parmi les nombreux récits consacrés à Haifa al Mansour, on lira celui du Monde . Le film raconte l'histoire d'une petite fille qui s'est mis en tête de faire du vélo. Florence Aubenas décrit l'impatience des deux gamins acteurs au moment du tournage. Ils allaient vivre un événement incroyable : faire du vélo dans la rue, ensemble, garçon et fille.

Quoi d'autre dans la presse ?

Rien... Grève du syndicat du livre sur fond de restructuration de Presstalis, l’organisme qui distribue les journaux. Les quotidiens nationaux n'ont même pas été imprimés. Le syndicat de la presse nationale évoque une situation d'une gravité exceptionnelle, notamment pour les kiosquiers. Rien dans la presse, c'est évidemment une formule : il reste Internet, la presse quotidienne régionale et les magazines

Et notamment L'Express qui publie les bonnes les bonnes feuilles du livre de confessions de Johnny à la romancière et dramaturge Amanda Sthers. Formidable récit et collections de portraits.

Eddy Mitchell en camarade de bagarre, Aznavour père d'adoption, "son regard sur moi m'a porté", ce dîner où Edith Piaf lui met la main sur la cuisse, ce déjeuner où Godard commande une sole sèche, sans beurre et sans légume, ne lâche pas un mot et finit par dire : « On commence à tourner dans 15 jours ».

Un guépard génial joue dans une boite de nuit devant une salle vide. Le guépard s'appelle Jimmy Hendrix. Il vient dormir chez Johnny. Pas de femme dans son lit mais sa guitare : « j'ai peur qu'elle prenne froid ».

Laetitia interrompt Johnny pour raconter la chute dans le coma : « Quand il s'est mis à appeler son père, j'ai su qu'il regardait du mauvais côté »

Conclusion du chanteur : « La première fois que je suis mort, je n'ai pas aimé ça, alors je suis revenu. »

A demain

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